Daniel Boucher dans des ailleurs plus calmes

Dans son coin de la Gaspésie, Daniel Boucher... (Photo: Ève Guillemette)

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Dans son coin de la Gaspésie, Daniel Boucher cherchait son inspiration, bien entouré de sa douce et de son fils de 4 ans et demi.

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Linda Corbo
Linda Corbo
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Daniel Boucher est tout bonnement étonné de son dernier album. Le matériel qu'il a composé n'a pas du tout le ton qu'il souhaitait lui donner. L'artiste avait beau essayer de faire du «Daniel Boucher», sa nature était rendue ailleurs. Dans des ailleurs plus calmes.

Son nouvel album s'intitule Le Soleil est sorti et lui a donné du fil à retordre, jusqu'au jour où il a lâché prise, qu'il a cessé de s'obstiner avec lui-même et qu'il a consenti à vibrer au diapason de son état du moment.

Dans son coin de la Gaspésie, l'homme cherchait son inspiration, bien entouré de sa douce et de son fils de 4 ans et demi. «Je n'écrivais plus beaucoup. Ma vie était devenue autre chose. Ce n'était plus dans mon quotidien d'écrire, tsé», raconte Boucher.

Alors il a fait ce qu'il n'avait encore jamais fait et il s'est bloqué un laps de temps entièrement consacré à l'écriture. Janvier et février 2008, deux mois à temps plein. «J'avais juste à me dire: aujourd'hui je me lève, et j'invente de quoi...» dit-il. Sauf qu'au bout des deux mois, «j'avais une toune: Parc Laurier», note-t-il, yeux au ciel.

Ce n'est pas qu'il n'aime pas sa chanson, mais elle est passablement plus simple que quelques succès antérieurs. «On s'entend-tu que ce n'est pas Boule à mites? C'est Parc Laurier», sourit-il. «Je l'aimais ma toune, elle est sur l'album, mais j'ai eu un petit choc, et c'est normal. C'était normal que je me pose des questions...»

Daniel Boucher s'est aperçu alors qu'il travaillait à l'envers. «J'essayais de diriger mes idées, d'orienter mon écriture. Il sortait des affaires, mais ça ne coulait pas. Ce n'était pas fluide.» La seule solution à son mal était de continuer à essayer, mais une inquiétude a surgi. «J'ai toujours eu des idées. Depuis que je suis petit gars que j'ai des idées... Je me disais que ça allait arriver, mais à un moment donné, j'ai arrêté. Et il est arrivé quelque chose.»

Daniel Boucher n'a pas compris la suite des événements. «Tout est arrivé en quatre semaines. C'est inexplicable. Les tounes ont commencé à arriver spontanément, mais ça ne ressemblait pas à ce que je cherchais. Je voulais l'envoyer ailleurs, moi, cet album-là...»

Ceci dit, sa tête avait beau dire non, son coeur était résolument du côté de ses nouvelles pièces. «Je me suis rendu compte que ces tounes-là, je les aimais vraiment. Tout d'un coup ça coulait. Elles me faisaient vibrer. C'est devenu ça, le disque, mais en même temps, j'étais assez surpris que je me disais: voyons, on a-tu le droit de sortir ça?»

La différence

Le résultat est savoureux et colporte une émotion plus présente que les deux albums précédents, qui étaient davantage à caractère social. «Les thèmes sont un peu plus personnels, alors l'émotion est un peu plus évidente. L'idée n'est pas de savoir ce qui se passe dans ma maison mais depuis une couple d'années, ce que je ressens est plus proche de moi. Ma vie aujourd'hui est plus concrète, elle se passe un peu plus à portée de bras, rien à voir avec le temps de La Patente, qui était plus social, ou avec Dix mille matins, d'un gars qui essayait d'être heureux, et qui ne comprenait pas.»

Côté musical, Daniel Boucher avait par ailleurs envie de retrouver des sonorités plus ancrées, moins aériennes, «avec de vrais violons, du vrai piano, une vraie trompette. Et là, oups, le drum ne sonne plus comme une soucoupe volante, il sonne comme un vrai drum. La guitare acoustique est un peu plus en avant, on a mis plus d'harmonies de voix. Les tounes sont arrivées de façon spontanée et on a décidé de l'enregistrer de façon spontanée. C'est un album organique. Même la pochette est en carton, l'écriture des paroles est faite à la main et les photos sont des photos maison.»

L'album compte 13 pièces, dont une pour laquelle il a sollicité la voix de sa propre mère, sur le titre Je veux me reproduire. «On se cherchait une fille pour la voix du haut», sourit-il. Elle ne s'est pas fait prier longtemps, et a adoré son expérience en studio. «Elle était contente, moi aussi j'étais content. Elle a très bien fait ça. A quasiment fallu qu'on l'arrête à un moment donné», rigole-t-il. Ceci dit, il ressort convaincu que sa mère aurait pu exercer son métier.

Daniel Boucher a laissé passer quatre ans entre l'album La Patente et celui-ci, mais avec la tournée de La Patente, celle de Dracula et sa tournée Chansonnier, il a tout de même vécu trois productions en quatre ans. À ce jour, il n'a pas encore songé à ce que sera le spectacle de son nouvel album. «C'est sûr qu'il va pouvoir se passer n'importe quoi dans ce show-là», sourit-il. «La seule redondance avec moi, c'est que tout peut arriver. Mais c'est une belle redondance, non?»

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