D'autres grands pas pour Vincent Desjardins

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Aux insécurités du milieu de la danse professionnelle, Vincent Desjardins a préféré mettre en branle son plan A, la concrétisation d'un studio bien à lui et à son image.

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Linda Corbo
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Le Nouvelliste

Vincent Desjardins était âgé de 20 ans quand il s'est fait connaître d'un bout à l'autre du pays en raflant la deuxième place du concours télévisé So You Think You Can Dance Canada, en 2009.

Il avait 22 ans lorsqu'il a décidé de prendre la relève de son mentor Roger Picard en assumant la relève du studio de danse La Picarlène. Aujourd'hui il a 25 ans et peut se targuer d'avoir fait d'autres grands pas au cours des dernières années.

En trois ans, La Picarlène est devenue District V et l'événement La Coupe d'Art est devenu Rock the Beat, dont la première édition débute samedi au Centre des congrès de l'hôtel Delta. Cette route, il l'avait espérée.

Après son succès au célèbre concours télévisé il y a cinq ans, Vincent Desjardins aurait pu prendre une toute autre avenue. S'il n'avait pas acquis son école de danse, il aurait pu déménager ses pénates à New York ou Los Angeles, enfiler les formations, se trouver une agence, se faire des contacts, passer des auditions et se retrouver sur les plus grands plateaux, mais son choix était tout autre. 

Au-delà du danseur qui a grandi et qui s'est développé dans le studio de danse du boulevard Thibeau, il y a aussi acquis une âme de formateur, un esprit de coach, un autre plaisir. «Je voulais partager», dit-il. «Le studio a toujours été mon but premier. C'est mon plan A depuis que j'ai l'âge de 16 ans.» Lorsque l'occasion s'est présentée, il n'a pas voulu rater sa chance et quatre ans plus tard, il n'a aucun regret.

Au sein de son école du secteur Cap-de-la-Madeleine, il forme entre autres des troupes de catégorie élite, des jeunes qui auront tout l'entraînement nécessaire à leur développement et qui n'auront pas à s'expatrier à Montréal pour retrouver cet esprit et aspirer à une véritable carrière en danse, se réjouit-il. C'est ce qu'il voulait bâtir ici. 

«Le petit bonbon que ça me donne de les voir contents, de les voir réussir et bien performer, c'est aussi intense que le même moment que je pourrais avoir sur un stage», observe-t-il. «Je vois l'impact que ça a, je vois l'évolution des danseurs et je suis super fier d'eux. C'est ce que je voulais et c'est au-delà de mes attentes.» Il porte sur eux un regard bienveillant et ne peut s'empêcher de se demander quel chemin ils prendront, confie-t-il, sourire en coin. Il a déjà été regardé ainsi.

Il avait six ans quand il s'est pointé le pied à La Picarlène. Roger Picard était le technicien, sa conjointe Hélène était la femme de coeur, «celle qui nous disait vous allez être bons, vous êtes beaux», raconte-t-il. Vincent Desjardins essaie aujourd'hui de combiner ces deux profils auprès de ses élèves, avec petite tendance vers le coeur.

Dans ce studio, il se revoit par moments. «C'est sûr que j'ai un parti pris, mais à mon avis, ceux qui sont dans les troupes peuvent poursuivre et se lancer dans une carrière.» 

Et parfois oui, le milieu de la danse professionnelle peut lui manquer un peu, avoue-t-il. Alors il se rattrape en période estivale. Lorsque son école est fermée pour deux mois, Vincent Desjardins va enseigner à Vancouver, Toronto ou ailleurs, et se paie un bain de New York, là où tout est différent. 

«Il y a deux grands centres urbains si tu veux percer du côté commercial: New York et Los Angeles. Tu vas dans les grands studios, tu te paies une classe et tu te retrouves en compagnie des chorégraphes qui travaillent avec les Jennifer Lopez et les Janet Jackson», note Vincent Desjardins. «Tous les cours sont presque des auditions en soi. Chaque fois, tu donnes plus que ton 100 % parce que chaque fois, la personne qui te regarde pourrait te recruter.» 

