La création sur tous les fronts pour Simon Boulerice

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Bouille sympathique, large sourire, Simon Boulerice ne passe pas inaperçu dans les sphères de la littérature et du théâtre jeunesse.

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Linda Corbo
Linda Corbo
Le Nouvelliste

Dans tous les domaines de la création, Simon Boulerice jongle avec les arts sur une joyeuse cadence. Comédien de formation et metteur en scène, il prend plaisir à fouler les planches avec ses pièces de théâtre jeunesse, mais ces années-ci, c'est sous son chapeau d'écrivain qu'il se révèle le plus avec une production prolifique.

Le jeune homme a eu 33 ans le mois dernier et approche déjà la trentaine de titres, une bibliographie qui se détaille en recueils de poésie, en pièces de théâtre, en romans pour adultes, pour adolescents ou pour enfants, dont Edgar Paillettes, qui lui a permis de récolter le Prix des libraires en 2014. Or, sa passion des mots est loin d'être assouvie, si l'on en juge par les nouveaux titres qu'il offre ce printemps et par les projets qui s'accumulent dans son imaginaire, fidèle à ses habitudes depuis la petite enfance. 

Simon Boulerice était en quatrième année lorsqu'un jour, son enseignante l'a félicité pour sa très belle écriture. Le garçon solitaire qu'il était, celui qui se sentait intimidé par les gens et profondément différent de ses camarades de classe, a saisi le compliment au bond. Il n'a fait ni une ni deux et s'est lancé dans l'écriture avec un enthousiasme qui a connu son lot de bienfaits collatéraux. 

«Je me suis attelé à bien écrire pour lui donner raison. Ça m'a un peu propulsé. Je me suis senti valorisé là-dedans et quand je suis aimé, moi, je me donne beaucoup», raconte-t-il. Ce n'est qu'après coup qu'il a su qu'en réalité, l'enseignante ne parlait pas de sa composition. «Elle parlait de ma calligraphie... Tout ça, c'est parti d'un grand quiproquo!» 

Jusque-là, le garçon avait plutôt développé son imaginaire autrement dans le sous-sol de la maison familiale de Saint-Rémi-de-Napierville où, faute d'amis, il occupait son temps à chanter, à danser et à s'adonner aux arts plastiques. «Je crois que c'est ma solitude qui a accéléré la création. Il y a des solitudes qui sont tristes et d'autres qui sont heureuses», dit-il. Simon Boulerice a trouvé son camp dans la catégorie des créateurs joyeux, et s'en est façonné une vie. 

C'est d'abord en littérature qu'il a fait ses études, jusqu'à en développer quelques complexes. «J'étais heureux dans ce domaine mais, en même temps, j'étais un peu triste car avec tout ce que je lisais, je me demandais ce que je pouvais bien apporter de plus...»

Il a donc bifurqué vers des cours d'interprétation théâtrale au Cégep Lionel-Groulx (cuvée 2007), où il a développé son empathie «qualité primordiale de l'écrivain», précise l'auteur. Il y a par ailleurs cultivé l'art du dialogue, la faculté d'investir divers personnages à la fois et y a retrouvé le goût d'écrire. 

C'est en constatant que certains rôles ne lui convenaient pas qu'il s'est écrit des personnages et des pièces de théâtre solos qui lui ont permis de se produire au Québec comme en Europe. «Je me suis rendu compte que j'avais une langue un peu ampoulée, une écriture très raffinée...», observe-t-il. «Le théâtre m'a libéré. Il m'a permis d'investiguer la langue québécoise et m'a donné le droit d'écrire.» 

Depuis, il s'en donne à coeur joie, jusqu'à frôler l'excès, avoue-t-il, baignant dans la création sept jours sur sept. «Je n'ai pas d'enfant, je suis célibataire, j'organise beaucoup ma vie autour de la création, je suis toujours à l'affût et je prends des notes constamment», dit-il. «J'ai trop d'histoires en tête et j'écris plusieurs livres de front, mais je réussis à créer des tiroirs pour chaque chose. Dans mon appartement, c'est le chaos total mais dans ma tête, mon chaos est très bien organisé.»

