Sylvain Cossette en accord avec lui-même

Sylvain Cossette vient de faire paraître un nouvel... (Photo: La Presse)

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Sylvain Cossette vient de faire paraître un nouvel album de huit chansons originales, ainsi qu'un livre qui retrace son cheminement, de sa naissance à Grand-Mère il y a 51 ans jusqu'à aujourd'hui.

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Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) À travers la série de spectacles de sa tournée Rétrospective, Sylvain Cossette a composé et enregistré un nouveau disque de chansons originales et collaboré à l'élaboration d'un livre qui retrace les grands moments non seulement de sa carrière, mais aussi de sa vie. L'album et le livre s'intitulent tous les deux Accords.

«Ça s'appelle Accords en référence aux accords de musique, mais aussi parce que je me sens en accord avec moi-même. J'ai du fun à faire ce que je fais. En vieillissant, où je suis rendu, je me rends compte que tout est plus facile, moins douloureux», résume celui qui est né dans le secteur Grand-Mère en 1963, le 11e des 12 enfants de François et Judith Cossette.

L'an dernier à presque pareille date, Sylvain Cossette lançait un album de reprises de chansons des années 1980 en version dépouillée. Il entreprenait aussi sa tournée Rétrospective, qui comme son nom l'indique, revisitait les nombreux volets d'une carrière jumelant ses productions d'auteur-compositeur-interprète, d'interprète de succès des années 1970 et de comédies musicales.

«Pendant la tournée, je me demandais ce que j'allais faire après. Je ne voulais pas prendre une année sabbatique, même si c'est parfois dur, la tournée. Mais des chansons me sont apparues! J'ai dit à ma blonde et à mon agent: ''Je suis inspiré. Je pense que j'ai l'air d'un gars qui va faire un autre album!''», raconte le chanteur dont le plus récent opus de matériel original (Le jour d'après) était paru en 2012.

Le nouvel opus compte huit pièces sorties spontanément de son esprit. «Ce sont toutes des nouvelles chansons qui ont été écrites rapidement. J'ai écrit certaines chansons tellement vite qu'après, en les faisant entendre, je disais aux gens que je ne savais pas pourquoi je les avais écrites», confie Sylvain Cossette, qui se fait parfois surprendre par une mélodie émergeant dans sa tête et qu'il doit tout de suite jouer et noter.

Il donne l'exemple de Je t'écris, qui ouvre l'album: «C'est seulement guitare et voix. Je me suis assis et une suite d'accords m'est venue. J'ai commencé à écrire le texte, comme une lettre à quelqu'un que ça fait longtemps qu'on a perdu de vue. La chanson est née en une heure. C'est comme être possédé d'une mélodie et d'un texte et de devoir aller jusqu'au bout. Quand ça arrive, il faut tout de suite enregistrer, sinon, on perd l'idée.»

Sylvain Cossette a signé les paroles et la musique de toutes ses chansons et a joué du piano, de la guitare et de la basse sur l'album. Son complice Matt Laurent a coréalisé en plus de jouer de la guitare, de la basse et assuré la programmation.

Le chanteur tenait à offrir un disque qui ne contiendrait «que» huit pièces. «J'aime mieux faire deux albums de huit chansons en deux ans qu'un de 14 chansons. Aujourd'hui, les gens en général n'écoutent plus les albums d'un bout à l'autre pour les analyser, comme avant. Parfois, ils vont sur iTunes et ils cliquent sur les deux, trois chansons qui sont les plus populaires», observe-t-il.

Le livre

C'est sa fille Judith qui a proposé à Sylvain Cossette d'illustrer son parcours dans un livre. «Les gens savent que j'aime les guitares et on me demandait parfois de faire un livre de photos de guitares. Mais je trouvais qu'un livre avec juste des photos de guitares...», commence le chanteur en racontant comment Judith, férue de photographie, a récupéré l'idée et l'a enrichie en suggérant de puiser dans les archives familiales et dans ses photos à elle pour élaborer le livre.

«Je ne suis pas très narcissique, mes photos sont dans des boîtes... J'ai toujours pensé que j'avais une vie ordinaire, mais je me rends compte que j'ai eu la chance de vivre une vie particulière grâce à un métier particulier», ajoute celui qui s'est laissé gagner par le projet de sa fille et a écrit les textes qui documentent les photos et relatent son cheminement.

Sylvain Cossette a partagé des images de lui enfant, au milieu de sa famille, puis adolescent à l'école secondaire Du Rocher où il est monté sur scène pour la première fois. Dans ses textes, il évoque la naissance de son intérêt pour la musique en parallèle à ses activités sportives, en rappelant que son «intérêt pour l'école s'est envolé au début du secondaire».

On suit l'artiste dans ses débuts avec le groupe Paradox, de l'époque des spectacles dans les bars au lancement d'un premier album avec le groupe en 1988. Des photos de lui avec ses filles au début des années 1990, avec son frère décédé du sida il y a 20 ans, avec sa conjointe actuelle et avec ses musiciens complètent les clichés représentant l'artiste sur scène ou en studio, et avec ses chères guitares!

Une affaire de famille

Sylvain Cossette a la chance de travailler entouré de sa compagne Andrée Watters et de ses deux filles Judith, 24 ans, et Élisabeth, 23 ans. Andrée est partenaire dans la compagnie de productions S7, et les deux filles sont impliquées dans cette entreprise familiale créée en 2010 par Sylvain Cossette pour devenir maître de sa création et prendre sous son aile celle d'autres artistes.

«Les deux filles ont vu tout le processus d'écriture, de production, de mise en scène. Je les ai amenées avec moi en Europe, et elles ont vu comment j'ai travaillé fort. Elles ont vu que ce n'est pas toujours facile. Elles ont beaucoup de respect pour chaque étape du processus de création», témoigne le Grand-Mérois en parlant de l'aise de Judith et Élisabeth dans la plupart des aspects du métier, de la conceptualisation d'un projet au travail de coulisse lors de tournées.

Sylvain Cossette n'a pas poussé ses enfants vers le monde des arts, ni ne les a découragés de vouloir s'y consacrer. Comme plusieurs parents, il souhaitait que ses filles soient heureuses, peu importe le métier qu'elles choisiraient.

«Je voyais que mes filles avaient un côté artistique et appréciaient ce que je faisais, mais de là à dire qu'elles travailleraient au quotidien avec moi...!», commente le père, visiblement aussi fier de ses filles qu'elles le sont de lui.

Élisabeth n'hésite pas à unir sa voix à celle de son père sur certaines chansons et à le joindre sur scène le temps de quelques pièces. Elle tiendra aussi le rôle de Lili dans le conte musical Lili et le lutin, créé par Sylvain Cossette et Andrée Watters, et annonce, sur sa page Facebook, la préparation d'un album solo.

Judith, elle, a développé une passion pour la photo et porte le titre de «coordonnatrice visuel, graphisme et photos» sur la pochette du nouvel album de son père, en plus d'avoir conçu le graphisme et le montage du livre Accords.

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