Le match Borg-McEnroe lance le TIFF

Le réalisateur Janus Metz, les acteurs Shia LaBeouf... (La Presse canadienne, Chris Donovan)

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Le réalisateur Janus Metz, les acteurs Shia LaBeouf (John McEnroe), Stellan Skarsgard et Sverrir Gudnason (Bjorn Borg) à la conférence de presse avant la présentation de Borg/McEnroe à Toronto

La Presse canadienne, Chris Donovan

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Michel COMTE
Agence France-Presse
Toronto

Les colères homériques du joueur de tennis John McEnroe face à l'imperturbable Bjorn Borg ont ouvert jeudi, pour les nostalgiques, le Festival international du film de Toronto (TIFF) au moment où le dernier tournoi du Grand Chelem touche à sa fin à New York.

Projeté en ouverture du plus important festival en Amérique du Nord, le film Borg/McEnroe du réalisateur danois Janus Metz décrypte des individualités avec une personnalité à leur opposé comme il en existe dans tous les domaines.

Illustré par la rivalité sur les courts de deux joueurs talentueux - introverti pour l'un, démonstratif pour l'autre -, le film «est un thriller psychologique sur la façon dont deux individus se dépassent pour réussir quelque chose d'extraordinaire», a expliqué le réalisateur.

La finale de Wimbledon en 1980 est entrée dans la légende à la fois par son intensité et ses multiples retournements et un quatrième set arraché par le bouillant John McEnroe au terme d'un très long jeu décisif. Sifflé par la foule londonienne à son arrivée sur le court, l'Américain s'inclinera en cinq sets face au placide Suédois, interprété par l'acteur islandais Sverrir Gudnason (Wallander, Waltz for Monica).

L'Américain Shia LaBeouf (Fury, Nymphomaniac) se glisse dans la peau de John McEnroe qui a contribué à populariser un sport jusque-là vu comme l'apanage des élites.  L'acteur, qui s'est fracturé le pied en apprenant à jouer au tennis pour le rôle, estime que McEnroe a longtemps été incompris tout en assurant que sur un court, le joueur était «un clown et un casse-pieds colérique».

Le choix de ce film a beaucoup déplu au producteur et documentariste britannique Adam Benzine.

«Le TIFF est l'un des plus grands festivals de cinéma au monde, pourquoi est-il confiné avec des si mauvais films en ouverture», a-t-il écrit dans une chronique dans le quotidien National Post.

Si le tennis devait être le choix, alors La bataille des sexes de la réalisatrice Valerie Faris aurait été plus judicieux, selon lui.

Femmes derrière la caméra

Ce long métrage porte à l'affiche le match en 1973 entre le fantasque Bobby Riggs (Steve Carell à l'écran) et la joueuse américaine Billie Jean King, interprétée par Emma Stone, Oscar de la meilleure actrice pour Pour l'amour d'Hollywood qui avait obtenu l'an dernier à Toronto le prix du public, seule récompense distribuée au TIFF.

Critiqués pour une programmation habituellement trop large, les organisateurs l'ont coupée d'un quart, mais cette 42e édition reste néanmoins étoffée avec quelque 300 longs et courts métrages provenant de 74 pays.

L'objectif pour le TIFF reste de placer films et acteurs en pôle position pour la distribution des Oscars l'hiver prochain, même si la concurrence est vive avec quelques belles affiches déjà présentées à la Mostra de Venise.

Même si de nombreux films sortent à la rentrée et en tout début d'automne, «je crois que Toronto est toujours considéré comme le festival clé pour amplifier la notoriété d'un film avant la saison des récompenses», a estimé Piers Handling.

Présentés à la Mostra, des films comme Mère! de l'Américain Darren Aronofsky, avec Jennifer Lawrence et Javier Bardem, ou encore Downsizing de son compatriote Alexander Payne, avec Matt Damon, vont gagner en résonance pour être dans le peloton de tête du box-office nord-américain.

Les premières projections jeudi ont réservé quelques bonnes surprises comme Call me By Your Name de l'Italien Luca Guadagnino tiré du roman éponyme d'André Aciman, ou La Cordillera de l'Argentin Santiago Mitre avec Ricardo Darin (Les nouveaux sauvages, Truman).

Le festival qui se tient jusqu'au 17 septembre est aussi marqué cette année par l'émergence d'une génération de femmes derrière la caméra.

La réalisatrice franco-turque Deniz Gamze Ergüven, nommée en février pour l'Oscar du meilleur film étranger avec Mustang va présenter le très attendu Kings sur les émeutes raciales de 1992 à Los Angeles, avec Halle Berry et Daniel Craig.




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