BIENNALE INTERNATIONALE D'ESTAMPE CONTEMPORAINE DE TROIS-RIVIÈRES

S'approprier l'art visuel

L'évènement donne accès à 57 univers d'artistes en... (photo: François Gervais)

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L'évènement donne accès à 57 univers d'artistes en provenance de 26 pays sur cinq continents.

photo: François Gervais

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Myriam Lortie
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La Biennale internationale d'estampe contemporaine de Trois-Rivières s'inscrit comme un chef de file mondial dans le domaine. Entre les caisses de catalogues à envoyer et le vernissage des expositions parallèles, Élisabeth Mathieu invite les connaisseurs, mais aussi les néophytes à la découverte de l'estampe.

«L'art visuel contemporain est aussi accessible qu'un morceau de musique ou un bon livre», fait valoir la directrice artistique, qui invite la population à s'initier non seulement à l'évènement, mais à l'art visuel en général.

«Nous sommes reconnus parmi les évènements d'envergure dédiés à l'estampe contemporaine. On fait partie des plus appréciés au niveau international. On a des artistes de renommée qui appliquent et de bonnes critiques dans différentes revues spécialisées.» D'ailleurs, 19 des 57 artistes se sont déplacés de l'Iran, de la Belgique, de la France, des États-Unis ou du reste du Canada pour assister à l'ouverture de cette exposition collective qui avait lieu le 21 juin. «Ça prouve qu'il faut venir voir ça.»

Les statistiques de l'organisation indiquent que 65 % des quelque 10 000 visiteurs proviennent de l'extérieur. La plupart des visiteurs sont des touristes de passage à Trois-Rivières. «On est contents parce qu'on amène du tourisme culturel, mais on fait toujours du travail pour sensibiliser les gens de la région. Ceux qui ne sont pas dans le milieu peuvent parfois être intimidés, mais c'est vraiment grand public, en plus c'est gratuit.»

Élisabeth Mathieu précise que pour apprécier une oeuvre, il n'est pas nécessaire de posséder de grandes connaissances techniques. «Il suffit d'être réceptif et sensible. On peut être impressionné par la quantité de travail que ça représente, mais c'est d'abord l'image qui interpelle, touche ou bouleverse.»

L'estampe propose une relation particulière avec la matière. «Il y a un côté brut, c'est un travail avec des outils. Il y a un côté cuisine aussi, comme dans le travail à l'eau forte par exemple, où il faut travailler avec le temps et le dosage. L'estampe permet aussi des effets et des textures que les artistes ne pourraient pas obtenir avec d'autres médiums. Il faut être patient et discipliné.»

Pourquoi visiter la Biennale d'estampe contemporaine de Trois-Rivières? «C'est un accès à 57 univers d'artistes en provenance de 26 pays sur cinq continents. Dans la vie ça nous prend un moment de réflexion, une pause. Regarder une série d'oeuvres, c'est comme lire un bon livre. Souvent, pour apprécier un auteur on va lire plusieurs livres du même auteur. Ici, on a plusieurs oeuvres qui nous permettent de découvrir un univers.» Elle fait aussi le parallèle avec la musique. «Il suffit de s'abandonner, comme on se laisse abandonner par une pièce musicale. Une chanson, ça nous ramène à du vécu quand on laisse le temps de s'imprégner de l'émotion.» Sur les 57 artistes de calibre international, difficile donc de ne pas trouver un coup de coeur. «Il faut juste se permettre cette rencontre.»

LA BIENNALE POUR LES NULS

Fondée en 1997, la Biennale internationale d'estampe contemporaine présente sa 9e édition. Trois cent quatre-vingt-sept artistes ont posé leur candidature cette année. Un nouveau jury de cinq personnes est formé à chaque édition, ce qui permet un renouvellement de la proposition. Les artistes sont sélectionnés en fonction de la qualité de la démarche. «Ce n'est pas une biennale qui va mettre en valeur uniquement la technique. L'ensemble de l'oeuvre est évaluée.»

L'un des critères est l'utilisation des techniques classiques de l'estampe, soit la lithographie, la sérigraphie, les techniques en relief (bois gravé, linogravure, etc.) et les techniques en creux (gravure à l'eau forte, pointe sèche, manière noire, etc.). La dimension «contemporaine» de la biennale réside dans les propos des artistes, qui traitent de préoccupations actuelles, mais aussi dans le mélange ou la superposition des techniques, une tendance actuelle. Par exemple, un artiste peut utiliser l'imagerie numérique dans la mise en page de ses idées. Le jury doit toutefois sentir la présence importante d'une technique classique de l'estampe dans son travail, reconnue par l'existence d'une matrice reproductible.

Les 300 oeuvres ont été regroupées en dix grands thèmes pour en faciliter la lecture. Tout au long de l'été, 10 expositions parallèles viennent compléter l'offre de l'estampe contemporaine. Deux des artistes de la sélection officielle proviennent de Trois-Rivières, soit Valérie Guimond et Patricia Bouffard-Lavoie.

L'évènement s'avère être un panorama minutieusement choisi des dernières tendances en matière d'estampe. Comme une photographie de l'état du monde actuel. Critiques sociales, chaos, austérité... «Plusieurs styles cohabitent dans la biennale et on peut voir les différences entre les thèmes contemporains à travers les pays.» Cette année, on remarque particulièrement les grands formats, les oeuvres qui sortent des frontières physiques conventionnelles et l'utilisation du corps.

Les expositions sont présentées de jour jusqu'au 6 septembre, du mardi au dimanche au Centre d'exposition Raymond-Lasnier, à la Galerie d'art du Parc, au Musée Pierre-Boucher et à l'ancienne gare ferroviaire. L'invitation est lancée.

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