Une année 2015 sous le signe de la création pour Benoît Drouin-Germain

Benoît Drouin-Germain célèbre cette année dix ans de... (Photo: Marie-Andrée Lemire)

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Benoît Drouin-Germain célèbre cette année dix ans de métier, une carrière qui prend ces années-ci une très belle courbe, se réjouit-il.

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Linda Corbo
Linda Corbo
Le Nouvelliste

En mai prochain, le comédien Benoît Drouin-Germain célébrera ses dix années de métier professionnel, un parcours qui s'est défini beaucoup par le théâtre, qui le fait connaître aujourd'hui de plus en plus au petit écran et à travers lequel il aspire à multiplier ses expériences au cinéma.

Au cours du dernier mois, les amateurs de théâtre l'ont applaudi au TNM où il incarnait Peter dans la pièce Le Journal d'Anne Frank, oeuvre qui sera présentée le 13 mars au Centre des arts de Shawinigan et le 1er avril à la salle J.-Antonio-Thompson de Trois-Rivières. 

Au petit écran, les adultes aiment le détester sous son personnage de Laurent dans le téléroman O' et les jeunes le suivent assidûment dans la peau du Frank Ostiguy de l'émission L'appart du 5e, sur les ondes de VRAK.

Cela dit, la télévision a beau lui faire de l'oeil de plus en plus ces années-ci, le théâtre demeure encore sa principale adresse. «En dix ans, j'ai fait presque 30 spectacles différents», remarque-t-il.  

Le comédien cite au passage son moment le plus marquant, la pièce Contre le temps, présentée au Théâtre d'Aujourd'hui, qui lui a valu le Prix de la critique de l'AQCT (Association québécoise des critiques de théâtre) 2011-2012.

Ces dernières années, il a aussi épousé une trilogie écrite par Alexis Martin et mise en scène par Daniel Brière, soit L'histoire révélée du Canada français, 1608-1998, qu'ils ont montée en intégrale l'an dernier dans un marathon de sept heures de théâtre. Autant d'expériences qui lui ont donné envie de se commettre à l'écriture et à la mise en scène. 

Son tout premier projet, il l'offrira cette année sous le titre Ludi Magni, pièce dans laquelle il visite un propos tout à fait actuel. Benoît Drouin-Germain y a écrit sur les limites que les gens sont prêts à franchir sur les réseaux sociaux pour attirer un clic ou un J'aime, propos qu'il visite en le campant dans le contexte des anciens jeux sportifs de l'empire Romain. 

«On se sert d'un jeu de l'Antiquité pour parler de compétitions sociales et d'une certaine cruauté que l'on peut retrouver sur les réseaux sociaux», fait valoir l'auteur, qui en assumera aussi la mise en scène en compagnie de Daniel Brière. «C'est un théâtre expérimental qui va mettre à contribution le public puisque ce sont les spectateurs qui vont couronner un gagnant.»

Le tout sera présenté du 21 avril au 9 mai 2015 à l'Espace Libre à Montréal. «Je crois que c'est encore plus stressant qu'une première à titre de comédien, note-t-il, parce que rendu à la première, tu ne peux plus rien faire alors que quand tu es acteur, le travail peut continuer...»

Cela dit, si influence il y a entre ses deux métiers, il juge que le métier d'acteur prime, «parce que lorsque j'écris, je le fais pour que le texte soit rapide à se mettre en bouche», dit-il. «Mais il est sûr que, ultimement, toutes ces expériences vont faire de moi un artiste plus complet et, j'ose espérer, un acteur plus global.» 

Or, cette oeuvre passe tout de même en deuxième puisque, au premier rang de la création surgira sous peu un premier enfant de son union avec la comédienne Élizabeth Duperrée. Au jour où s'est déroulée cette entrevue, la date de la naissance était prévue pour aujourd'hui-même, 14 février.

Autant d'événements qui font de ce début d'année 2015 une période riche en tous sens pour le jeune artiste. Il a d'ailleurs refusé deux contrats de théâtre cet été pour s'assurer un congé de paternité. «Je suis prêt et bien excité. Si j'ai le trac? Un peu... Ce rôle, c'est de l'inconnu, mais on très bien entourés!»

Jeune, voyou, physique, mais pas encore guerrier

Benoît Drouin-Germain sera sur les planches du Centre des arts de Shawinigan le 13 mars pour honorer

Le Journal d'Anne Frank, mais son agenda n'a pas joué en sa faveur du côté de sa ville d'origine. Le

1er avril, lorsque sa troupe sera sur les planches de la salle J.-Antonio-Thompson pour présenter cette pièce, le comédien sera déjà affairé à son nouveau rôle d'auteur et metteur en scène.

Lui qui a étudié en Arts et lettres (option théâtre) au Cégep de Trois-Rivières, qui a foulé les planches de la salle Anaïs-Allard-Rousseau avec le Théâtre des Gens de la place en 2000 (Un Tramway nommé désir) et qui a fait les beaux jours de la LIM (Ligue d'improvisation de la Mauricie) et de la LITRE (Ligue universitaire d'improvisation de Trois-Rivières), il aurait apprécié se produire au sein de sa ville dans la grande salle de la rue des Forges.

Ses toutes premières expériences de scène le ramènent toutefois du côté de la rive sud, au Collège Mont-Bénilde. C'est à cet endroit que pendant ses études secondaires, il a eu vent, un jour, que l'on cherchait des visages masculins pour partager une pièce de théâtre avec les filles du Collège Notre-Dame de l'Assomption de Nicolet. Il a saisi cette opportunité sans se douter qu'il s'en ferait une ligne de vie.

Jusque-là, ce sont bien davantage ses expériences en basket-ball et en divers autres sports d'équipe qui parvenaient à canaliser la grande dose d'énergie qui le caractérisait, reconnaît-il. En théâtre, c'est d'ailleurs avec un jeu très physique et à travers le théâtre acrobatique qu'il s'est fait découvrir dès sa sortie du Cégep Lionel-Groulx, notamment avec le Dynamo Théâtre dans un spectacle qui l'a fait voyager en France, en Angleterre, en Espagne, en Écosse et en Irlande, entre autres. Encore aujourd'hui, il demeure dans l'action pour apprendre son texte, que ce soit en déplacement dans le métro, en autobus ou en se promenant dehors avec son chien.

Jusqu'à présent, sa bouille de jeune premier lui a apporté de beaux rôles. «J'ai 32 ans, mais mon air plus jeune a l'avantage de m'apporter beaucoup de travail chez les jeunes.» Il remarque aussi que plusieurs rôles de voyous lui sont attribués. «Je suis beaucoup choisi pour jouer les méchants et les bums, c'est un peu malgré moi...» S'il avait un voeu à formuler, il irait sur un tout autre terrain de jeu. «Ce que j'aimerais le plus, ce serait de jouer les grands héros classiques, les guerriers tragiques. J'ai joué Oreste il y a deux ans et j'ai adoré.»

Mais au tout premier abord, il souhaite que le vent qui souffle favorablement aujourd'hui puisse persister. «Dans notre métier, on vit parfois des cycles... Actuellement, je suis dans une très belle courbe.»

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