Inondés d'amour: la solidarité a trouvé sa voix

Le spectacle Inondés d'amour a permis d'amasser plus... (Olivier Croteau, Le Nouvelliste)

Agrandir

Le spectacle Inondés d'amour a permis d'amasser plus de 87 500 $ pour la Croix-Rouge. Un montant qui va aider les quelque 5000 sinistrés des inondations partout dans la province.

Olivier Croteau, Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Trois-Rivières) La solidarité a trouvé sa voix, dimanche soir à l'Amphithéâtre Cogeco, alors que le spectacle Inondés d'amour, organisé pour amasser des fonds pour venir en aide aux sinistrés des inondations printanières au Québec, a permis d'amasser plus de 87 500 $. Un montant qui a été remis à la Croix-Rouge, comme un autre énorme sac de sable déposé pour aider les quelque 5000 sinistrés de partout dans la province.

Des sacs de sable, il s'en est déposé des dizaines au cours de cette soirée d'une ampleur rarement vue sur la scène artistique québécoise. Plus de 32 personnalités publiques réunies sur scène, sans compter les musiciens, choristes et danseurs, rassemblant près de 60 artistes bénévoles sur scène pour une même cause.

Le coup d'envoi a été donné par l'instigateur du projet, le réalisateur d'En direct de l'univers Jean-François Blais, lui-même sinistré dans les inondations qui ont touché Yamachiche. Avant même qu'il ait eu le temps de prononcer une seule parole, les quelque 5000 personnes réunies à l'Amphithéâtre Cogeco lui ont réservé une chaleureuse ovation. «Je le prends au nom de tous les sinistrés», a-t-il lancé. Le ton était donné.

Céline Dion, présentement à Paris, avait pris la peine d'enregistrer un petit mot qui a été diffusé en tout début de spectacle, mentionnant qu'elle ne pouvait être présente, mais qu'elle offrait son soutien à la cause.

Le public, qui a mis quelques numéros avant de bien se dégourdir, a clairement apprécié la prestation de Mario Pelchat avec Le semeur, sur fond d'images d'entraide et de solidarité captées durant les huit semaines qu'ont duré les inondations à différents endroits dans la province. Un moment touchant qui s'est mérité une ovation. Précisons toutefois qu'après ce moment, le public ne s'est pas beaucoup rassis sur sa chaise. 

À commencer par la prestation de Michel Louvain et de sa célèbre Dame en bleu, qui a tout simplement ravi un public conquis d'avance. L'homme, qui fêtera ses 80 ans le mois prochain, a demandé à l'avance son cadeau d'anniversaire et s'est fait chanter son grand classique par un public qui aurait pu faire lever le toit de l'Amphithéâtre. Une véritable machine du milieu artistique, encore et toujours.

Paul Piché avec Y'a pas grand chose dans le ciel à soir a lui aussi relevé le niveau d'énergie, tout comme Gregory Charles et Marc Hervieux, avec leur interprétation de Everything's gonna be all right et du Nessum Dorma de l'opéra Turandot, avec une fougue et une prestance électrisante.

Dans un registre plus poétique, Ingrid St-Pierre a clairement touché les coeurs avec son interprétation de J'ai pour toi un lac de Vigneault, sur un fond d'images de rivières, de lacs et de fleuve qu'on aime contempler, qu'on aime naviguer, comme s'il fallait aussi apprendre à faire la paix avec nos cours d'eau, qui nous en ont fait voir de toutes les couleurs. Sa voix angélique, portée par les mots du poète, a laissé derrière elle une impression de magie.

Trio absolument renversant qu'était celui formé par Valérie Carpentier, Laurence Jalbert et Luce Dufault pour l'Hymne au printemps de Félix Leclerc. Trois voix complètement différentes alliant douceur, puissance et profondeur, qui ont rendu ce grand classique tout à fait intéressant, comme un beau clin d'oeil à ce printemps qui ne nous a pas fait de cadeau.

Un autre clin d'oeil plutôt intéressant a été ce moment où l'animatrice Véronique Cloutier a procédé au «retrait des salopettes», où comme dans un match de hockey, on a retiré dix salopettes imperméables pour dix régions du Québec touchées par les inondations. Sur scène, des sinistrés sont également venus saluer la foule et ont eu droit à de chaleureux applaudissements eux qui, parions-le, n'étaient pas fâchés de voir ces salopettes être emportées loin de leur vue.

Le fil conducteur du spectacle se tenait clairement dans la vision qu'avait voulu apporter Jean-François Blais, soit celle de se souvenir, de revivre les événements, mais aussi de tourner la page et d'aller de l'avant. Le spectacle s'est clôturé sur un Hymne à la beauté du monde, magnifiquement interprété par Luce Dufault, sur lequel le peintre Guilbo s'est adonné à une création en direct sur scène. Puis, Jean-Pierre Ferland a terminé le tout avec Une chance qu'on s'a.

Ironiquement, ce sont les mots de Fred Pellerin, prononcés au tout début du spectacle dans une ouverture totalement réussie, qui auraient pu complètement résumer cette soirée unique en bouclant cette boucle. «Quand le fleuve sort de son lit, c'est tout le Québec qui se réveille. N'attendons pas de mourir avant de choisir la vie».




À lire aussi

  • <em>Inondés d'amour</em>: l'élan du coeur pour tourner la page

    Arts

    Inondés d'amour: l'élan du coeur pour tourner la page

    Rarement aura-t-on vu, dans l'univers artistique québécois, un spectacle de l'ampleur d'Inondés d'amour être monté et présenté en si peu de... »

  • <em>Inondés d'amour</em>: une vague positive

    Arts

    Inondés d'amour: une vague positive

    L'écho du spectacle Inondés d'amour présenté dimanche soir à l'Amphithéâtre Cogeco a à peine fini de résonner que déjà Steve Dubé dressait... »

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer