Jeux vidéo: un dialogue entre le joueur et le créateur

Le créateur de jeux vidéo Patrice Désilets (au... (Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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Le créateur de jeux vidéo Patrice Désilets (au centre) a donné une conférence au Digihub Shawinigan mercredi soir. On le voit ici en compagnie de Charles-Mathieu Larin, qui personnifiait un personnage de la série Assassin's Creed, de Véronique Touzin, coordonnatrice au Digihub, de Maude Labrosse, chargée de projets au Digihub, et de Philippe Nadeau, directeur général du Digihub.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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(Shawinigan) Pour plusieurs, gagner sa vie en créant des jeux vidéo constitue un rêve qui peut sembler inatteignable. Ce rêve est cependant la réalité de Patrice Désilets, et ce, depuis maintenant 20 ans.

C'est pour qu'il raconte son parcours dans cette industrie qui sort un peu de l'ordinaire que les dirigeants du Digihub Shawinigan ont invité le directeur créatif des trois premiers jeux de la populaire série Assassin's Creed dans le cadre des Conférences du hub. Exceptionnellement, l'activité s'est déroulée en soirée mercredi afin de permettre à un plus grand nombre de personnes de venir entendre le coloré personnage.

Dans une ambiance très décontractée, celui qui n'est plus à l'emploi d'Ubisoft depuis quelques années et qui a créé sa propre entreprise en 2014, a profité de son deuxième passage au Digihub en quelques mois - il a participé au Forum Culture + Numérique en mars dernier - pour entretenir la cinquantaine de personnes présentes sur son expérience professionnelle ainsi que sur le processus créatif nécessaire à la conception d'un jeu vidéo.

Sans élaborer outre mesure sur l'aspect technique, il a entre autres confié qu'un jeu vidéo constitue un dialogue et non un monologue, contrairement aux autres formes d'expression artistique.

«Un artiste-peintre propose sa toile et c'est fini. Moi, je propose un personnage. Si tu décides de le jouer comme un ''cave'', ça va être ton expérience. Mais si je fais des assez bonnes propositions, tu vas finir par devenir le personnage à ta façon. Le jeu n'est jamais fini tant qu'il n'y a pas l' ''autre''. Le joueur termine l'expérience proposée par des designers et des équipes. C'est ça la différence avec tous les autres médiums. C'est pour ça que c'est bizarre de faire des jeux. Il y a tout un travail de communication», a-t-il expliqué quelques minutes avant le début de la conférence.

Comme dans tout processus, la mise en place d'une équipe solide et une communication efficace entre les membres de celle-ci sont, selon lui, primordiales à la réussite d'un projet dans son industrie. Il n'a d'ailleurs pas hésité à nommer certains de ses collaborateurs et à souligner leurs réussites pendant son allocution.

Il a également mentionné que la meilleure chose à faire est souvent de suivre son instinct au cours d'un processus de création. Il a d'ailleurs ajouté que ce principe s'applique dans bien d'autres domaines.

«La première idée est souvent la meilleure», a-t-il lancé.

À tous les «gamers», qui le voient comme un modèle et qui espèrent suivre ses traces un jour, il a conseillé de ne pas hésiter à se lancer dans des projets personnels pour se faire la main, d'autant plus que des logiciels de création sont maintenant disponibles gratuitement sur le web, ce qui n'était pas le cas lorsqu'il a commencé dans le métier. Il a soutenu qu'il existe, de plus, d'excellentes écoles au Québec qui forment des concepteurs, ce qui n'était pas le cas avant.

Encore plein de sujets

Après avoir passé 20 ans dans un domaine, certains créateurs deviennent blasés et décident de passer à autre chose. Ce n'est cependant pas le cas de Patrice Désilets, qui est toujours aussi allumé par son métier. Selon lui, il reste encore de nombreux filons à exploiter dans le monde des jeux vidéo.

«Nous sommes encore des pionniers, les gars et les filles de jeux. Il y a plein de sujets qu'on n'a pas traités encore. On est les premiers et on est chanceux», a-t-il poursuivi.

Digihub

Basé à Montréal depuis 20 ans, il reconnaît qu'il s'y brasse de grosses affaires dans son industrie. Il se dit cependant très heureux de voir que des endroits comme le Digihub existent afin de permettre à des créateurs de se développer en région.

«Il faut qu'il y en ait ailleurs qu'à Montréal. Les régions sont aussi importantes. Mais il faut que ça soit aussi ''hot'' qu'à Montréal car la compétition est là. [...] Dans le monde numérique, on s'en fout du lieu d'où ça part. Ça n'existe plus», a-t-il laissé tomber.




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