Inondés d'amour: l'élan du coeur pour tourner la page

L'idée de Jean-François Blais a rapidement fait son... (Olivier Croteau, Le Nouvelliste)

Agrandir

L'idée de Jean-François Blais a rapidement fait son chemin et, trois semaines plus tard, est devenue réalité.

Olivier Croteau, Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Trois-Rivières) Rarement aura-t-on vu, dans l'univers artistique québécois, un spectacle de l'ampleur d'Inondés d'amour être monté et présenté en si peu de temps.

Marie-Ève Janvier et Jean-François Breau ont chanté Welcome... (Olivier Croteau, Le Nouvelliste) - image 1.0

Agrandir

Marie-Ève Janvier et Jean-François Breau ont chanté Welcome soleil lors du spectacle.

Olivier Croteau, Le Nouvelliste

La chanteuse Laurence Jalbert était bien émue peu... (Olivier Croteau, Le Nouvelliste) - image 1.1

Agrandir

La chanteuse Laurence Jalbert était bien émue peu de temps avant le début du spectacle.

Olivier Croteau, Le Nouvelliste

En moins de trois semaines, des dizaines d'artistes ont pu se rassembler de façon bénévole autour d'une cause et d'une idée, celle de Jean-François Blais, pour aider les quelque 5000 sinistrés des inondations printanières partout au Québec.

«Chaque chanson, chaque moment a sa raison. J'ai le désir de rendre mes idées jusqu'au bout, j'ai une tête de cochon. C'est plus que ce que je m'attendais, mais en même temps c'est ce que je m'attendais aussi. Le rêve est beau», a commenté le concepteur du spectacle, à quelques minutes d'entrer en scène dimanche soir. 

Car le rêve, c'était d'aider d'abord et avant tout. Mais de voir autant d'artistes se rassembler aussi rapidement et répondre présent avec autant de volonté avait de quoi réchauffer le coeur de celui qui a vécu le désastre aux premières loges, des loges qui n'avaient rien de glamour ou de glorieux cette fois.

«Je suis sorti pas trop amoché de l'aventure. J'ai eu des périodes de fatigue physique et psychologique. J'espère que cet événement-là va faire du bien aux gens comme il me fait du bien. En ce moment, il y a encore des gens qui ont les pieds dans l'eau au Québec. La période des médias est passée mais il y a encore des gens qui le vivent. C'est encore d'actualité même si on le voit moins», rappelle Jean-François Blais.

L'animatrice Véronique Cloutier, qui a assumé une partie de l'animation de la soirée, se disait impressionnée de voir à quel point le spectacle était d'une grande qualité, monté en aussi peu de temps.

«J'imagine que c'est parce que c'est un projet qui part du coeur. De vouloir redonner, de faire du bien aux sinistrés non seulement en amassant des sous mais aussi en voulant un peu fermer ce chapitre-là, en commençant à guérir cette plaie-là. C'est très beau ce qu'on vit ce soir. Il y a une tragédie dans les inondations et dans la façon dont ça a été vécu, mais en même temps ça fait aussi ressortir le beau dans l'être humain. On l'a vu, l'entraide, la solidarité, et ce soir je trouve que c'est à l'image de tout ça», a-t-elle confié.

La chanteuse Laurence Jalbert était, pour sa part, encore soufflée de ce qu'elle venait de voir en répétition lorsque Le Nouvelliste l'a rencontrée, un peu avant le début du spectacle.

«C'est un élan d'amour, tout le monde réuni ici, c'est extraordinaire. Je ne sais pas comment l'expliquer. C'est plus que de l'émotion, tu as l'impression que tu participes à un grand moment. Tu sais pour qui tu le fais, pour qui tu chantes. Ce n'est pas une performance de chanteur, c'est une offrande, tout simplement», résume-t-elle, visiblement émue.

Un spectacle qui avait d'ailleurs une couleur toute particulière pour les artistes originaires de la Mauricie. Le conteur Fred Pellerin a donné le coup d'envoi au spectacle avec un monologue prenant et senti, qui a donné le ton de la soirée. De prendre part à l'exercice avait quelque chose de complètement naturel pour lui.

«J'étais content que cette invitation arrive parce que c'est un show d'une ampleur étonnante et les retombées vont être belles et distribuées de belle façon. Quand tu habites la Mauricie et que tu es un peu chauvin comme je peux l'être par moment, ça ajoute un argument dans ma petite balance personnelle», indique le conteur de Saint-Élie-de-Caxton, qui a confié avoir étudié avec Isabelle Viviers, la conjointe de Jean-François Blais et également sinistrée. «On le fait aussi par amitié pour eux, évidemment», ajoute-t-il.

Même attachement pour la chanteuse Ingrid St-Pierre, qui a commencé sa carrière à Trois-Rivières et pour qui Isabelle Viviers agit aujourd'hui comme gérante, en plus d'être une grande amie.

«C'était important de le faire. Au-delà du spectacle, ce sont mes amis qui organisent mais qui ont été touchés aussi. Je trouve ça extraordinaire d'être résilient comme ça. Ils pourraient être chez eux et ramasser leur terrain encore meurtri par les vagues. Mais non, ils sont ici et font tout pour créer un bon spectacle. Moi ça me touche vraiment beaucoup», a-t-elle souligné. 

Marie-Ève Janvier et Jean-François Breau ont compris l'ampleur du désastre des inondations le jour où, sur Facebook, ils ont vu une photo de Jean-François Blais et Isabelle Viviers, en salopette imperméable avec de l'eau jusqu'à la poitrine pour se frayer un chemin jusqu'à leur maison.

«Quand j'ai vu la photo, j'ai réalisé, j'ai compris la destruction que ça amenait», explique Marie-Ève Janvier. «On a tendance à minimiser ce qui se passe dans notre cour, mais je trouve que ça ne diminue pas la grandeur de l'impact», ajoute Jean-François Breau.

Signe de la volonté de tourner la page sur ces inondations, le couple a chanté Welcome soleil durant la soirée. Un soleil présent mur à mur pour ce spectacle, mais qu'on aurait certainement aimé voir davantage il y a quelques semaines, dans les zones riveraines.




À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer