Troquer le rire pour l'émotion

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L'acteur Louis-José Houde semble avoir franchi une nouvelle étape dans sa carrière au cinéma puisqu'il porte complètement le film Ça sent la coupe sur ses épaules.

La Presse

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François Houde
Le Nouvelliste

Ce n'est pas par envie d'orienter sa carrière dans une nouvelle direction que Louis-José Houde a décidé de se lancer dans le projet du film Ça sent la coupe. Bien au contraire, parlons plutôt d'un désir de continuité: continuer à faire rire et à communiquer avec le public, quelle qu'en soit la façon.

«C'est presque complémentaire au reste de ma carrière, estimait-il en entrevue avec Le Nouvelliste tout récemment. Ça part de ce que j'appellerais une envie générale de faire rire. Évidemment, le bagage professionnel que j'ai déjà m'a beaucoup aidé à bien rendre mes dialogues.

Il y a un profond plaisir à tourner une scène et à sentir qu'on tient quelque chose qui fonctionne. Tant pour faire rire que pour émouvoir, d'ailleurs. Il reste que je n'ai aucune intention de me consacrer au cinéma à temps plein. Seulement, quand je lis un scénario qui me plaît et que je me sens en mesure de bien l'incarner, j'embarque.»

Dans la direction opposée, il estime que son expérience d'acteur au cinéma fait déjà de lui un meilleur humoriste de scène.

«Je connais mieux mon outil de travail: mon physique, ma voix, mes tics. À force d'être dirigé par d'autres au cinéma, j'ai obtenu de nouveaux feedbacks qui me font prendre conscience de mes forces autant que de mes faiblesses et de comment les utiliser. La caméra du cinéma est impitoyable: elle ne ment pas et révèle tout. Je me connais mieux grâce à elle.»

Bien sûr, c'est son travail sur la scène qui a fait sa renommée mais après avoir participé à 7 films - 8 si on compte De père en flic 2 qui sortira en juillet prochain - il estime qu'il commence à maîtriser ce nouvel élément de son coffre à outil: le jeu au cinéma.

«En toute modestie, j'avoue que j'ai cette impression-là. Avec Ça sent la coupe, il me semble que je contrôle de plus en plus ce jeu, ce qu'il exige, comment l'approcher, comment avoir l'air vrai, etc. Et pour moi, ce qui est très important, j'ai vraiment du plaisir à apprendre ça. Ça reste un apprentissage qui n'aura jamais de fin mais je suis de plus en plus confiant devant la caméra ce qui rend tout le processus encore plus agréable.»

Un jalon

Sans qu'on ait le nécessaire recul, il est quand même permis de croire que Ça sent la coupe pourrait bien constituer une étape dans la carrière cinématographique de Louis-José Houde du fait que ce n'est pas qu'une comédie et que son personnage doit également, et même surtout, émouvoir.

«En fait, je ne suis en aucune façon responsable de faire rire le public dans ce film. Ce n'est pas une comédie pour que les gens se tapent sur les cuisses et rient à gorge déployée. On est dans une autre zone entre le rire et le drame.»

«Quand j'ai lu le scénario que j'ai beaucoup aimé, c'était à moi de savoir si j'étais capable de jouer ça. J'ai aimé le défi de m'éloigner de la comédie pure pour explorer des zones plus sobres et subtiles. Je me suis aperçu que j'étais rendu là dans ma vie, j'imagine. Bien sûr, j'ai aimé l'histoire, le scénario mais j'ai aussi senti que les émotions à interpréter étaient accessibles pour moi.»

On peut même croire que l'acteur en lui a pris de l'assurance parce que même s'il est de toutes les scènes du film, littéralement, il affirme n'avoir à aucun moment été effrayé par la responsabilité qui lui incombait. Pour ce qui est de la base émotionnelle qui sert de socle à son personnage, elle n'a pas été difficile à cerner.

«Max est en peine d'amour pendant quasiment tout le film. Quiconque a vécu une peine d'amour dans sa vie n'a qu'à se replonger dans ces émotions-là pour nourrir un personnage comme ça. C'est pas très sexy comme procédure mais quand tu le fais pour servir une oeuvre, c'est correct. Mon personnage a aussi perdu ses parents, ce qui n'est pas mon cas mais il m'a suffi s'imaginer ce que ce serait que de perdre les miens et franchement, ça allait chercher des émotions pas très agréables mais pertinentes.»

Au moment de l'entrevue, il y a une semaine, Louis-José Houde n'avait toujours vu qu'un premier montage du film. Il n'a même pas demandé à voir les prises quotidiennes.

«Je n'ai pas suivi la post-production. J'étais satisfait de ce que j'avais fait et j'ai fait confiance aux gens. Ce n'est pas vraiment mon genre; d'habitude, je ne fais confiance à personne. Je fais mes affaires seul. Mais là, je trouvais ça l'fun de laisser ça entre les mains des autres. Finalement, le résultat est tout à fait à mon goût alors, j'ai bien fait.»

De sa relation avec le réalisateur Patrice Sauvé, il n'a que de bonnes choses à dire. «Il est très délicat, il ne crie après personne. Moi qui n'ai pas tant d'expérience que ça du jeu, j'avais besoin de ça. Il sait comment me parler, me mettre en confiance. Il sait exactement ce qu'il veut mais il a l'art de te le proposer gentiment pour en arriver au résultat escompté. Et toi, en voyant le résultat, tu comprends exactement ce qu'il voulait dire.»

«Pour plusieurs scènes, lors de la première prise, j'avais tendance à essayer quelque chose de drôle, une mimique un peu trop prononcée et ça ne respectait pas la «musicalité» du film. C'est là que le réalisateur est important parce que lui a une vision d'ensemble que le comédien n'a pas forcément.»

«Se voir à l'écran, la première fois, ce n'est pas très agréable, on va se le dire. Les gens sont gênés d'entendre leur voix sur le message de leur répondeur alors, imaginez se voir deux heures sur un grand écran! Cela dit, je suis content de comment j'ai fait vivre mon personnage. J'en suis donc pas mal satisfait. Peut-être même que je ferai d'autres films de ce genre, mais à petites doses, pas à chaque année.»

Déjà, dans son nouveau spectacle sur scène dont il a commencé à roder certains numéros, il sent qu'il ajoute une dose d'émotions inspirées de son expérience avec Ça sent la coupe.




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