Dumas, à la fois festif et intimiste

Autant il aime l'intimité de sa voix et... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste)

Agrandir

Autant il aime l'intimité de sa voix et de ses propos sur son album, autant Dumas veut aussi apporter un côté festif et dansant.

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Linda Corbo
Linda Corbo
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Dumas voulait offrir un album qui agirait comme une agréable bulle pour ses auditeurs, une bulle dans laquelle on se réfugie, où on a le goût de danser ou de jogger, c'est selon. Le type d'espace à l'intérieur duquel on peut perdre la notion du temps, une sensation maximisée par les atmosphères planantes dont il a su envelopper ses dix nouvelles pièces.

L'artiste entend offrir le même type d'ambiance pour la tournée de spectacles qu'il a amorcée samedi dernier à Sherbrooke, et qui s'arrêtera jeudi soir à la salle Anaïs-Allard-Rousseau de la Maison de la culture de Trois-Rivières. Le public aura droit alors à un retour sur le répertoire qui a enrichi ses quinze ans de carrière, et à la découverte de ce nouvel opus qui a bien failli ne jamais voir le jour. 

Au sortir de sa dernière tournée, il y a deux ans, Dumas a vécu une solide remise en question. Courte, mais véritable. «Mon rêve était de faire de la musique et je l'ai réalisé assez jeune. Je me suis demandé si je voulais encore faire ce métier-là ou si je n'étais pas dû pour faire autre chose.» 

La réflexion a toutefois été de courte durée, «parce que la musique revient toujours et parce que je me suis rapidement ennuyé du studio et de la scène, mais en même temps, je voulais aller ailleurs», dit-il. «Je crois qu'il est bon de se mettre en danger, de sortir de nos réflexes. C'est important pour le long terme.» 

Pour expliquer ce tourbillon de questions, l'artiste invoque la naissance de son enfant il y a trois ans, événement qui a transformé un peu ses perspectives, mais qui lui a aussi insufflé ce désir de se renouveler et, surtout, ce besoin de ne pas se répéter. 

Pour ce faire, il a commencé par recruter Étienne Dupuis-Cloutier et Jonathan Dauphinais, deux nouveaux collaborateurs qui ont réalisé son album. Avec eux, avant même d'entrer en studio, il avait effectué une petite tournée en trio pour trouver le son de l'album, des escales dans de petits lieux intimistes, dont le Gambrinus à Trois-Rivières.

Mais encore, pour la toute première fois, il a fait appel à un autre pour composer avec lui les paroles de ses chansons. Son choix a été influencé par un roman, un livre intitulé Charlotte before Christ écrit par Alexandre Soublière. «Je trouvais qu'Alexandre avait beaucoup de références à la musique dans son roman et j'y voyais une sensibilité musicale», note-t-il.

Dumas avoue néanmoins qu'avec toutes ces années à écrire en solitaire, le lâcher-prise ne s'est pas fait automatiquement, «mais on s'est apprivoisé et, étrangement, je crois que de travailler avec un autre a donné un album plus personnel», dit-il. «Le fait d'écrire les textes à deux m'a permis d'aller plus en profondeur et d'assumer certaines phrases et certains thèmes que je n'aurais peut-être pas assumés seul. Il est intéressant de pouvoir se lancer la balle. On fait souvent ce genre d'exercice avec les musiciens, mais là, on l'a fait avec les textes et j'ai trouvé ça plaisant. J'étais moins seul dans mon bureau.» 

Enfin, tant qu'à oser les nouvelles avenues, Dumas a aussi effectué un autre petit appel, celui-là du côté de Londres. Un appel lancé comme une bouteille à la mer à un homme qui le fascine, un collaborateur de Damon Albarn, Gorillaz et Bobby Womack. Or voilà, Stephen Sedgwick, a répondu oui. En fait, non seulement il a voulu mixer sa pièce Vaudou, mais il a offert ses services pour l'album au complet, et il a placé la voix de Dumas au tout premier plan.

Autant de nouvelles avenues qui ont donné raison à l'artiste de se questionner. «Avec les années, c'est bon de se confronter à d'autres créateurs et à d'autres perceptions. Je trouve que ça a donné un meilleur disque que si je l'avais fait seul... Avant, j'étais plus dans ma bulle mais en vieillissant, je pense que je m'ouvre davantage aux autres. Je suis plus excité par la collaboration et je souhaite continuer comme ça.»

En compagnie de deux musiciens, Dumas se produira... (Photo: La Presse) - image 2.0

Agrandir

En compagnie de deux musiciens, Dumas se produira jeudi soir à la salle Anaïs-Allard-Rousseau de la Maison de la culture de Trois-Rivières. 

Photo: La Presse

La scène, sa récompense

Cette salle Anaïs-Allard-Rousseau qu'il visitera jeudi soir, Dumas la connaît bien, note-t-il avec un large sourire. «C'est dans cette salle que j'ai passé mon audition pour le Festival de la chanson de Granby», relate-t-il. Le jeune homme vivait alors à Trois-Rivières, où il étudiait dans le domaine des arts et des lettres au Cégep, jusqu'à ce que son succès l'emporte ailleurs.

On connaît la suite. Non seulement il a raflé les honneurs du concours, mais il a déménagé ses pénates à Montréal, sans même retourner dans son patelin de Victoriaville. «C'est l'année où j'ai gagné à Granby (2000) alors le lendemain, je me suis retrouvé à Montréal, à vivre là, à aller voir des shows et à apprendre le métier.»

Quinze ans et six albums plus tard, il continue à sonder les profondeurs de la création et à créer des atmosphères dans ses salles. À Trois-Rivières, il se produira en trio avec deux nouveaux musiciens qui feront encore évoluer ses pièces sur scène, souligne-t-il, avec relecture des plus anciennes. «Le live, ça le dit, faut que ce soit vivant et que ça continue à évoluer.».

Il apprécie tout particulièrement la formule trio. «Je trouve que c'est le meilleur des mondes. On y retrouve le côté intime que j'aime, mais c'est une formule avec laquelle on peut aussi faire danser les gens et donner un côté très festif. J'aime quand je sens que les gens ont passé une bonne soirée à s'amuser. Les shows ont toujours été ma récompense.».

Cela dit, en dehors des planches, la musique l'habite encore. Tout dernièrement, il a signé la musique du spectacle de l'humoriste Sylvain Larocque, une expérience qu'il a bien aimée, tout comme il avait adoré créer la musique du film Les Aimants, d'Yves P. Pelletier. Sans vouloir trop s'avancer, Dumas laisse entendre qu'on pourrait de nouveau retrouver sa musique un jour dans une salle de cinéma, si certains projets sont acceptés au financement.

Les chances de le retrouver au petit écran sont moins élevées. Plusieurs le questionnent sur l'émission La voix, mais il demeure dubitatif. Même s'il a fait son entrée dans le milieu par le biais des concours, il ne regarde pas l'émission, «pas par snobisme, mais parce que joue au hockey le dimanche soir.» Si un jour, on l'invitait à se joindre à l'émission, il serait bien embêté. «Je ne sais pas si j'ai la personnalité pour ça. Je crois que je suis un gars beaucoup trop angoissé», rigole-t-il. «Je suis très timide. Sur un stage avec une guitare ça va, mais à la télé... Je pense que ce ne serait pas bon pour ma santé mentale.»

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer