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KHEMEÏA à la galerie r3 de l'UQTR: un mariage heureux et fructueux

Le vernissage de l'exposition KHEMEÏA à la galerie... (Stéphane Lessard)

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Le vernissage de l'exposition KHEMEÏA à la galerie r3 de l'UQTR a réuni, de gauche à droite: Lorraine Beaulieu, coordonnatrice à la galerie, Johana Monthuy-Blanc, professeure et directrice du laboratoire Loricorps, Guylaine Champoux, artiste et enseignante au département de philosophie et des sciences de l'UQTR, Andrée-Anne Cartier, commissaire de l'exposition et Marc Germain, professeur et directeur du groupe de recherche en signalisation cellulaire.

Stéphane Lessard

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François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Les arts et la science sont-ils compatibles? La galerie r3 de L'UQTR a offert une réponse à cette question vieille comme le monde à travers l'exposition KHEMEÏA dont le vernissage avait lieu vendredi après-midi. L'exposition éclair, qui n'a duré que la fin de semaine, réunissait dix-huit oeuvres réalisées par des étudiants du département de philosophie et des arts et par deux de leurs enseignants, Guylaine Champoux et Roger Gaudreau.

L'intérêt particulier de cette exposition tient à ce qu'elle est née d'une fusion des arts et des sciences. Les étudiants artistes ont été jumelés à d'autres qui travaillent au sein soit du Groupe de recherche en signalisation cellulaire, soit du laboratoire Loricorps qui se consacre à de la recherche sur les troubles du comportement alimentaire. De purs scientifiques, en somme. 

Or, les artistes ont été amenés à comprendre la nature de leurs recherches et à s'en inspirer pour créer les oeuvres qu'on retrouve dans KHEMEÏA. Chaque oeuvre exposée est présentée par un court texte de l'artiste qui l'a réalisée et par un autre présentant la recherche qui l'a inspirée.

L'idée de fusion entre la science et les arts date de la nuit des temps. Dans ce projet spécifique, l'initiative vient de scientifiques: Marc Germain, professeur au département de biologie médicale et directeur du GRSC et Johana Monthuy-Blanc, professeure au département des sciences de l'éducation et directrice du laboratoire Loricorps, tous deux très conscients des avantages de pareil mariage pour leur propre domaine de recherche.  

«Les recherches que nous menons peuvent sembler très abstraites vues de l'extérieur, explique Marc Germain, mais il faut être conscient qu'ultimement, nous souhaitons en arriver à ce que le fruit de nos recherches trouve une application très concrète qui va profiter à toute la société. Nous avons intérêt à faire connaître davantage notre travail auprès du grand public et l'art peut nous permettre d'obtenir cette nécessaire visibilité.»

Par ailleurs, on comprend facilement que les artistes puissent être inspirés par la science, mais ce qu'on soupçonne moins, c'est que les scientifiques peuvent eux aussi puiser des idées dans les arts. Le seul fait de décloisonner les disciplines permet des échanges susceptibles d'inspirer les chercheurs et parfois, les idées plus poétiques et abstraites des artistes peuvent suggérer de précieuses hypothèses, nouvelles et insoupçonnées, à des chercheurs scientifiques. 

Guylaine Champoux est artiste et enseignante au département de la philosophie et des arts de l'UQTR. C'est dans le cadre d'un de ses cours que ce projet artistique a pris forme. Pour elle, le décloisonnement entre arts et science est quasiment naturel. «La recherche dans les deux domaines se fait en fonction de protocoles similaires. Le travail en atelier est très similaire à un travail en laboratoire. Un processus de création peut aboutir à une découverte dans les langages plastiques tout comme une recherche en laboratoire va mener à des découvertes scientifiques.»

«Ce n'est rien de nouveau comme idée puisque ça a existé de tout temps, mais il y a un courant majeur dans le monde des arts actuellement qui s'inspire des sciences. Avec les recherches très poussées qui se font dans toutes sortes de secteurs d'études, on observe une forte tendance vers l'hyper cloisonnement qui fait que les chercheurs travaillent en silo à l'abri des influences extérieures. Ça prend des initiatives comme celle-ci pour faire se côtoyer davantage divers secteurs de recherche qui peuvent s'enrichir les uns des autres. 

Pour ce qui concerne nos étudiants, l'objectif, c'est de les inciter à s'ouvrir à d'autres langages que celui qu'ils privilégient dans leur domaine pour s'en nourrir et ouvrir ainsi de nouveaux horizons de création.»

L'exposition aura été éphémère, mais il y a fort à parier que la porte qu'elle a ouverte le demeurera et favorisera le décloisonnement.




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