Marie-Ève Janvier et Jean-François Breau présentent Libre

Marie-Ève Janvier et Jean-François Breau ont pris plaisir... (Photo: François Gervais Le Nouvelliste)

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Marie-Ève Janvier et Jean-François Breau ont pris plaisir à travailler dans les studios de Nicolas Pétrowski, qui a coréalisé l'album avec Breau.

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Linda Corbo
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Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Non seulement leur nouvel album Libre est touchant, mais ils le sont eux-mêmes aussi en entrevue. Quand Jean-François Breau et Marie-Ève Janvier jouent sur les cordes de la douceur et s'abandonnent aux profondeurs sur fond de musique folk, on les découvre autrement, et on en veut encore.

Il faut dire que les deux artistes déposent leur voix sur des textes forts en provenance des Ingrid St-Pierre, Alex Nevsky et Nelson Minville de ce monde et que dans le studio d'enregistrement, ils ont privilégié l'émotion à la technique.

À tous les auteurs-compositeurs, ils avaient lancé une même invitation, soit d'écrire sur un seul thème, celui de l'enfance. L'idée leur était venue d'un moment partagé avec un couple d'amis devenus parents. En guise de cadeau pour leur nouveau-né, le tandem Janvier-Breau avait composé une chanson.

Or, lorsqu'est venu le temps de l'offrir, ils ont tous vécu un moment de grande émotion. «C'était touchant autant pour nous que pour eux», note Jean-François Breau. «Le thème de l'enfance est de tous les âges. On a beau avoir 88 ans, ça vient nous chercher quand même parce qu'on a été un enfant, parce qu'on en a eu, ou peut-être même perdu...»

À la suite de leur appel aux paroliers, les 14 textes qui leur sont parvenus leur ont démontré de superbe manière à quel point ce sujet universel pouvait être traité de différents points de vue. «Tu deviendras est la phrase que tu te dirais à toi-même à l'âge de quatre ans», donne en exemple Jean-François, alors que Le dimanche constitue le discours d'une mère à son fils qui lui demande s'il sera présent lorsqu'elle sera vieille, ajoute-t-il. «Quand j'ai reçu la pièce écrite par Alex Nevsky qui débute par Me ferais-tu un enfant, je me suis demandée si je serais capable de la chanter tellement c'était touchant», fait valoir Marie-Ève Janvier.

Pour le tandem, il s'agit un peu de l'album de la maturité. «Tout ce qui a été réalisé avant fait qu'on est rendu à cet album-ci», observe la chanteuse. «Il y a des choses là-dedans que je n'aurais pas pu chanter il y a dix ans. Je pense que je n'aurais pas compris ce que les chansons voulaient dire. J'ai trente ans maintenant, j'ai encore plein de choses à vivre mais j'ai compris certaines affaires. Cet album-là reflète tellement ce qu'on vit aujourd'hui.»

Libre diffère de leurs trois autres albums à deux. Sur un seul titre, ici, leurs deux voix s'unissent dans une même chanson, sinon Marie-Ève Janvier en interprète sept, Jean-François Breau en chante six. Le résultat n'en fait pas moins un album de couple, sinon plus.  «Pour la première fois, on ne chante pas l'amour à deux. On chante l'enfance chacun de notre côté», dit la chanteuse.

«C'est l'amour, mais d'une autre manière», renchérit son conjoint. «On a peut-être l'impression de voir encore plus de vérité dans cet album-là par le sujet et par l'interprétation qu'on en fait, mais aussi simplement par arrangements, l'habillement et le dépouillement des chansons.»

Autant ils voulaient proposer un matériel différent à leur public, autant ils avaient eux-mêmes le goût de chanter autre chose. «Notre musique de char, c'est souvent du country folk. On en écoute beaucoup. C'est la musique qui nous apaise et, pour aborder l'enfance, ça prenait quelque chose d'apaisant», observe Breau.

Et si certains se montrent surpris par les interprétations de sa conjointe, lui et leurs proches savent à quel point elle peut rendre l'émotion. Il l'a vécu lui-même aux premières loges dans la comédie musicale Don Juan. «Dans certaines scènes, on n'était pas dans le grand déploiement vocal. À la limite, elle était presque dans le parler, mais elle ne l'avait jamais utilisé sur disque.»

Pour Jean-François Breau, le matériel qu'ils présentent aujourd'hui est révélateur. «Le «libre» de l'album dit que la vie d'adulte aujourd'hui, avec toutes ses responsabilités, peut être très stressante et que de retourner à son coeur d'enfant, c'est de retourner à une liberté, à une base. Cet album-là, il nous ramène à la base.»

Pour l'album Libre, Jean-François Breau signe deux musiques,... - image 2.0

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Pour l'album Libre, Jean-François Breau signe deux musiques, en a composé une autre avec Florence K et a coécrit les paroles d'une autre. Marie-Ève Janvier se commet pour sa part pour la première fois en écriture, sur la pièce-titre, dont elle signe paroles et musique.

Honorer l'individualité ensemble

Quand Marie-Ève Janvier a composé la chanson Libre, elle avait en tête le décès de son frère, événement survenu il y a deux ans. La chanson est sortie un soir d'été dans un élan du coeur si fort qu'elle se demandait si les paroles venaient vraiment d'elle.

«La chanson s'est imposée à moi, fallait qu'elle sorte. C'est clair que ça fait partie de mon processus de deuil...», dit-elle. L'artiste a transformé son émotion pour écrire la pièce comme s'il s'agissait d'une mère qui avait perdu son fils, elle qui se sentait un peu comme la deuxième mère de ce frère.

Tous les autres textes ont été écrits par d'autres artistes, pour les paroles du moins puisque Jean-François Breau a composé quelques musiques aussi, mais ils les ont fait siennes à un point tel que la plupart sont devenues si personnelles qu'il devenait difficile de les faire des duos. «Parfois, quand Marie-Ève chantait, c'était tellement touchant que je ne savais pas trop comment entrer dans la chanson.» Alors ils ont abdiqué et ont assumé leur côté individuel, quitte à faire certains ajustements au besoin.

La chanson d'Ingrid St-Pierre, La planète, avait été écrite au féminin comme une femme qui chante cette pièce à l'enfant qu'elle porte. Or, elle a trouvé une toute nouvelle dimension lorsqu'ils l'ont conjuguée au masculin, comme le père qui parle au ventre de sa femme.

Ils ont procédé ainsi pour chacune. Chaque fois, ils essayaient la même pièce tous les deux, histoire de cerner qui la portait le mieux. «Une chanson, c'est comme un morceau de vêtement sur un cintre. Ça ne dit rien tant que tu ne l'essaies pas», image Marie-Ève Janvier.

C'est ainsi que les mots de Zachary Richard (Doux), de Diane Tell (Toi fille, moi garçon) et de Vincent Vallières (Je prends les airs) sont allés se loger chez lui. Et que ceux d'Ève Déziel sur la musique de Michel Rivard (Dormir comme un ange) ont adopté sa voix à elle.

Ils ont adoré faire cet exercice et les commentaires qu'ils reçoivent sont nouveaux. «Ce n'est pas juste: bravo vous êtes cutes, faites des bébés. On nous parle des chansons et ça fait plaisir», dit Jean-François Breau. D'ailleurs c'est aussi dans le plaisir qu'il a été créé. «Faire des albums ensemble, c'est facile. On a exactement la même vision et on se complète bien», commente Marie-Ève Janvier.

Quant à la question que tous peuvent se poser autour du sujet, leur réponse est transparente. Au départ, ils avaient tout prévu pour concevoir un enfant selon leurs agendas, considérant aussi leurs tournages à la télévision, que ce soit pour le plateau de C'est ma toune qu'ils coaniment et qui attire près de 800 000 cette année; celui d'Un air de famille, où Breau est l'un des coaches, sans compter qu'une quotidienne s'est ajoutée dernièrement dans l'horaire de Marie-Ève Janvier pour le compte de l'émission Au-delà du clip, sur les ondes de V.

La réalité est tout autre. «On peut planifier bien des choses dans la vie, mais pas ça», observe-t-il. «Ça fait partie de nos rêves, mais la vie a décidé que ça n'arrive pas encore», renchérit-elle. «En ce moment, on vit ce qu'on vit et on laisse aller», s'entendent-ils.

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