La noce: le festival du rire jaune

Dans le rôle de la tante alcoolo, Ève... (Stéphane Lessard)

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Dans le rôle de la tante alcoolo, Ève Lisée se paie une interprétation assez déjantée et plutôt réjouissante dans la pièce La noce que présentent les Nouveaux Compagnons en fin de semaine.

Stéphane Lessard

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François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La proposition du metteur en scène Stéphane Bélanger était théoriquement intéressante et même intrigante mais une idée est bien peu de chose sans sa réalisation. Or, au terme de la première de cette pièce de Robert Duparc jeudi soir, à la Maison de la culture, on peut dire que le metteur en scène a atteint son but en présentant un divertissement théâtral original et plutôt réjouissant.

Le seul titre de la pièce est éloquent puisque la pièce n'est finalement rien d'autre que ça: une noce québécoise cheap et traditionnelle à laquelle le public est invité. C'est là l'originalité de la proposition puisque les spectateurs prennent place dans la salle comme convives. Les gens sont invités à danser, prendre un verre, chanter avec les comédiens. D'ailleurs, jeudi, les spectateurs ont participé avec un certain enthousiasme grâce notamment à une trame musicale regorgeant de vieux succès de noces. Cependant, on a senti l'intérêt diminuer dans la seconde sauf pour le lancer du bouquet de la mariée qui a attiré sur la piste de danse plusieurs célibataires. 

Évidemment, La noce est aussi une pièce interprétée par pas moins de dix-huit comédiens et cinq figurants. Certains ne présentent qu'un court numéro où ils sont mis en valeur mais tous restent dans leur personnage du début à la fin de la représentation, le plus souvent silencieusement. 

Certains comédiens sont plus sollicités que d'autres. D'ailleurs, les comédiens les plus sollicités sont, au bout du compte, ceux qui se débrouillent le mieux dans cette brochette d'inégale valeur qui s'exécute sur un texte, il faut le dire, banal. 

La pièce est conçue comme un assemblage de très courtes scènes témoignant de ce qui peut survenir de pire dans un mariage au sein d'une famille dysfonctionnelle. Le taux d'alcoolémie augmentant dans le sang des invités, la bienséance se fissure et les petits conflits autant que les gros secrets se révèlent. Robert Duparc a choisi de tracer une caricature qui lui permet pas mal d'extravagances. Ça va du plausible à l'invraisemblable dans un crescendo qui trouve son apogée dans d'intenses numéros d'Yves Deguire et Ève Lisée. Cette dernière, dans le rôle de la tante alcoolo retient l'attention au sein d'une distribution dans laquelle Adamo Ionata ou Martin Bergeron, dans un rôle plus discret, manifestent un bel aplomb.

Il est assez évident que la mise en scène constituait un défi. Stéphane Bélanger a fait du beau travail pour coordonner le tout et fair ressortir chaque intervention pertinente dans le brouhaha ambiant. La pièce a péché par de petites longueurs en première partie alors que La noce a tardé à prendre son rythme jeudi soir, entraînant de légers malaises. 

Si le propos de la pièce était fort, on ne s'en formaliserait pas mais il est évident que La noce n'est qu'un simple divertissement. Duparc s'est refusé à élaborer un véritable propos au-delà de l'anecdote. Il y est, à la rigueur, vaguement question des faux-semblants, d'hypocrisie mais il est sûr que l'auteur déconstruit avec un malin plaisir et sur le ton de la comédie grinçante, les valeurs familiales traditionnelles. Pourquoi pas?

Ce divertissement humoristique et sans prétention est présenté de nouveau ce samedi, à 14 h et 20 h de même que dimanche, 14 h, à la salle Louis-Philippe-Poisson de la Maison de la culture.

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