Le souvenir d'une précieuse amitié

L'amitié liant l'humoriste bien connu François Léveillée, à... (Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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L'amitié liant l'humoriste bien connu François Léveillée, à gauche, au Trifluvien Pierre Jackson, décédé la semaine dernière, remontait à près de dix ans.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le décès du Trifluvien Pierre Jackson a provoqué de nombreuses réactions de tristesse chez ses amis au nombre desquels il faut mentionner l'humoriste François Léveillée, rejoint lundi en Floride.

L'humoriste n'a pas été surpris d'apprendre la mort de son ami puisqu'il l'avait vu il y a moins d'un mois.

«À l'automne, on avait mangé ensemble et il m'avait annoncé que le cancer était revenu et que les médecins cherchaient des façons d'intervenir. Comme on demeurait en contact, j'ai su qu'il avait subi un traitement en décembre et je suis allé à Trois-Rivières pour le voir à l'hôpital un peu avant Noël. À ce moment-là, il se savait condamné. Je m'attendais donc à la nouvelle.»

L'humoriste a été de plusieurs projets caritatifs mis sur pied par Pierre Jackson. «La première fois qu'il m'a contacté, il m'a dit d'emblée qu'il souffrait d'un cancer des os et qu'il ne lui restait que trois ou quatre ans à vivre et qu'il voulait monter un spectacle d'humour au profit de Leucan. J'étais un peu estomaqué, disons, parce que je ne le connaissais pas. Finalement, on a monté un premier gala d'humour à la salle Thompson; c'était en 2008, je pense.»

De mémoire, François Léveillée pouvait retracer quatre ou cinq événements dans le cadre desquels les deux hommes ont collaboré. En plus, Pierre Jackson lui a donné un coup de main à quelques reprises pour faire la promotion d'un album ou d'un de ses spectacles dans la région. Il est même allé jusqu'à faire de même pour sa fille Sarah Toussaint-Léveillée, venue notamment en spectacle à Trois-Rivières à l'automne. 

Leur plus récente collaboration professionnelle a été le spectacle présenté le 19 mai dernier au Cabaret spectacle le Satyre de Trois-Rivières dans lequel Pierre Jackson avait conçu une soirée humoristique dans laquelle il imaginait les propos des gens assistant à ses funérailles.

«Ça prenait quand même un esprit particulier et une forte dose d'autodérision pour faire ça, poursuit Léveillée. L'idée était venue de Jean-Michel Anctil à qui Pierre avait parlé de son projet lors de la soirée de lancement du deuxième album de Sarah. Il avait adoré le concept et l'avait adopté immédiatement.»

«À ce moment-là, il était en rémission et il y avait encore beaucoup d'espoir pour lui mais c'est sûr que la soirée avait une connotation particulière. Pierre avait incorporé au spectacle un choix de chansons qui lui tenaient à coeur, un numéro en compagnie de son fils, il parlait de sa famille dans ses monologues, etc. Tout ça dans une soirée qui, en quelque sorte, reproduisait ses funérailles. Inutile de dire que c'était très spécial et qu'il y avait beaucoup d'émotion dans l'air.»

Jackson a profité des divers galas d'humour qu'il a mis sur pied avec des vedettes établies du monde de l'humour québécois pour concrétiser son rêve de présenter lui-même des numéros de son cru. François Léveillée a été aux premières loges pour apprécier son talent.

«C'était un gars à fleur de peau et dès le moment où sur scène, quelqu'un est touchant, c'est énorme dans le succès d'un numéro. La première chose que je dis à un jeune humoriste, c'est de parler de lui pour qu'on s'attache: les gags prennent alors une tout autre signification. Pierre avait compris ça: il ne cherchait pas à faire rire à chaque ligne, il cherchait à faire sourire pour passer son message de cesser d'avoir peur de la mort. Je pense qu'il a réussi à tous points de vue.»

Léveillée admire encore le courage de son ami devant la maladie.

«Il parlait de son cancer comme si c'était un simple rhume. Il n'a jamais baissé les bras, même à l'hôpital, en décembre. Il conservait le moral d'acier que je lui ai toujours connu. C'était un bonhomme unique qui m'a appris que la maladie et la mort font simplement partie de la vie.

Il profitait pleinement de chaque jour de sa vie: il avait toujours des projets. J'embarquais spontanément dans ce qu'il me proposait parce que je savais que ça allait aboutir. Il aurait pu abdiquer devant certains défis qu'il s'est donné mais non, il allait toujours au bout de ses idées. Il était constamment en mode solution.»

«Sa maladie était secondaire: il vivait avec mais ne la laissait pas le ralentir. Sa conviction et son énergie étaient contagieux. Son dynamisme m'a poussé à convaincre plein de monde de participer aux galas qu'on a organisés. Avec Pierre, on ne se trompait pas: chaque projet était rattaché à une excellente cause.

Je n'ai jamais refusé de travailler avec lui parce que c'était toujours pour les bonnes raisons. Non seulement ça lui a permis de ramasser de l'argent pour différentes oeuvres mais ça lui permettait de transmettre un message très positif qui était peut-être plus important que l'argent qu'on amassait.»

François Léveillée ne cache pas que même attendue, la disparition de Pierre Jackson l'a ébranlé. «Bien sûr, j'ai de la peine: c'est certainement une des personnes les plus attachantes avec lesquelles j'ai eu la chance de travailler. Il m'a marqué. C'était un personnage tellement touchant et hors normes.

D'un autre côté, je sais que les derniers jours n'ont pas été faciles pour lui et c'est sûr qu'on ne veut pas voir un ami souffrir. Comme il m'a aussi beaucoup aidé à apprivoiser sa mort et la mort en général, ça prend une autre signification à mes yeux. Il m'a fait comprendre que la vie continue et que The show must go on

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