Sauf qu'il ne veut pas être recruté. Pas pour le moment. Plus tard peut-être. Au-delà de l'enseignant, il a dû apprendre à gérer depuis les débuts de son école. Aujourd'hui que ces notions sont assimilées, il sait qu'il pourra prendre un peu plus de temps pour lui, quitte à reprendre quelques contrats personnels éventuellement. «Mais jamais longtemps», dit-il. «Et jamais loin du studio.»

Encore aujourd'hui, Vincent Desjardins continue de s'entraîner en... (Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste) - image 2.0

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Encore aujourd'hui, Vincent Desjardins continue de s'entraîner en danse sociale en compagnie de sa partenaire Catherine Turcotte, avec qui il présente toujours des spectacles professionnels. 

Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

Le hip-hop dame le pion aux danses sociales

L'événement Rock the Beat se veut un portrait des humeurs actuelles dans le domaine de la danse, en cette ère où les chorégraphies individuelles relevant du hip-hop, de la danse contemporaine et même du ballet classique dament le pion aux danses de couple qui ont fait le bonheur de certaines générations qui s'y adonnaient jadis dans les salles de danse, les samedis soirs. 

Aujourd'hui le style ballroom trouve sa place au sein des compétitions et des salles de cours ici et là, mais pas au-delà. Vincent Desjardins n'en garde pas moins un attachement pour tous ces styles. Ces dernières années, il s'est retrouvé parfois déchiré entre la danse sociale, discipline dans laquelle il a excellé et qu'il aime toujours, et le hip-hop, qui l'a révélé d'une toute autre manière, et qui s'est incrusté solidement dans le coeur des gens de sa génération et les suivantes. Il espère que les deux genres trouveront un jour leur équilibre sur les planchers de danse.

Du côté des danses sociales, les danses latinos comme la salsa, la bachata et le merengue parviennent à tirer leur épingle du jeu, notamment parce qu'on aime les danser en voyage, explique Vincent Desjardins, mais les traditionnels rumba, cha cha, samba et triple swing ont vraiment la vie dure par les temps qui courent, observe-t-il.

Pour le moment, les danses individuelles sont invariablement les plus populaires au sein de son studio comme ailleurs. Parmi tous ses élèves, il en compte environ 65 % en hip-hop et 35 % en danses sociales. Sur le lot, on peut dire que 90 % sont des élèves qui suivent des cours sur une base récréative alors que 10 % forment ses classes élites. 

Toujours en hip-hop, il a commencé avec une troupe de huit filles alors qu'aujourd'hui, il compte neuf troupes regroupant une soixantaine de danseurs et danseuses susceptibles de se produire en compétition, que ce soit en groupe, en duo ou en solo.

Évidemment, des films comme Danser dans les rues ont contribué à cet essor, tout comme So You Think You Can Dance l'a fait à la télévision. La danse contemporaine a elle aussi un beau véhicule de promotion via les vidéoclips, fait valoir Desjardins. Autant de courants de popularité qui ont aussi mené des garçons à s'inscrire dans les groupes, se réjouit-il.

Néanmoins, il ne serait pas surpris de voir un jour le retour du balancier du côté des danses sociales. 

«Actuellement, tout ce qui est populaire, c'est ce qui est individuel et la danse est vraiment axée sur le côté plus urbain, mais je crois qu'il y aura un équilibre dans tout cela. J'aimerais bien que le ballroom regagne ses lettres de noblesse. C'est une danse qui est riche et qui a beaucoup de prestance», note-t-il. «Le travail qui se fait à deux, ça t'aide aussi à te surpasser et à apprendre à travailler avec quelqu'un et non simplement sur toi-même. La danse sociale peut juste gagner à revenir.»

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