L'année de la crédibilité pour Simon Laganière

Le cinéaste de Champlain Simon Laganière profitera de... (Photo: François Gervais Le Nouvelliste)

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Le cinéaste de Champlain Simon Laganière profitera de sa première présence à la Soirée des Prix Jutra ce dimanche, à Montréal, pour se faire des contacts parmi les gens de l'industrie qui y seront réunis. Et peut-être récolter un prix...

Photo: François Gervais Le Nouvelliste

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François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Quand Simon Laganière s'est présenté au Four Seasons Center for the Performing Arts de Toronto où avait lieu la cérémonie de remise des Prix Écrans canadiens le 1er mars dernier, il a ressenti une fierté jamais connue auparavant. Son court métrage de fiction, Sur la piste du renard était le seul de la catégorie à être en nomination à la fois aux Prix Jutra et aux Prix Écrans canadiens. Il n'a pas gagné à Toronto mais pourrait se reprendre ce dimanche, lors de la Soirée des Prix Jutra.

«C'était impressionnant d'être là, se souvient le cinéaste de Champlain. C'était quand même le gratin de l'industrie canadienne du cinéma. Je n'étais pas super à l'aise mais j'avais moins que d'habitude le sentiment de l'imposteur parce que j'étais aussi en nomination pour les Jutra. Je sentais que j'avais de la crédibilité aux yeux des gens à qui j'étais présenté et qui découvraient que j'étais en nomination pour un prix, ça me donnait une crédibilité. Il y a même un comédien qui m'a remis sa carte d'affaire! Je la garde, on ne sait jamais...»

Son tout premier film, Thundercat, était sorti dans un festival à Toronto il y a dix ans et l'artiste avoue avoir pensé au chemin parcouru en dix ans. «Je suis content de mon parcours mais il faut vraiment travailler fort pour arriver à percer dans ce métier.»

Simon Laganière avoue un attachement un peu plus fort pour les Jutra, toute considération politique balayée. «C'est notre écosystème à nous. Quand ma nomination aux Prix Écrans canadiens a été connues, il n'y a quasiment pas eu de réactions sur ma page Facebook. Je n'étais même pas sorti de la conférence de presse annonçant les nominations aux Jutra que les messages de félicitations se multipliaient. En plus, il y aura beaucoup de créateurs que j'admire qui vont être présents au gala des Jutra. Ce sont mes références, c'est mon bagage culturel.»

Il en est à sa toute première nomination pour les Jutra, comme ce l'était pour les Prix Écrans canadiens et est conscient de l'importance du fossé entre être en nomination et être gagnant. «Annie Saint-Pierre, qui a déjà gagné un Jutra, me disait que le fait de gagner, c'était la petite différence qui fait que tu obtiens des offres pour des projets prestigieux et payants qu'on ne t'aurait pas présenté avant. Mais déjà, je peux constater que j'ai gagné en crédibilité face aux gens de l'industrie avec mes deux nominations. Je sais que si je présente un projet, ils vont prendre le temps de le lire. C'est beaucoup.»

Un long métrage

Ça tombe bien parce que le réalisateur planche présentement sur son premier long métrage. Il y a des producteurs intéressés, mais pas encore de confirmation officielle qu'ils sont prêts à le suivre dans toute la démarche jusqu'au produit final. «J'ai élaboré ce qu'on appelle un synopsis long, d'environ 35 pages qui a été présenté à des producteurs. Ce n'est pas un scénario, il n'y a pas de dialogues, mais c'est une vue d'ensemble du film incluant des biographies des personnages, des descriptions des lieux, etc. J'ai besoin de trouver un producteur prêt à m'épauler pour en écrire le scénario et ensuite le proposer aux organismes qui subventionnent. En plus, je sens le besoin d'être conseillé par des scénaristes professionnels pour me dire ce qui cloche, me donner des trucs, etc.»

Pourquoi un long métrage alors que les courts métrages lui ont permis de se faire un nom? La question interpelle le cinéaste qui doit réfléchir avant de répondre. «Est-ce que c'est pour étirer le plaisir que j'ai à tourner un film? Peut-être... Mais aussi, j'ai le goût d'aller plus loin dans mes histoires. Au terme du tournage de Sur la piste du renard, la script éditrice m'a dit qu'elle était déçue parce qu'elle avait envie d'en savoir plus sur les personnages et leur histoire. C'est peut-être ça qui m'attire: aller au bout de mes histoires. Aussi, dans un long métrage, il y a un plus grand nombre de beaux plans, de belles images. Tu peux davantage marquer le temps. Quelque part, très modestement, j'ai le goût de mettre ma toute petite brique dans le très grand édifice du cinéma d'ici.»

«Sur mon dernier film, je comptais sur une équipe de 25 personnes sur le plateau, une grosse équipe selon mes critères. J'ai beaucoup aimé ça. Je me sentais à l'aise, à ma place, mon énergie complètement dévolue à mon film. Là, j'ai senti que je possédais mes outils de cinéaste suffisamment pour diriger l'équipe d'un long métrage. J'ai acquis la confiance pour affronter un défi de cette ampleur.»

Peut-être une chance...

Avant les Prix Écrans canadiens, Simon Laganière ne se donnait pas la moindre chance de remporter le prix du meilleur court métrage dramatique. Il avait vu deux des films en nomination qu'il jugeait nettement meilleurs que le sien, dont Hole, qui l'a emporté. Pour les Jutra, il est moins catégorique. «Le film de Matthew Rankin, Mynarski chute mortelle est vraiment très bon et il a gagné des prix dans plusieurs gros festivals. Mais je crois que j'ai peut-être une petite chance.»

Il a préparé des remerciement, au cas ou. C'est la moindre des politesses que de ne pas improviser si on vous décerne pareil honneur. «Gagne ou pas, je suis conscient que les Jutra peuvent avoir un gros impact. C'est l'occasion de rencontrer les gens du milieu, des producteurs, des techniciens et de leur dire comment je m'appelle et que ça me ferait plaisir de travailler avec eux.»

«Je me suis aperçu à quel point c'est important d'avoir une bonne équipe avec soi. J'ai travaillé avec Mathieu Denis comme producteur pour Sur la piste... et il a été extrêmement précieux. C'est un gars extraordinaire, super intelligent. Et il y a plusieurs personnes avec lesquelles j'ai travaillé et avec qui je voudrais travailler de nouveau. J'avais toute une équipe de filles sur le plateau du film et ça a super bien fonctionné. Ce serait agréable de les retrouver dans un plus gros projet.»

Que le long métrage débouche ou pas, Simon Laganière va continuer de faire des films. «Dans ma carrière, j'ai un plan A qui est mon long métrage mais j'ai aussi un plan B auquel je n'ai pas trop envie de penser pour l'instant. De toute façon, c'est bizarre, mais on dirait que c'est viscéral chez moi, le besoin de créer. Que ce soit écrire des scénarios ou des chansons, je ne suis pas capable de m'en passer. Je n'ai aucun problème avec la page blanche. Il arrive que je bloque en cours d'écriture, mais jusqu'ici, j'ai toujours fini par m'en sortir et trouver une solution. Je pense qu'il faut surtout éviter de nourrir le doute, ne pas le laisser prendre trop de place.»

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