Antoine Bareil réalisateur

La formation Quartango est composée de René Gosselin... (Jim Mneymneh)

Agrandir

La formation Quartango est composée de René Gosselin à la contrebasse, Stéphane Aubin au piano, Antoine Bareil au violon et Jonathan Goldman au bandonéon.

Jim Mneymneh

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le violoniste trifluvien Antoine Bareil continue d'étendre les ramifications éclectiques de son parcours.

Formé au Conservatoire de musique de Trois-Rivières et au Mozarteum de Salzbourg, le violoniste polyvalent a flirté avec plusieurs genres en intégrant ses multiples influences dans ses non moins multiples projets. Il a d'ailleurs fait paraître son troisième album avec la formation Quartango, album qu'il a réalisé et sur lequel il a signé deux compositions et un arrangement.

Quartango a été formé en 1984. Plusieurs musiciens s'y sont succédé, mais un seul membre fondateur en fait encore partie, le contrebassiste René Gosselin. Antoine Bareil a joint le quatuor en 2009. La formation avait déjà enregistré sept albums avant l'arrivée du Trifluvien.

Le premier auquel il a participé, Encuentro, a mérité le prix Juno du meilleur album de musique instrumentale en 2015. Antoine Bareil avait assuré la réalisation de cet album, tout comme celle d'un disque enregistré en concert avec Marie-Josée Lord, paru en 2015.

«Quartango existe depuis plus de 30 ans. On cherchait une façon de se renouveler, mais toujours avec la saveur tango», raconte-t-il en parlant de l'idée derrière l'album Les nuits de Montréal, le dixième de Quartango.

Le titre de l'album est révélateur de son fil conducteur. L'appartenance à Montréal et la référence à sa vie nocturne ont servi de guide à l'inspiration du groupe. 

Musicalement, le quatuor a voulu mettre en valeur sa signature métissée: «Quartango est basé à Montréal, et c'est le premier groupe de tango canadien. Il y a une signature montréalaise qui ressort souvent des commentaires qu'on reçoit de l'international. On fait des métissages des genres.»

«On a exploré l'âge d'or des cabarets à Montréal, le foisonnement des boîtes de nuit, des boîtes à chanson. On a composé des pièces inspirées des lieux mythiques de la métropole, le Casa Loma le Faisan Doré, La boîte à Clairette...», énumère Antoine Bareil, qui a justement composé Au Faisan Doré

«Jacques Normand animait les soirées au Faisan Doré et c'est là qu'Aznavour a commencé. On pourrait dire que c'est le premier cabaret canadien français. Les Cotroni étaient propriétaires», décrit-il en parlant de cet établissement ouvert en 1947 sur le boulevard Saint-Laurent et fermé trois ans plus tard. La boîte à Clairette a aussi sa pièce sur l'album. C'est le pianiste du groupe, Stéphane Aubin, qui l'a créée, rendant du même coup hommage à Clairette Oddera.

Intéressé par l'histoire et la généalogie, Antoine Bareil a composé la pièce Saint-Clément-de-Viauville, une paroisse de l'actuel quartier Hochelaga.

«Au lieu de parler d'un lieu précis, c'est tout un quartier. Viauville, c'est pour les biscuits Viau. C'est une histoire reliée à mon arrière-arrière-grand-père, Gilbert Bareil. Il était cultivateur à Maskinongé et vers la fin de sa vie, il a été contraint de vendre sa terre et il est allé vivre chez un de ses enfants à Montréal, dans ce quartier-là. Il devait avoir autour de 70 ans et il n'était probablement jamais allé à Montréal. Je me suis imaginé ce que ça devait être pour lui», raconte-t-il.

Dans un tout autre registre, Antoine Bareil a imaginé un arrangement du thème de Mission Impossible. Le musicien rappelle que le compositeur de ce thème, Lado Schifrin, était argentin, et qu'il avait bien connu Astor Piazolla, un des grands compositeurs de tango moderne. Pourquoi Mission impossible? «C'est une référence au crime organisé, à ce qui se passait en dessous, ce qu'on ne voyait pas, les maisons de prostitution, la police corrompue...», répond-il.

Une autre pièce évoque cet esprit de délinquance, Hello Montreal, arrangée par Stéphane Aubin. «C'est une pièce des années 20 d'un groupe de New York. Pendant la prohibition, les Américains traversaient la frontière pour fêter et prendre un coup parce qu'ils ne pouvaient pas le faire chez eux», explique Antoine Bareil avant de pointer un autre titre du disque, d'une tout autre essence, Milonga de Natashquan, un tango rigodon!

Quelques dates de spectacles de Quartango sont prévues, dont le 1er mars à Drummondville et le 13 avril à Victoriaville.




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer