Patrick Groulx: exhiber la vulnérabilité

Patrick Groulx et ses «p'tits pas fins» seront... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Patrick Groulx et ses «p'tits pas fins» seront de passage à la salle Thompson le 24 février.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Kim Alarie
Kim Alarie
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Patrick Groulx est partout. À la radio, à la télé et même sur les téléphones intelligents par le biais d'une application qu'il a imaginée. C'est un musicien, un chanteur, un idéateur, un animateur et quoi d'autre... ah! oui, un humoriste, en sabbatique. C'est d'ailleurs pour ce dernier chapeau qu'il se livrait généreusement en entrevue mercredi.

«C'est un défi que mon gérant m'a lancé. J'ai commencé à écrire en septembre. Ç'a été un gros automne, j'ai eu une boule dans le ventre pendant trois mois. En même temps, mon gérant trouvait ça le fun que je me remette à l'écriture et à penser à mon prochain show tranquillement pas vite.

Il me connaît, il sait que j'ai besoin de défis. Il m'a booké des shows dès janvier en me disant: "Penses-tu que tu peux prendre 45 minutes et l'autre 45 on va s'arranger, on va trouver quelque chose."» Donc, fini la sabbatique. 

C'est là que l'idée a germé de faire une tournée avec trois humoristes de la relève, finalement intitulée Patrick Groulx et ses p'tits pas fins en rodage. «Au lieu de faire 7-8 minutes comme une première partie normale, ils ont 15 minutes chacun. On a le temps de les découvrir, de voir leur style.»

En quelques mois, il a mis sur pied un spectacle de rodage qu'il présente à 14 occasions. Pourtant, rares sont les fois où la grande affiche placardée à la salle Thompson expose le mot rodage. C'est souvent l'apanage des plus petites salles, non?

«C'est un show complètement différent et parce qu'avec l'expérience, je sais que ça peut marcher en maudit des shows de rodage et ça peut être le fun aussi. J'ai un public qui vient voir mes rodages deux, trois et quatre fois pour voir le show évoluer. L'artiste est beaucoup moins confiant à la limite moins baveux.

Moi, je suis complètement shaké. Le public me dit que c'est une expérience, que c'est le fun. Les spectateurs ont l'impression que je suis plus proche d'eux. On a beau dire qu'en humour on n'a pas de quatrième mur, quand c'est testé, rodé à la virgule près, c'est correct aussi, c'est autre chose.»

C'est en exposant sans retenue une vulnérabilité qui est généralement maquillée d'une mécanique minutieusement huilée qu'il souhaite séduire le public.

«D'arriver là avec des feuilles... Je ne lis pas, mais j'ai des notes parce que je ne connais pas tous mes liens. Une fois, je suis parti sur une dérape d'improvisation qui a duré sept minutes. Une autre fois, j'ai déconné avec une madame dans la salle. Il y a cet élément de spontanéité.» 

Comme quoi il n'est pas facile de décrire exhaustivement ce spectacle. «C'est un laboratoire», illustre-t-il.

Dans ce terreau fertile à l'exploration et à l'expérimentation, Patrick Groulx précise son prochain one man show. «Je pense que je sais vers quoi je m'en vais. Ça va être le thème de l'ambition. J'aime bien comme titre Ambitieux, mais je peux changer d'idée 10 fois», lance-t-il en mentionnant la fin de 2018 pour la sortie souhaitée de ce nouveau spectacle, son troisième. 

«Je me rends compte que l'ambition nous habite. Elle peut nous aider et nous nuire aussi. Nous amener à des places qu'on ne pensait pas aller. Ça nous amène un esprit compétitif, de la jalousie. Ce que je pense, c'est qu'avec les réseaux sociaux, le gros mal en ce moment, c'est de ne jamais se sentir à la hauteur et ça, c'est un thème qui est venu me chercher, par rapport à nos enfants.

C'est quoi un bon parent maintenant? Comment se fait-il que je ne me sens pas à la hauteur? Ça aussi c'est de l'ambition. L'ambition de vouloir être parfait et parfois, j'ai l'impression que ça nous nuit.»

La comparaison, exacerbée par notre consommation, parfois excessive, des réseaux sociaux, fait également partie des thèmes qu'il souhaite explorer tout comme celui de la séparation. 

«Un moment donné, la performance, ça va faire! On fait des burnouts, on est malheureux. Là, ça a l'air sérieux mais je réussis à faire rire à travers ça.»

«On évolue avec nos shows, il n'y a rien de pire qu'un jeune qui essaie d'être mature ou qu'un vieux qui essaie d'avoir l'air cool. Il faut suivre son évolution. Je suis rendu là», constate-t-il ajoutant que la maturité a avivé son côté baveux, notamment en ce qui a trait aux enfants, au grand plaisir des parents présents dans la salle qui se défoulent aussi. «Il y a le côté un peu plus cru qui est encore là mais qui a mûri, je pense.»

«P'tits pas fins, très talentueux»

Patrick Groulx ne cache pas que la formule des «p'tits pas fins» lui a servi de béquille pour surmonter son angoisse.

«En ayant trois humoristes de la relève qui sont hot et rodés, je me disais: "Au moins le public aura eu 45 minutes de bon stock et au pire s'il faut qu'il me tough 45 minutes ben après ce sera fini"», rigole-t-il en ajoutant qu'il est bien soulagé que tout se passe bien au final.

«Il y a aussi quelque chose de paternel là-dedans, je suis rendu vieux», sourit-il.

«C'est trippant, c'est la génération Groulx luxe, ça ne me fait pas sentir jeune ça non plus, mais je suis content d'être en tournée avec eux», se réjouit-il.

Cette jeunesse lui permet aussi de remettre plusieurs aspects de sa carrière en perspective. «Je revis des affaires. Veux, veux pas, même si on ne veut pas tenir certaines choses pour acquises, on le fait pareil.

De revoir la lumière dans leurs yeux, je revis certains moments avec eux. C'est l'fun aussi de faire découvrir ces talents-là au public. Autant elle m'a angoissé cette tournée-là, autant j'ai du fun à la faire. Il y a quelque chose d'indescriptible. J'ai jamais vécu ça avant.»

Le public pourra donc découvrir les «p'tits pas fins très talentueux», Sam Breton, «un conteur hors pair», Maude Landry, «une découverte, j'aime tellement son style» et Mathieu Pepper, «un naturel, il est écoeurant». C'est à la salle J.-A.-Thompson le 24 février.

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