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Père fils thérapie: Avantage à la version québécoise

On retrouve dans Père fils Thérapie plusieurs comédiens... (Thierry Valletoux)

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On retrouve dans Père fils Thérapie plusieurs comédiens québécois dans des seconds rôles. Manuel Tadros y excelle pendant que Rachid Badouri fait du Rachid Badouri de façon efficace malgré l'accent.

Thierry Valletoux

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François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Émile Gaudreault savait probablement en réalisant De père en flic sorti en 2009 qu'il avait entre les mains un concept qui pouvait se vendre à l'international. C'est en France qu'il a fait un premier petit qui s'intitule Père Fils Thérapie et qui vient d'arriver sur nos écrans québécois.

Dans sa seconde mouture, le film est une curiosité plus qu'autre chose puisque Gaudreault reprend à l'intégral le scénario de l'original. Peut-être est-il pertinent de rappeler les grandes lignes du scénario puisqu'on attend pour juillet De père en flic 2?

Un type est une sorte de héros d'une escouade spéciale d'intervention de la police dans laquelle évolue son fils. Entre les deux hommes, pas d'atomes crochus. Ils héritent d'une mission plus spéciale que d'habitude: infiltrer un groupe de thérapie pour les pères et les fils dans lequel est inscrit l'avocat d'un chef de gang. Lui et son fils ont une relation pour le moins problématique. Comme le chef de gang a kidnappé un autre policier, les deux flics espèrent apprendre de cet avocat où leur collègue se trouve. Le duo de policiers devra cependant se plier aux exigences de la thérapie qui n'est pas, malgré son côté saugrenue, complètement inutile. 

De père en flic est le deuxième plus gros succès de l'histoire du cinéma québécois en termes de recettes. Normal que les producteurs aient pensé à investir d'autres marchés. L'original avait certainement trop de connotations purement québécoises pour arriver à percer dans la francophonie européenne mais le scénario était certainement adaptable. Tellement, qu'on ne l'a pratiquement pas adapté. 

On a remplacé les principaux interprètes par des Français, on a tourné la portion de thérapie en nature dans les magnifiques gorges du Verdon, modifié quelques broutilles pour faire une version made in France. 

Soyons honnête, cette adaptation n'a d'intérêt pour nous que par curiosité parce que c'est une sorte de clone. On a repris la plupart des gags à l'identique.

L'adaptation a transformé quelque peu le personnage du jeune policier qu'interprétait Louis-José Houde dans le film original. Celui-ci y était l'élément comique central et il était excellent. Waly Dia, qui tient ici le rôle, est dans un autre registre. Il a troqué la comédie pour une sensibilité un peu mièvre qui enlève du piquant au film. 

Il laisse beaucoup de place à Richard Berry, plutôt adéquat dans le rôle du papa exaspéré par l'inaptitude de son rejeton. Berry, dont la très fructueuse carrière lui a fait toucher à tout, est, en général, très à l'aise dans le registre comique. Il était excellent dans Nos femmes une comédie légère sortie en 2015. Vrai qu'il l'avait réalisée mais n'empêche, ça démontre qu'il maîtrise les ficelles de la comédie. 

Ici, il est desservi par un film qui manque de tonus. L'acteur donne même parfois l'impression de tourner un peu à vide. Certains dialogues par trop convenus ne l'aident certainement pas. 

Autant l'original était efficace, malgré son côté farfelu, autant cette reprise apparaît molle. Le personnage bien trop fade du fils policier n'y est sans doute pas étranger. Le personnage de l'avocat forcé à venir en thérapie avec son film semble mal défini. Jacques Gamblin, brillant acteur s'il en est un, ne passe pas du tout la rampe et n'arrive qu'à créer du malaise.   

Une surprise néanmoins dans la distribution: Julie Ferrier dans le rôle de la thérapeute, démontre un réjouissant tonus. 

N'empêche: tout ça ne lève pas et cette version risque de ne convaincre personne. Il est étonnant de constater combien un film peut s'effondrer simplement par une série de détails qui ne fonctionnent pas au mieux.

Au département des curiosités, on retrouve plusieurs comédiens québécois dans des seconds rôles. Des Québécois qui prennent avec plus ou moins d'aptitude, un accent français. Manuel Tadros y excelle pendant que Patrice Coquereau, pourtant toujours excellent, peine franchement. Rachid Badouri, de son côté, fait du Rachid Badouri de façon efficace malgré l'accent.

Au générique

Cote: **

Titre: Père fils Thérapie

Genre: Comédie

Réalisateur: Émile Gaudreault

Avec: Richard Berry, Waly Dia et Jacques Gamblin

Deux policiers, un père et son garçon, infiltrent une thérapie père-fils pour faire parler un témoin. 

Une reprise française un peu molle d'un grand succès du cinéma québécois pourtant transposé à peu près intégralement.

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