L'exil fertile de Peter Peter

Peter Peter sera à la salle Louis-Philippe-Poisson de la... (Paul Rousteau)

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Peter Peter sera à la salle Louis-Philippe-Poisson de la Maison de la culture de Trois-Rivières le samedi 11 mars.

Paul Rousteau

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(Québec) Quand Peter Peter décroche le téléphone pour répondre aux questions du Soleil, il est 21h à Paris. Un vendredi soir. Lorsqu'on lance à la blague que l'équipe qui gère ses relations de presse est cruelle pour sa vie sociale, l'auteur-compositeur-interprète ne semble pas peiné le moins du monde : «Ça fait justement partie de ma vie sociale de donner des entrevues, précise-t-il. Je n'en ai pas donné pendant longtemps... Je retrouve mon rôle dans la société et je l'embrasse!»

Fort d'un contrat de disques avec Sony France, le natif du Saguenay, qui a vécu une dizaine d'années à Québec, s'est installé à Paris il y trois ans. Il s'est, selon ses dires, imposé une réclusion quasi complète, le temps de créer les pièces de Noir éden, qui nous arrivent plus de quatre ans après celles de son deuxième album, Une version améliorée de la tristesse. Discussion avec un expatrié qui s'attire bien des éloges dans son pays d'adoption... et qui s'apprête à renouer avec les planches dans sa contrée d'origine. 

Q Quand tu as signé ton contrat de disques en France, est-ce que c'était déjà clair que tu allais y déménager?

R Au début, j'avais envie de vivre le trip. J'étais tellement dans un mode où je découvrais que je pouvais vivre ailleurs que chez moi que je me demandais si après Paris, je n'essaierais pas d'aller à Lisbonne pendant un moment. J'ai toujours aimé Paris, mais je me disais qu'une vie, ça peut être sans frontières. Mais à un moment, j'ai eu envie de m'installer un peu. Même si j'étais souvent sur la route et que je vivais beaucoup de belles choses, l'existence de nomade ne me donnait pas l'hygiène de vie pour écrire comme je le faisais à Montréal. À l'époque, j'étais dans un petit appart à Montrouge et tout l'album a été fait là.

Q Tu as créé la majeure partie de cet album seul et il y est justement beaucoup question de solitude. C'était voulu?

J'ai toujours idéalisé un peu la solitude, l'exil et des trucs comme ça. En arrivant ici, j'ai été quand même servi à ce niveau-là. Quand j'ai commencé à travailler sur l'album, je me suis un peu replié sur moi-même. J'ai été hyper rigide avec la routine que je me suis imposée. Je n'avais plus vraiment de vie sociale à part ma relation avec ma copine de l'époque. Je passais beaucoup de temps dans ma tête et le jour, je ne parlais pas. Quand j'allais dans un café, je me trouvais lent socialement, je n'avais pas de répartie... J'ai toujours été solitaire, mais je suis devenu plus ermite. Cette idée d'intérioriser un peu tout, je voulais la vivre une fois dans ma vie. L'album, je l'ai fait de manière hyper casanière, chez moi. Il y avait une grande fenêtre à côté de moi, il y avait mon chat Vénus et c'est tout. Ça explique cette odyssée plus introspective. C'est une épopée dans ma tête avec quelqu'un qui perd un peu la notion de la réalité. 

Q Dans quelle mesure les attentats qui ont secoué Paris ont-ils teinté ta création?

C'est arrivé à un moment où j'étais déjà confiné chez moi par mon travail. Je suis quelqu'un d'assez anxieux et tout dehors est devenu un peu plus anxiogène. J'avais un peu l'impression d'assister à la fin du monde, à quelque chose d'apocalyptique. Et franchement, j'ai toujours l'impression de voir les stigmates d'une fin du monde. L'album est hyper crypté, mais j'y fais un peu allusion dans la chanson Allégresse. [...] Après, ça ne m'a pas empêché de sortir non plus. Il faut continuer à vivre. Mais oui, il y a un climat qui a ajouté à mon anxiété.

Q Tu assumes un côté plus dansant sur cet album. C'est vrai qu'on le doit un peu à Céline Dion, sur la pièce Loving Game, notamment?

R Oui, c'est quand même grâce à elle qu'a émané ce côté pop. Mon éditeur m'avait approché quand elle cherchait des chansons d'auteurs francophones pour son dernier album. J'avais commencé à travailler un truc, mais je ne lui ai pas envoyé parce que je ne trouvais pas ça assez qualitatif. Mais il y avait une ligne de synthé que je trouvais vraiment intéressante. J'ai construit autour de ça. C'est sûr que sans Céline Dion, cette mélodie-là ne serait jamais arrivée. 

Qu'est-ce que ça fait de revenir donner des spectacles au Québec?

R Je suis vraiment content. Pour moi, ça veut dire beaucoup de revenir après autant de temps. Ce que j'ai trouvé difficile avec Une version améliorée de la tristesse, c'est que ça m'a scindé en deux. J'ai fait une carrière au Québec et, un an et demi plus tard, je suis venu en France sans jamais revenir au Québec. Là, j'ai l'impression de pouvoir vivre cet album-là en unissant les deux territoires. C'est comme si l'Atlantique rétrécissait un peu.

Vous voulez y aller?

Peter Peter sera à la salle Louis-Philippe-Poisson de la Maison de la culture de Trois-Rivières le samedi 11 mars.




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