Magnifique Charles Richard-Hamelin

Le pianiste Charles Richard-Hamelin a envoûté les mélomanes... (Olivier Croteau)

Agrandir

Le pianiste Charles Richard-Hamelin a envoûté les mélomanes réunis à la salle Thompson avec le deuxième concerto de Chopin. Il a offert l'Arioso de Bach en rappel.

Olivier Croteau

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) L'excellente qualité du concert de l'Orchestre symphonique de Trois-Rivières samedi était nimbée d'une auréole d'honneur à la relève, et ce, à trois égards: les élèves de la classe en résidence couronnaient leur expérience en assistant au concert, le jeune protégé de Jacques Lacombe a dirigé l'ouverture, et le pianiste Charles Richard-Hamelin, 27 ans, a ébloui dans son interprétation du deuxième concerto de Chopin.

Commençons avec la fascinante performance de Charles Richard-Hamelin, assurément l'un des meilleurs pianistes de sa génération. On comprend rapidement en le voyant s'exécuter pourquoi il a mérité le deuxième prix au Concours Frédéric-Chopin, l'un des plus prestigieux dans le circuit des compétitions musicales internationales. On se dit aussi que le pianiste qui l'a devancé comme lauréat, le Sud-Coréen Seong-Jin Cho, devait être vraiment, mais vraiment doué...

Samedi à Trois-Rivières, Charles Richard-Hamelin a joué pour la 40e fois le Concerto pour piano no 2 en fa mineur de Chopin, celui qu'il a livré en finale du concours à Varsovie en octobre 2015. Soixante-dix-huit jeunes pianistes de 20 pays avaient été invités au concours tenu tous les cinq ans. Dix d'entre eux ont atteint la finale dans laquelle ils devaient jouer un concerto de Chopin. Le pianiste de Joliette est le seul des 10 à avoir opté pour le deuxième, alors que les neuf autres ont proposé le premier.

Affirmer que l'invité de l'OSTR maîtrisait sa pièce est un euphémisme. Charles Richard-Hamelin incarne ce magnifique concerto composé par Chopin en 1829, à l'âge de 19 ans. Dans la forme classique des concertos, le deuxième de Chopin, dans ses trois mouvements, alterne entre les élans dramatiques, tendres et plus dansants. Comme dans tout concerto par ailleurs, la virtuosité du pianiste est sollicitée pour mettre en valeur son talent dans l'exploitation des possibilités de son instrument.

Tel un athlète du piano, Charles Richard-Hamelin démontre avec élégance la haute voltige à laquelle l'ont conduit ses centaines (milliers?) d'heures de pratique de l'oeuvre. Dans les moments plus intenses, ses doigts courent, bondissent et se croisent sur le clavier avec une aisance époustouflante. Dans les moments plus introspectifs du magnifique deuxième mouvement, il sait faire ressortir toute la délicatesse, la grâce et la beauté pure de cette déclaration d'amour des plus inspirées.

Chopin est demeuré mon compositeur préféré depuis l'adolescence. De voir et entendre un jeune musicien y faire honneur d'une telle façon est émouvant. Il y a dans l'oeuvre de Chopin en général, tout en dentelle, une mélancolie latente, une sensibilité touchante et pénétrante. Merci à Charles Richard-Hamelin de l'avoir ainsi comprise et exprimée.

Le concert de samedi a été ouvert par Lux, du compositeur québécois Stewart Grant, présent dans la salle pour l'occasion. Cette pièce vibrante, mélodique et rythmée à la fois, a été composée pour le festival Montréal en lumière en 2013. Maestro Jacques Lacombe a cédé son podium à son élève du conservatoire de Montréal, Thomas Le Duc-Moreau, pour la direction de l'oeuvre. 

Comme le chef a séjourné trois mois en Europe pour honorer ses contrats en direction d'opéra, il a accueilli son élève en Allemagne pendant deux semaines, récemment, pour faire évoluer sa formation. Cette saison, il aura permis à Thomas Le Duc-Moreau de diriger les ouvertures de quatre concerts de l'OSTR, ce qui prouve l'importance de l'initiation et de l'accompagnement de la relève pour le maestro trifluvien.

Cette préoccupation s'est aussi concrétisée par la présence, samedi à la salle Thompson, de la trentaine d'élèves de l'école Laflèche de Shawinigan ayant participé à la sixième édition du projet Classe en résidence. Pendant l'année, ces jeunes de 6e année étaient jumelés avec un musicien de l'OSTR et ont pu profiter, entre autres, de visites de ces musiciens dans leur classe. Ils ont pris place à côté de leur parrain ou marraine lors d'une répétition de l'orchestre la semaine dernière, et ont assisté au concert samedi.

Jacques Lacombe et son équipe sont convaincus des bienfaits de l'éveil à la musique chez les enfants de tous les milieux.

La deuxième partie du concert de samedi a été consacrée à la Symphonie no 2 en ré majeur de Brahms, dirigée par le maestro avec rigueur et précision.




À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer