La liste de mes envies: rêves et réflexion

Marie-Chantal Perron incarne le personnage principal dans la... (La Presse)

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Marie-Chantal Perron incarne le personnage principal dans la pièce La liste de mes envies.

La Presse

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Kim Alarie
Kim Alarie
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Est-ce qu'un gain de 18 millions $ à la loterie est un laissez-passer pour le bonheur? Les conversations autour de ce sujet sont toujours rêveuses et résolument inépuisables.

Pourtant, la touchante réflexion qu'a faite Grégoire Delacourt à ce propos dans son roman La liste de mes envies a été un coup de coeur pour Marie-Chantal Perron qui est à l'origine de la version théâtrale québécoise de la pièce.

«Quand j'ai lu le livre, je me suis dit: ''Il faut que ça se retrouve sur scène, c'est trop touchant''», raconte l'actrice qui avait croisé M. Delacourt sur le plateau de Tout le monde en parle en 2012. 

Marie-Chantal Perron, qui incarne le personnage principal, a recruté Maryse Warda qui en était à sa première adaptation d'un roman pour la scène et Marie-Thérèse Fortin qui s'est vu confier le mandat de la mise en scène.

«On est vraiment une belle gang, on rigole», lance-t-elle en incluant aussi les comédiens qui l'épaulent dans la distribution soit Steve Laplante, Marc Legault, Annick Lemay et Tammy Verge.

L'histoire, c'est celle de Jocelyne, propriétaire d'un atelier de couture en région, qui mène une existence tranquille avec son mari Jocelyn, employé dans une usine. Même si elle rêve parfois de changer de vie, elle se contente des plaisirs simples et des petits bonheurs du quotidien.

Toutefois, après avoir cédé à la pression de ses amies, elle achète un billet de loterie qui se révélera être la clé de voûte pour la modique somme de 18 millions de dollars. 

«On est beaucoup dans le questionnement. On y parle du rapport à l'amour, des conflits qui surgissent quand on gagne un bon montant d'argent. Au lieu de s'emballer comme le feraient les gens de son entourage, elle entreprend une réflexion sur ce qui pourrait lui arriver si elle assumait ça. Jocelyne n'est pas dans la flamboyance», explique celle qui personnifie également Madeleine d'Unité 9.

Le populaire roman est principalement axé sur les réflexions du personnage principal, mais ce qui se lit bien n'est pas nécessairement facile à transposer au théâtre.

«Le grand défi, c'était de rendre l'histoire vivante. J'avais le goût qu'on voit les personnages dans l'aventure. Je ne voulais pas que ça se fasse au détriment de l'essence du roman», raconte Marie-Chantal Perron avec le ton pétillant qu'on lui connaît. «Il fallait rendre l'humanité de ces gens ordinaire.»

Malgré son côté humoristique assumé, la profondeur et le drame n'en sont pas moins présents. «Ce que je trouve beau dans l'adaptation et la mise en scène, c'est qu'on ne tombe pas dans la moralité, mais on demeure dans le questionnement.»

Comme toute oeuvre qui mélange plusieurs styles, le succès réside dans l'équilibre. Selon la Montréalaise, le bon mélange a été trouvé et le public embarque.

«Quand on rentre dans le drame, je sens que j'ai le public dans le fond de ma main et, quand tout flip, le public suit. C'est d'ailleurs un des commentaires qu'on a souvent. On n'a pas eu peur de rentrer dans le drame. Il fallait beaucoup de justesse.»

Plusieurs thèmes sont également mis de l'avant que ce soit la confiance en soi, l'amitié entre femmes ou la vision qu'ont les femmes de leur corps. «On n'a pas juste dépeint des gens qui voulaient un statut social, mais qui avaient surtout des valeurs du coeur.»

L'accueil du public est chaleureux pour cette production de Juste pour rire spectacles. «Je répète constamment à la gang qu'on a le vent dans le dos.» Cette brise les amènera d'ailleurs à la salle Thompson samedi.

La courte liste de Marie-Chantal

Marie-Chantal Perron n'a pas de préférence. Théâtre, télévision ou cinéma, elle n'a pas de chouchou. «Ce que je veux, c'est raconter une bonne histoire.» L'artiste avoue être privilégiée par le métier qu'elle a choisi. Avec Unité 9 et La liste de mes envies, elle disait avoir un horaire chargé à souhait. 

«Si une autre proposition m'arrivait, je ne sais pas si je pourrais accepter», lance-t-elle avec beaucoup d'humilité. En terminant, on ne peut s'empêcher de demander: «Que feriez-vous avec 18 millions de dollars?» 

«Je ne serais pas différente», confie-t-elle sur un ton posé qui lève le voile sur une réflexion qui a déjà été faite. 

«C'est certain que je ferais des folies», s'emballe-t-elle, un peu, en s'imaginant des voyages exotiques. Puis elle s'arrête. La liste n'est pas très longue. «J'ai la vie que j'ai souhaitée. Si ça m'arrivait tant mieux, mais je ne changerais pas de vie.»

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