Styx fidèle à sa légende

Styx en a mis plein la vue jeudi... (Sylvain Mayer)

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Styx en a mis plein la vue jeudi à l'Amphithéâtre Cogeco. On a clairement senti l'enthousiasme du public monter à mesure que le spectacle progressait.

Sylvain Mayer

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François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Autre soirée événement à l'Amphithéâtre Cogeco jeudi avec la venue de Styx, groupe phare des années 70 et 80 qui, de toute évidence, fait encore son effet 40 ans plus tard.

Combien étions-nous pour ce voyage dans le temps? Difficile à dire. Les 3500 places assises étaient toutes occupées et l'espace gazonné a accueilli une foule passablement clairsemée de sorte qu'on peut penser, dans une estimation aussi imprécise que subjective, autour de 5000 personnes. Ce qui est sûr, c'est qu'un grand nombre de ceux-ci étaient des baby-boomers en quête d'un bain de souvenirs.

La soirée a débuté à vitesse grand V sans trop d'avertissements. Le groupe montréalais The Damn Truth a mis les choses au clair assez rapidement merci. Ils n'étaient pas là pour simplement faire patienter le public en attendant les vedettes de la soirée. Leur rock «abrasif», comme l'a fort justement qualifié le présentateur Pascal Guité, a sérieusement mis le feu aux poudres. Une passion folle, de la distorsion, du nerf. Ça brassait, mes amis. Avec un abandon qu'on ne voit pas souvent.

Mené avec une énergie viscérale et débridée par les bons soins de la leader, Lee-La Baum, une fille qui a du Janis Joplin dans les entrailles, qu'elle donne l'impression de s'ouvrir à chaque chanson. Ils nous ont renvoyé à la ferveur des années 70 à grands coups de guitares déchirantes et de sueur ruisselante qui colle les cheveux au visage. Retenez ce nom: ils sont damn good.

Styx a suivi, rigoureusement à l'heure. Les cinq compères - redevenu sextette avec l'apparition de Chuck Panozzo après une heure de spectacle - sont apparus dans une belle forme qui ne laissait pas paraître leur soixantaine, avancée dans certains cas. Le groupe est encore solide et rend avec conviction ses nombreux tubes. 

Profitant d'un son quelque peu tonitruant, le groupe a mis la table avec l'énergie de Gone, Gone, Gone, une chanson de son tout récent album, intitulé The Mission

Par la suite, on n'a entendu quasiment que de gros succès; Lady, Miss America, Light Up, Come Sail Away, Renegade, etc. Le premier vrai moment fort est venu avec une chanson emblématique et présentée comme telle puisque James Young a rappelé que c'est le Canada qui en a d'abord fait un gros succès qui s'est par la suite répandu sans le monde: Suite Madame Blue. Cet immense classique a été la toute première occasion pour le public d'offrir une ovation debout unanime au groupe. Une autre est venue tout de suite après, celle-là adressée à Tommy Shaw, guitariste et chanteur pour son interprétation de Chrystal Ball assez impressionnante, en effet. Shaw n'a assurément pas perdu sa voix exceptionnelle. Pas plus que Gowan du reste, le jeunot du groupe qui s'est démené avec une belle vigueur pendant tout le spectacle, profitant de la liberté physique que son clavier lui laissait pour flirter avec le public au bord de la scène. 

Fait remarquable et très louable, aussi bien Gowan que Tommy Shaw ou James Young ont fait des efforts pour s'adresser au public en français. Laborieux dans certains cas, forcément, mais ça n'en est que plus apprécié. Merci messieurs. Pareil respect des fans mérite assurément la réciproque.

On a clairement senti l'enthousiasme du public monter à mesure que le spectacle progressait si bien qu'aux deux tiers de la soirée, les gens avaient définitivement adopté la station debout. Est-ce une simple impression? Mais il m'a semblé que les musiciens l'ont apprécié et que leur propre enthousiasme a également monté d'une coche. Qui peut rester insensible à l'affection du public quand il est sincère?

Comment les fans pouvaient-ils ne pas apprécier cette soirée menée par un groupe extrêmement professionnel à défaut d'être surprenant? Ils ont donné à leurs fans tout ce qu'ils souhaitaient avec de petites attentions comme l'ajout dans un pot-pourri de Gowan en solo, de Pour un instant, d'Harmonium. À travers les classiques de Styx, c'était joli et particulièrement bien trouvé.

Je doute fort que quiconque soit sorti déçu de sa soirée à l'amphithéâtre avec ce groupe mythique.




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