D'une renversante beauté

La première du spectacle Stone a été présentée... (Olivier Croteau)

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La première du spectacle Stone a été présentée mecredi.

Olivier Croteau

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(Trois-Rivières) CRITIQUE / Les attentes étaient grandes pour ce troisième opus de la série Hommage du Cirque du Soleil à l'Amphithéâtre Cogeco de Trois-Rivières, avec Stone. À la hauteur de l'oeuvre de Luc Plamondon, le spectacle aura grandement répondu aux attentes.

C'est à un magnifique bal électro-classique-moderne et éclaté, voire même «trash» que le public a été convié, mercredi soir à Trois-Rivières. Ce que la production décrivait comme un opéra punk-rock baroque n'aura pas déçu le public, confirmant du même coup que l'équipe du Cirque du Soleil prend de plus en plus ses aises à l'Amphithéâtre Cogeco et s'y sent plus que jamais comme chez elle.

La trame narrative du spectacle Stone est non seulement intéressante à suivre, elle nous transporte dans un tourbillon d'émotions, allant du rire jusqu'aux larmes en passant par l'incontournable souffle coupé que seuls ces acrobates peuvent nous réserver, sur terre ou en haute voltige.

La trame musicale, pour sa part, vaut encore cette année à elle seule le détour vers l'Amphithéâtre, avec l'interprétation retravaillée par le directeur musical Jean-Phi Goncalves, qui ne fait que confirmer son statut de génie de la musique. 

Des oeuvres de Plamondon telles que S.O.S d'un terrien en détresse interprétée par Ariane Moffatt, ou encore l'électrisante Oxygène par Betty Bonifassi sont extraordinaires, tout comme Parc Belmont et la riche voix de Martha Wainwright, ou encore le Blues du businessman, qui prend une couleur complètement nouvelle avec l'interprétation profonde et touchante de Safia Nolin.

Visuellement, on sent le souci de l'équipe d'occuper complètement l'espace, et ce, même quand un seul acrobate au cerceau viendra faire son numéro. Il n'y a pas de temps mort, de vide dans ce spectacle d'une durée de 75 minutes. 

L'imposant décor représentant ce carrousel qui semble désaffecté et qui accompagnera jusqu'à la dernière note la quête d'un maestro excentrique et de sa muse automate occupe de façon magistrale l'espace pour accompagner les numéros élaborés et clairement bien rodés.

À lui seul, le numéro de Le monde est stone vient complètement chavirer le public, avec l'interprétation superbe de Beyries, et un duo d'acrobates aux sangles d'une grâce à la fois poétique et sensuelle qui arrive à nous tirer les larmes jusqu'à la toute fin, où une pluie de brillants vient clore avec brio cette adaptation qui a inspiré le titre du spectacle.

Visuellement, des numéros comme MonopolisOxygène et Les sans-papiers sont particulièrement puissants, tant dans la musique que l'interprétation des acrobates qui ont clairement travaillé avec une grande précision les intentions dans l'interprétation et la comédie.

On le ressent particulièrement dans un numéro comme Je danse dans ma tête, où le duo d'hommes à la planche coréenne vient chercher le public en humour dans sa complicité avec le maestro, qui tente tant bien que mal de se glisser à travers ce numéro acrobatique qui ne lui réussit pas du tout. 

Ces quelques pointes d'humour viendront d'ailleurs alléger la trame narrative que l'on sent parfois plus lourde et noire, sans que ce soit pour autant dérangeant.

On a aussi le souffle coupé dans Lili voulait aller danser, ou dans Tiens-toi ben, j'arrive, avec les acrobates dans la discipline des jeux icariens, avec des acrobaties qui nous laissent tout simplement sans voix.

Parions aussi que Plamondon lui-même a eu la larme à l'oeil pour cette seule chanson qu'il avait exigé dans ce spectacle, Ma mère chantait toujours. Le public, d'abord invité à entonner la chanson en choeur, sera par la suite transporté dans une valse classique et touchante qui sert bien ce grand classique, magnifiquement interprété par Marie-Pierre Arthur.

La quête de la muse automate, bien qu'elle traverse des tableaux sombres et parfois noirs, culminera tout en lumière avec L'hymne à la beauté du monde, pour l'occasion reprise par Diane Dufresne, comme s'il fallait au bout de l'histoire que la véritable muse de Plamondon ait elle aussi retrouvé sa vraie voix au bout de ce périple. 

Il n'y avait que Diane Dufresne pour clore de façon symbolique ce spectacle.

Stone - Hommage à Plamondon sera présenté encore 19 fois d'ici le 19 août, soit du mercredi au samedi à compter de 20 h 45.




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