Valérie Carpentier: ce succès qui chasse le doute

Samedi prochain, Valérie Carpentier se produira sur la... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste)

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Samedi prochain, Valérie Carpentier se produira sur la scène du Théâtre du Cégep, à Trois-Rivières, en compagnie de ses quatre musiciens. Elle y présentera son spectacle L'été des orages, selon une mise en scène de Gabrielle Rémillard.

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

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Linda Corbo
Linda Corbo
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Près d'un an après la sortie de son tout premier album, à trois semaines du gala de l'ADISQ où elle cumule un joyeux trio de nominations et à la veille de sillonner le Québec avec son spectacle L'été des orages, Valérie Carpentier savoure un succès qui lui fait du bien et qui l'apaise.

La jeune femme rêve de chanter depuis qu'elle est enfant, mais ce n'est qu'aujourd'hui, à 20 ans (bientôt 21), qu'elle peut enfin chasser les doutes qui pouvaient subsister face aux possibilités d'accéder à une carrière professionnelle et croire que sa vie pourra bel et bien y être consacrée. Au-delà de ses quelque 50 000 albums vendus et des salles qui se remplissent, c'est cette profonde conviction qu'elle apprécie.

«J'ai pris beaucoup d'assurance cette année», reconnaît-elle. «Avant, je rêvais de faire de la musique, mais maintenant, je n'ai plus l'impression de rêver, je sais que ça marche et ça, ça change tout de mon être. Je me sens solide et entre bonnes mains et je peux avoir une vision claire de l'avenir. J'ai plus de confiance et dans ce temps-là, on est plus ouvert.»

Ceci dit, elle a encore peine à croire ce qui lui arrive, incluant trois nominations à l'ADISQ qui viennent couronner une année plutôt fabuleuse. L'artiste ne se fait pas d'illusion pour le Félix de l'Album de l'année - Meilleur vendeur, puisque l'un des autres finalistes de cette catégorie a déjà un album platine. Et parce qu'il s'appelle Fiori. De cela non plus, elle n'en revient pas. «C'est un hommage de ne pas gagner contre Serge Fiori. J'ai tellement aimé Harmonium, c'est juste malade», laisse-t-elle tomber en riant.  

En revanche, elle serait aux anges si elle remportait le Félix de la Révélation de l'année. «Parce que celui-là, je le prendrais plus personnel. Celui-là, il serait vraiment pour moi en tant qu'artiste et ça, c'est très significatif.» Quant à la catégorie de l'Album de l'année - Adulte contemporain, elle serait fière de la remporter. «C'est comme si mon bébé graduait», souffle-t-elle. «Mais dans toutes les catégories, juste d'être en nomination, c'est déjà plus que beau», précise-t-elle.

Connaît, connaît pas

La Péradienne Valérie Carpentier s'est fait connaître de façon fulgurante depuis sa victoire à l'émission La Voix en avril 2013, mais on se méprend encore sur quelques traits, dit-elle. La jeune femme demeure notamment perplexe quand elle entend les gens dire qu'elle est timide.

«J'avais trois ans et je disais déjà au monde: Écoutez-moi!», rigole-t-elle. «Depuis l'âge de neuf ans que je chante sur une scène. J'ai fait de l'improvisation, j'ai fait un peu de théâtre et à l'école, j'étais la seule à avoir hâte aux exposés oraux», image-t-elle encore.

Rien de la timidité donc, mais certains malaises face aux compliments, peut-être. «Des fois, les gens ont l'air d'avoir trop aimé ça et je ne sais pas quoi dire. Il y a comme un malaise et les gens croient que je suis timide», observe-t-elle.

Sur scène, c'est autre chose, ajoute la jeune femme. À ceux qui ont aimé son spectacle, mais qui ont relevé son manque d'assurance, elle rétorque que cette mauvaise interprétation vient de son sens de l'humour. «Personne ne comprend mon humour», plaide-t-elle, sourire en coin. «J'aime l'humour un peu absurde et sarcastique, mais ça ne passe pas pour tout le monde. C'est tout le temps du deuxième niveau et c'est ça le problème, je pense... Mais c'est moi qui ai le micro, alors j'ai le droit...»

Au cours des prochains mois, le public de la région pourra en témoigner et ce, trois fois plutôt qu'une puisque Valérie Carpentier débarquera le 14 novembre à La Tuque, le 15 novembre à Shawinigan, mais tout d'abord, elle se produira à Trois-Rivières dès samedi prochain (11 octobre).

À cet endroit, elle foulera les planches du Théâtre du Cégep, lieu où elle étudiait il n'y a pas longtemps encore. «Cette scène, je la connais bien», se réjouit-elle. «Je vais me sentir à la maison!»

La nouvelle vie de Valérie

À fréquence régulière, elle s'ennuie de sa famille et de ses amis de la Mauricie, mais sinon, Valérie Carpentier savoure sa nouvelle vie, elle qui a déménagé ses pénates à Montréal depuis juillet 2013, trois mois seulement après sa sortie de La Voix.  

Dans la métropole, elle baigne dans un monde de culture qui la nourrit. «Vivre à Montréal c'est très cool, surtout pour une fille de 20 ans», chantonne-t-elle. «Culturellement, c'est très formateur. Plus t'écoutes des trucs et plus tu sais ce que tu aimes et ce que tu n'aimes pas. Ça clarifie le style. Avant, j'étais plus éparpillée alors que maintenant, j'ai une vision beaucoup plus claire.»

Son premier album L'été des orages lui ressemble. C'est elle, à 20 ans. Mais l'artiste songe déjà au prochain. Pour le moment, elle compose. Beaucoup au piano, nouvellement à la guitare. Dans son spectacle, elle présente d'ailleurs une ou deux nouvelles pièces.

Pour Valérie Carpentier, il fait bon retomber dans l'apprentissage et la création. Depuis La Voix, elle a laissé ses études en plan et s'en ennuie un peu. Pour le moment, elle manque de disponibilité, mais éventuellement, elle y reviendra. «J'aimerais suivre des cours d'histoire, n'importe quoi, du moment que j'ai des devoirs et des lectures à faire!»

Et si elle n'en a pas le temps, ce sera bon signe aussi. Le signe que son succès se poursuit, une trajectoire qu'elle embrasse avec ses nombreux bons côtés, et ses moins bons. Ces derniers se font plutôt rares, sinon que par moment où elle doit faire le deuil de son anonymat.

Elle sait désormais qu'elle peut être interpellée à tout moment. «Quand je vis une journée où je ne suis pas de bonne humeur, je n'irai pas manger chez St-Hubert, mettons», rigole-t-elle. «C'est bizarre au début. Ce n'est pas normal que des inconnus te reconnaissent.»

Ceci dit, Valérie Carpentier se prête au jeu de bonne grâce. «Quand on fait ce métier-là, on le fait tout le temps et moi, je défends ça. Quand les gens arrivent, il faut être prêt, il faut l'assumer et être sympathique. C'est une facette du métier, mais c'est une petite facette parmi tant d'autres. C'est minime à côté du plaisir de faire de la musique et d'être invitée partout.»

Un jour peut-être, elle retrouvera un anonymat complet ailleurs. À vrai dire, c'est même un souhait. Elle a visité la France pour la première fois cet été. «Je me promenais dans les rues de Paris et je me disais que j'habiterais bien là...», observe-t-elle. «On rêve tous un jour d'aller faire de la musique de l'autre coté.»

Et elle entend bien continuer à rêver, et à évoluer.  «Souvent, les gens me disent: ne change pas, reste comme tu es! Mais c'est sûr que je vais changer... Je ne peux rien leur promettre!»

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