L'imaginaire mystérieux des Sages fous

Jacob Brindamour est le seul artiste sur scène... (Photo fournie par Marianne Duval)

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Jacob Brindamour est le seul artiste sur scène dans la création Tricycle que la compagnie Les Sages fous, qu'il a fondée avec sa conjointe et complice South Miller, a présentée lors de son périple en Norvège.

Photo fournie par Marianne Duval

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Kim Alarie
Kim Alarie
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le Vieux Trois-Rivières se couvrira d'insolite les 16 et 17 juin. Des créatures inusitées prendront d'assaut des lieux transformés spécialement pour cette 8e saison de théâtre insolite présentée par les Sages fous.

«C'est une opportunité pour nous d'amener à Trois-Rivières des compagnies qu'on a rencontrées pendant nos périples au pays et à l'extérieur. On veut présenter des compagnies avec lesquelles on a un contact assez intime. Elles acceptent d'ajouter Trois-Rivières sur leur parcours même si ce n'est pas toujours facile, parce qu'elles nous connaissent et ont le goût de venir», souligne South Miller, cofondatrice des Sages fous qui mentionne également que c'est une opportunité - gratuite!- de faire de belles découvertes.

«Le public aussi redécouvre des coins du Vieux Trois-Rivières», indique-t-elle tout en ajoutant que les possibilités sont infinies pour ce secteur de la ville dont elle parle avec un amour à peine voilé.

«On a tourné dans des places magnifiques mais la rue des Ursulines est l'une des plus belles places où on a joué, et je ne dis pas ça légèrement. De pouvoir utiliser la rue des Ursulines et le jardin comme terrains de jeu est un privilège pour nous. En Amérique du Nord, je pense qu'il y a très peu de coins aussi beaux que celui-ci. On adore programmer des choses dans le Vieux Trois-Rivières.» 

Bien que les propositions soient parfois éclatées, South Miller martèle qu'il n'est pas nécessaire d'être un initié pour passer un agréable moment. «Notre public est très hétéroclite. Il y a des gens qui viennent des quartiers populaires, il y a des intellectuels, il y a des artistes qui viennent d'ailleurs. Il y a toute sorte de monde et tout le monde y trouve son compte.»

«Il y a deux ans, on a eu un marionnettiste du Vermont, qui roule son spectacle depuis 40 ans et qui est venu le présenter à Trois-Rivières. Il nous a dit que c'était la première fois, que son public était un aussi gros mélange de classes sociales. Ç'a m'a rendue très fière et c'est quelque chose que je veux qu'on revendique. C'est très réunificateur que ce soit tant au niveau des classes sociales, des enfants et des adultes ainsi que des gens de différentes cultures.»

La programmation de ce festival, qui reviendra aussi pour un week-end en juillet et un autre en septembre, est disponible sur le site web www.sagesfous.com/theatreinsolite.html.

Parmi les artistes qui passeront par Trois-Rivières pour cette première portion, il y a ceux de la compagnie Ziggurat qui présenteront leur spectacle Ninshaba à l'église St. James.

«C'est du théâtre physique avec masque, un peu dans le genre de la commedia dell'arte.» Pour cet événement, il faut récupérer des billets gratuits dans le stationnement de l'église St. James à compter de 19 h la journée même, une manière d'assurer que le public a la meilleure expérience possible.

Accoucher en Norvège

La compagnie revient tout juste d'un séjour en Norvège où elle a mis au monde sa plus récente création, Tricycle. Une expérience grandement appréciée par le trio de la compagnie composé de South Miller, Jacob Brindamour et Sylvain Longpré.

«Je suis encore en train de réfléchir à tout ce que ça m'a apporté. C'est vraiment intense comme expérience. Le rythme s'est accéléré jusqu'à la fin et pouf!, on est parti le lendemain. Ça m'a reconfirmé l'importance de la création pour moi. Les plus beaux moments c'était quand Jacob, Sylvain et moi on était ensemble et qu'on profitait de cette expérience pour oublier la réalité des dates limites, de la première qui s'en venait à grands pas. On a trouvé un espace de création très ouvert et très libre.»

Un moment de ressourcement des plus bénéfiques pour les professionnels de théâtre, et ce, malgré le défi logistique que le séjour pouvait représenter pour la famille Brindamour-Miller qui compte trois jeunes enfants. Le passage dans la localité située au nord du cercle polaire s'est conclu avec la présentation de la première du spectacle, Tricyle.

«On a accouché du spectacle à Stamsund. Par la suite, Jacob l'a présenté à Bergen, toujours en Norvège, et il a fait un tabac dans ce festival. Ç'a fait du bien parce que c'était tellement frais quand on l'a sorti qu'on a à peine eu le temps de réaliser ce qui se passait. À Bergen, ç'a confirmé qu'on était sur la bonne voie, même s'il y a toujours du peaufinement à faire», convient South Miller qui décrit ce nouveau-né avec un amour maternel. 

«On a commencé notre carrière, notre compagnie, dans la rue et on est allé en salle avec le Cirque orphelin. Tricycle c'est l'éloge de la rue en salle. Le personnage, avec son tricycle et sa roulotte, ressemble à des personnes qu'on croise à Trois-Rivières. Il y en a plein qui se promènent avec leurs bacs et leur remorque remplis de trucs. J'ai l'impression qu'au début de notre carrière on a fait des spectacles très colorés qui sortaient de notre imaginaire. Tricycle, c'est la réalité. Ce gars-là, il existe, on peut le voir se promener. D'ailleurs quand il se promène sur la rue, il se fond dans le décor, personne ne le regarde.

Pourtant, ce qu'on essaie de faire, et j'ai l'impression qu'on a bien réussi, c'est que cette réalité-là, qui pourrait être un peu triste, prenne vie à partir de sa roulotte au rythme de ses souvenirs, des images et des mystères de toute sa vie. Sa remorque est toute petite mais les scènes sont grandioses, on retourne dans les foires, on va sur la grande roue. On passe par tous les mythes de sa vie, qu'il garde dans ses boîtes. C'est le mélange de notre amour pour le mystère et de notre amour pour la rue.»

Le spectacle qui voyagera notamment en Angleterre, en France, en Allemagne, en Norvège et en Suède cet automne sera présenté à Trois-Rivières probablement au début de 2018. 

«Jacob est le seul humain dans le spectacle. Depuis qu'on commence à avoir du succès, tout le monde nous dit qu'il faut devenir plus gros. Think big! Et puis nous au contraire, c'est de cette manière qu'on a réussi à conserver ce qu'on a de plus précieux, c'est à dire notre façon d'amener le mystère aux gens. On garde ça petit, tout en développant à un autre niveau.»




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