Un Trifluvien chez Duceppe

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Lors d'une conférence de presse mercredi, on a annoncé officiellement que le duo formé de Jean-Simon Traversy (à droite) et David Laurin (à gauche) prendra la relève de Michel Dumont à la direction artistique de la compagnie Duceppe.

La Presse

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François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le metteur en scène trifluvien Jean-Simon Traversy a été nommé codirecteur artistique de la compagnie Duceppe en remplacement de Michel Dumont qui a annoncé en février dernier qu'il quitterait son poste au terme de la prochaine saison après avoir assuré la direction artistique de cette institution théâtrale pendant 27 ans.

Le jeune homme de 31 ans partagera la tâche avec David Laurin, 33 ans, avec qui il travaille déjà au sein de Lab87, la jeune compagnie théâtrale qu'ils ont fondée et qui est axée sur la dramaturgie anglo-saxonne contemporaine. Les deux codirecteurs ont annoncé mercredi soir en conférence de presse avoir signé une entente de deux ans.

La première programmation dont ils seront entièrement responsables sera celle de la saison 2018-2019. Au cours de toute la prochaine saison, ils vont travailler en collaboration avec Michel Dumont pour assurer une transition en douceur.

Diplômé du Cégep de Trois-Rivières et du Conservatoire d'art dramatique de Montréal (2007), Jean-Simon Traversy a décidé de déposer son dossier de candidature à la suite d'un travail de coproduction de Lab87 avec Duceppe pour la pièce Quand la pluie s'arrêtera qui inaugurera la prochaine saison de la compagnie en septembre.

«Quand on a appris le départ de Michel Dumont, David Laurin et moi, on a eu la même idée parce que notre petite compagnie a le même mandat que la compagnie Duceppe. On cherche à démocratiser le théâtre: on veut que tout le monde soit intéressé par nos spectacles.

Eux favorisent la dramaturgie américaine et anglaise ce qui tombe pile dans ce que nous faisons depuis 2009. On a plongé sans rien espérer. On a franchi chacune des étapes du processus en réfléchissant à fond à chaque aspect de notre candidature. On a eu deux rencontres avec le comité de sélection puis la négociation avec Gilles Duceppe qui préside le conseil d'administration de la compagnie.»

«Tout s'est fait si graduellement que je ne le réalise pas encore, de poursuivre Jean-Simon Traversy, quelques minutes à peine avant la conférence de presse annonçant officiellement la sélection du duo. Ça fait à peu près deux semaines qu'on a eu la confirmation. On a aussi dû mettre par écrit nos orientations pour les trois prochaines années pour des demandes de subventions qu'il fallait déposer rapidement. On a donc dû énormément réfléchir à la vision qu'on veut mettre de l'avant.»

«Louise Duceppe, la directrice générale du Théâtre et la fille de Jean Duceppe, a dit que même si on avait eu 50 ans, ils nous auraient choisis parce que c'est notre projet qui les a séduits. Ça me touche beaucoup parce qu'on a travaillé fort pour présenter un projet qui nous ressemblait. Il reste que c'est un peu angoissant parce qu'on est jeunes et que c'est un poste prestigieux: c'est le deuxième plus gros théâtre à Montréal.»

Le comédien devenu metteur en scène est parfaitement conscient du défi qui se présente à lui et à son collègue et il est extrêmement reconnaissant de pouvoir compter sur l'appui de Michel Dumont pendant une année entière.

«Son opinion et sa collaboration sont inestimables. On remplissait tous les critères pour le poste sauf que le grand public ne nous connaît pas comme il connaît le grand Michel Dumont.

Par contre, même si nous sommes des nobody, si on choisit de bons textes, ceux-ci vont continuer d'être défendus par de grands interprètes. On va faire de la place à des jeunes de la relève, mais il y aura toujours des Guylaine Tremblay ou des Normand D'Amour, de grands interprètes que le public adore.»

Dès aujourd'hui, les deux hommes de théâtre vont se mettre au boulot pour concevoir la saison 2018-2019, la première qui portera officiellement leur signature tout en se familiarisant avec les gens et les pratiques de l'équipe en place. Et ce, en demeurant conscients des défis que la compagnie Duceppe doit affronter.

«On n'aurait pas présenté notre candidature pour le même poste au TNM: nous n'avons pas monté de classiques. Par contre, on connaît bien ce qui s'écrit présentement un peu partout dans le théâtre anglo-saxon. On va peut-être amener de nouveaux auteurs moins connus, mais tout en demeurant accessibles. Comme toutes les compagnies majeures, Duceppe est aux prises avec le vieillissement de sa clientèle et nous voulons des oeuvres qui vont rallier tous les publics autant les jeunes que les abonnés fidèles depuis longtemps.»

Très excité par ce nouveau défi, Jean-Simon Traversy n'en oublie pas pour autant d'où il vient. «Je suis très content pour ma famille et, depuis quelques jours, j'ai pensé à ceux qui m'ont aidé à l'école secondaire De La Salle, au cégep trifluvien, avec le Théâtre des Gens de la Place ou à la LIM. Je reviens encore souvent à Trois-Rivières. J'ai déjà hâte de revenir à la salle Thompson avec nos pièces en tournée. Ce sera aussi notre mandat de faire rayonner la compagnie à travers le Québec.»




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