En théâtre comme en littérature, on ne peut pas manquer cette bombe d'énergie au large sourire. «Je me souviens qu'en théâtre, mon professeur Catherine Bégin m'avait dit: Si tu dois jouer la joie, ne fais rien...», rigole-t-il. Jusqu'à son passage à Tout le monde en parle en novembre 2013, il demeurait néanmoins un secret bien gardé pour le grand public. Ce plateau de télévision a changé les choses, notamment dans les salons du livre. Jusque-là un peu seul à son stand, il a vu tout à coup apparaître des files devant lui, à son grand bonheur.

Le sympathique auteur est d'autant plus ravi de l'invitation que le Salon du livre de Trois-Rivières lui a lancée cette année, lui qui sera invité d'honneur de la journée jeunesse, jeudi. «Je suis hyper flatté», dit-il. «Vraiment.»

Ci-dessus, le trio de la nouvelle série Casting,... (Photo: Mathieu Rivard) - image 2.0

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Ci-dessus, le trio de la nouvelle série Casting, les auteurs Stéphanie Lapointe, Simon Boulerice et Chloé Varin. Leurs bouquins arriveront en librairie ce mercredi, veille du Salon du livre de Trois-Rivières où ils seront présents. 

Photo: Mathieu Rivard

Des personnages sous les projecteurs

Simon Boulerice débarquera au Salon du livre jeudi avec deux nouveautés qui mettent en scène des personnages qui se retrouvent sous les projecteurs, au petit comme au grand écran. 

Chez Les Mâlins, il propose le dernier tome de sa trilogie M'as-tu vu?, qui visite le monde de la téléréalité au sein d'une école secondaire, alors que du côté de la maison d'édition La Bagnole, il présente Casting, une nouvelle série qui nous entraîne dans les coulisses du cinéma. C'est d'ailleurs à Trois-Rivières que l'on découvrira cette nouveauté puisque les trois tomes de cette série sortent simultanément ce mercredi.

Le projet est original et sera d'autant plus intéressant pour les jeunes lecteurs  qu'il offre le concept du collectif, habituellement proposé à un lectorat adulte. Trois tomes, trois auteurs, Simon Boulerice se retrouve ici entouré de Stéphanie Lapointe, que l'on a connue comme auteure-compositrice-interprète et comédienne, ainsi que de l'auteure jeunesse et chroniqueuse  Chloé Varin (Planches d'enfer), instigatrice de ce projet conçu pour les 9 ans et plus.

Avec Casting, les jeunes lecteurs entreront dans l'univers de Charlotte, Victor et Victoria, trois personnages dont les destins se croiseront au moment où ils participeront au tournage du film Une famille à l'envers. On parle ici d'une même histoire, qui deviendra toutefois différente d'un tome à l'autre puisque dans chacun, on se retrouve dans la tête d'un des trois personnages, nous permettant de témoigner des mêmes événements sous un angle chaque fois différent.

Dans le tome Victor, Simon Boulerice a écrit le destin d'un jeune comédien qui fait battre le coeur des jeunes filles mais qui, lui, reluque bien ailleurs. De nature farouche, il a pris résolument ses distances avec ses parents et tente de se prouver son autonomie, savourant la solitude et fuyant tapis rouge et premières.

Chloé Varin a prêté sa plume à Charlotte, jeune fille de la Côte Nord qui a traversé les auditions publiques avec succès pour tenter de décrocher le premier rôle du film. On la retrouvera au moment où elle débarque à Montréal pour l'étape de sélection ultime, exercice auquel participe aussi Victoria, nièce de la productrice. Charlotte sera néanmoins l'heureuse élue, nous permettant de suivre son entrée dans le métier.

L'univers de cette Victoria est pour sa part créé par Stéphanie Lapointe, qui s'appliquera à faire découvrir qui se cache derrière cette adolescente en mal de succès, qui est en amour avec Victor et qui est confrontée à la maladie de sa mère.     

Les caméras sont aussi à l'honneur dans la trilogie M'as-tu vu?, de Simon Boulerice, qui vient de publier le troisième et dernier tome. On y entre dans la vie de Cybèle, jeune fille à qui l'on demande de s'installer dans le dernier rang de sa classe pour éviter qu'on la voit trop dans le champ des caméras de la téléréalité  M'as-tu vu?. La classe de secondaire trois sera d'ailleurs remuée par l'arrivée de cette équipe qui débarque sur l'invitation de la superficielle Magali-pas-de-E Loiselle-Bienvenue. 

La trilogie se détaille en trois tomes intitulés Hors-champ, En Contre-plongée et Le plan d'ensemble. Elle s'adresse aux lecteurs de 9 à 12 ans.

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