Fabiola Toupin au sommet de son art

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Fabiola Toupin a renoué en grande pompe avec son public trifluvien jeudi soir à la salle Thompson dans son spectacle consacré aux chansons du grand Charles Aznavour.

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François Houde
Le Nouvelliste

Le public trifluvien aura dû attendre bien longtemps avant de pouvoir assister à un spectacle de Fabiola Toupin en solo à la grande salle Thompson mais chaque seconde de patience n'aura donné que plus de saveur à ce retour qui avait des airs de triomphe jeudi soir.

La salle n'était pourtant pas pleine. C'est devant environ 700 personnes que Fabiola s'est produite mais une salle comble n'aurait pu donner plus d'amour à son enfant chérie qui s'est présentée dans une forme olympique. 

Peu avant elle, c'est l'excellent Baptiste Prud'homme qui a ouvert la soirée. En trois très jolies chansons tirées de son album Chansons de papier, l'auteur et compositeur a semblé conquérir plusieurs nouveaux fans happés par sa poésie, ses mélodies bien ficelées et sa voix unique. Un secret trop bien gardé s'est éventé et il y a bien longtemps que Prud'homme méritait cette attention.

Fabiola, maintenant. Dès son entrée en scène, elle a brillamment révélé un aspect clé de son spectacle consacré à Aznavour: son professionnalisme. Alors que la voix d'Aznavour récitait un très beau texte consacré à sa passion de l'écriture, on a vu se profiler lentement la silhouette de Fabiola de l'arrière vers l'avant-scène pendant que sa voix venait délicatement se superposer à celle du maître jusqu'à la faire disparaître. Elle prenait ainsi impeccablement sa place pour les quelque deux heures à venir. 

Tout le spectacle aura été marqué de ce professionnalisme aussi bien dans la mise en scène sans anicroche que dans les interprétations exceptionnelles de cette chanteuse dont le talent n'a jamais semblé aussi mature. 

C'est La bohème, excusez du peu, qu'elle a interprétée en premier. Elle a ainsi établi clairement une position à laquelle elle est demeurée résolument fidèle d'un bout à l'autre de ce bien beau spectacle. Elle n'a en aucun temps laissé croire qu'elle pourrait imiter l'immense interprète. Elle a chanté Aznavour à sa façon. Avec ses inflexions à elle, ses intonations, ses accents, son intensité caractéristique.

Tout le monde n'aime pas sa grandiloquence et c'est très bien ainsi mais elle s'assume totalement. Elle n'allait pas s'effacer sous son admiration pour le grand Charles et cela suscite l'admiration. Comme sa technique vocale parfois renversante.

Elle ne se contente pas de chanter juste, une rareté de nos jours, mais elle applique à ses interprétations une multitude de nuances subtiles et impeccablement maîtrisées. Elle a en commun avec Aznavour de mettre une remarquable technique vocale au service de l'émotion. 

Côté répertoire, elle a visité toutes sortes d'avenues. D'éternels classiques comme Hier encore, La mamma, Trousse-Chemise, des chansons fantaisistes, d'autres jazzées (Pour faire une jam) ou d'autres encore dans le registre de l'émotion pure. À ce titre, on retient Comme ils disent offerte dans un parfait écrin de son comme de lumière. 

La chanteuse parle beaucoup durant son spectacle. Trop à mon sens, comme si elle ne faisait totalement confiance ni à ses chansons ni à son public. Enchaîner certains titres au moment opportun sans les présenter magnifierait l'impact que leur confère leur qualité intrinsèque, m'a-t-il semblé à certains moments de la soirée. 

La chanteuse avait promis des surprises. Elle les gardait pour la seconde partie entreprise avec un quatuor à cordes pour Deux guitares. Pour la suivante, ce sont les Petits Chanteurs de Trois-Rivières qui se sont joints à elle pour La mamma.

Peu après, Breen Leboeuf est monté sur la scène pour Mes emmerdes. L'attachement de Fabiola à sa région n'a jamais été feint et elle y demeure fidèle.

Le brio des interprétations de Fabiola a souvent fait oublier celui de sa pianiste accompagnatrice Catherine Maurais, impeccable. Elle aussi a amplement contribué à donner aux chansons d'Aznavour une nouvelle couleur qui ne peut appartenir qu'à Fabiola sans pour cela trahir le maître. C'est ça, une bonne interprète.

Fabiola reprendra-t-elle ce spectacle à la salle Thompson un jour? On n'en sait rien mais on ne peut que le souhaiter. Et devant la salle comble qu'elle mérite.




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