La sculpture: de l'ombre à la lumière

Thérèse Thibodeau-Paquin souhaite que les gens sortent leurs... (Andréanne Lemire)

Agrandir

Thérèse Thibodeau-Paquin souhaite que les gens sortent leurs oeuvres à l'extérieur. C'est ce qu'elle a fait en exposant trois sculptures sur le terrain de ses voisins. «Après tout, nous sommes une ville d'art et de culture», souligne l'artiste.

Andréanne Lemire

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Laurie Noreau
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Les voisins de Thérèse Thibodeau-Paquin peuvent se targuer de bénéficier d'une initiative artistique unique dans la région. Parce qu'elle refuse que ses oeuvres restent dans l'ombre, la dame qui souhaite taire son âge a eu la brillante idée d'en agrémenter les terrains extérieurs de la rue des Bouleaux à Trois-Rivières.

L'initiative attire bon nombre de curieux. Avec raison: les imposantes structures métalliques brillent au soleil comme autant d'étoiles dans le ciel.

Pour sa part, cela fait maintenant 11 ans qu'une oeuvre intitulée Souvenances orne son propre terrain. La sculpture est intacte et ne demande aucun entretien. Elle se veut rassurante envers ceux qui craignent les vandales. «Les gens ont peur de se faire voler ou du vandalisme. Jamais, jamais il n'y a eu une oeuvre qui a été abîmée. Les gens respectent ce qui est là», assure-t-elle.

Pour les prochaines années, l'artiste souhaite que les gens osent sortir leurs oeuvres pour les amener vers la lumière. «Je voudrais continuer l'an prochain dans d'autres rues. Il faut sortir les sculptures. Après tout, nous sommes une ville d'art et de culture», souligne Mme Thibodeau-Paquin. Elle-même a été surprise de l'intérêt des voisins quand elle leur a proposé d'exposer sur leur terrain. «Je leur ai dit: je vous les prête et je suis responsable. Ils ont tous accepté tout de suite.»

La sculpture, c'est ce qui anime la vie de Mme Thibodeau-Paquin. C'est à un tournant dramatique de son existence que l'art est apparue en salvatrice. «Après trois deuils, il faut trouver une manière de s'en sortir. C'est l'art qui m'a sauvée», affirme-t-elle sans détour. Quand elle parle de ce médium, ses yeux deviennent pétillants et, malgré 40 ans de pratique, la passion est toujours palpable. Son premier contact avec la sculpture a été définitif: c'est avec cette forme d'art qu'elle allait évoluer désormais. Les textures, les matériaux, l'assemblage: tout la fascine dans le processus de création.

Avec les années qui s'accumulent, elle ne peut plus manipuler le bronze et le métal avec autant de dextérité qu'avant. Elle peut donc compter sur un maître d'oeuvre hors pair en la personne de Denis Cadotte. «Avec mon grand âge, je ne peux plus faire la soudure et faire fondre le métal. Je lui explique mon idée et mon concept et il me le fait», explique-t-elle, soulignant au passage la grande complicité qui les unit.

Elle ne compte pas s'arrêter là. Pour celle qui a passé 27 années comme étudiante à l'université, elle constate que l'art est un éternel apprentissage. «Il n'y a pas d'âge pour arrêter de créer». Son inspiration, elle la puise aux abords du fleuve Saint-Laurent à Champlain, où elle y passe ses étés dans la plus grande quiétude. «Quand je reviens à l'automne, j'ai la tête remplie de la nature, de la mer, du mouvement du fleuve.»

Elle expose depuis 21 ans à l'Oeil Tactile au centre-ville de Trois-Rivières et elle assure ne pas avoir manqué une seule exposition. Jamais par devoir, toujours par plaisir. Elle constate que les gens n'osent parfois pas pénétrer dans les galeries d'art, par gêne sans doute, avance-t-elle. Qu'à cela ne tienne, l'art va prendre un peu d'air et ses oeuvres sont maintenant accessibles à quiconque passera par la rue des Bouleaux d'ici le mois d'octobre.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer