Festival trad: la musique de nos gènes

La réunion des groupes De Temps Antan et... (Guillaume Morin, Folktograph)

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La réunion des groupes De Temps Antan et Le Vent du Nord dans le cadre du spectacle Solo amènera sept musiciens sur scène samedi soir à la Maison de la culture Francis-Brisson de Shawinigan. Le spectacle est présenté dans le cadre du Festival trad de Shawinigan du 24 au 27 novembre.

Guillaume Morin, Folktograph

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François Houde
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Culture Shawinigan a compris que la musique trad est inscrite dans les gènes du public d'ici même si cette musique du monde a défoncé les notions de frontières depuis longtemps.

En présentant la première édition de son Festival trad de jeudi à dimanche, l'organisme redonne une place amplement méritée à ce style qui, dans les fluctuations de son indice de popularité, n'a jamais cessé de nous habiter.

Le moment fort du Festival, c'est sans doute la présentation du spectacle Solo programmé samedi soir. Pour résumer le concept, on peut dire qu'un groupe de musique traditionnelle, c'est comme un verre de lait: un, c'est bien, deux, c'est mieux.

Le spectacle présenté à la Maison de la culture Francis-Brisson de Shawinigan le 26 novembre prochain s'en veut une probante illustration. Le public aura droit à la présence conjointe sur scène des groupes De Temps Antan et Le Vent du Nord pour 90 minutes de dansante énergie.

L'idée de cette réunion est née en 2009 lors d'un concert télévisé où les deux groupes avaient partagé la scène au Festival Mémoires et Racines. Et comme les deux formations se partagent aussi deux paires de frères, il y avait affinités. Pourquoi ne pas monter un spectacle en commun? Il aura fallu sept ans pour venir à bout des très lourds agendas des deux groupes.

«On a tout de suite senti une chimie naturelle entre nos deux groupes, de commenter Simon Beaudry du Vent du Nord depuis Namur, en Belgique, où le groupe est en tournée. Comme on partage maintenant une même équipe de gérance, ç'a facilité les choses. Une fois réunis, ça s'est fait tout seul. Les deux groupes, on a fait de nombreuses collaborations avec d'autres formations mais avec aucune, n'avons-nous autant d'atomes crochus.»

L'idée de base était de créer tout un spectacle de nouvelles chansons mais la raison, sous la forme d'un gérant, a fait comprendre aux musiciens que leur public fidèle allait réclamer certains succès de chaque groupe.

«On a peut-être la moitié du spectacle faite de chansons connues et l'autre moitié de matériel original, calcule Simon Beaudry. Nous et De temps Antan, nous n'avons pas exactement le même son, c'est vrai, mais on se connaît tellement qu'on a trouvé un terrain où tout le monde est à l'aise. Au Québec, les gens aiment la musique traditionnelle festive et on va davantage dans cette direction.»

«De notre côté, soumet André Brunet de De Temps Antan, on est dans le festif à plein. Nos chansons ont une petite tendance blues et rock and roll, un côté raw, comme on dit, alors que Le Vent du Nord a plus de finesse, une musique un peu plus veloutée. Nous, leurs chansons, on les rocke un petit peu!» 

«Si on se réunit, c'est pour que ça fasse la fête dans la salle, résume le violoneux. Ça arrive à un bon moment dans l'année, à l'approche des Fêtes mais aussi dans le temps puisque la disparition de la Bottine Souriante qui avait établi une tradition de tournée de spectacles en fin d'année avait laissé un vide dans le calendrier. On pourrait le combler avec ce spectacle.

Dès le moment où on l'a proposé aux diffuseurs, la réponse a été excellente et on se retrouve avec quatorze représentations programmées à travers la province dont le spectacle du 30 décembre au Métropolis lors duquel on va célébrer les 40 ans de la création de La Bottine souriante dont les membres seront présents.»

Nos deux interlocuteurs s'entendent dans un souhait que ce spectacle devienne une tradition annuelle. «La vente des billets va bon train et si la demande est là pour en faire une tradition, on ne demande pas mieux, dit Simon Beaudry. On est très occupés chacun de notre côté mais on aimerait tous jouer plus souvent au Québec.»

«Si, en plus, ce spectacle pouvait inspirer des jeunes à se lancer dans le trad, ce serait extraordinaire. Moi, poursuit André Brunet, j'ai baigné dans la musique traditionnelle quand j'étais jeune et j'ai toujours voulu en faire. J'ai étudié dans d'autres styles mais c'était toujours pour mieux revenir au trad.»

Et d'où vient donc ce titre de Solo pour un spectacle qui est précisément marqué par le collectif? «C'est le cri qu'on se lance sur scène pour appeler un des musiciens à faire un solo. Ça inspire la fête.»

La représentation de Shawinigan sera la deuxième de cette tournée de 14 spectacles, la première ayant eu lieu à Joliette, haut lieu s'il en est un, de la musique traditionnelle au Québec.

«Disons que ça commençait fort, sourit André Brunet. On était dans La Mecque du trad avec un public de connaisseurs et beaucoup de professeurs de musique du Cégep de Joliette. La réception a été excellente: ç'a levé!»

«Au départ, on s'imaginait qu'on pourrait peut-être faire sept spectacles et on était contents mais on est rendu à 14 en plus d'un autre à Toronto. C'est la preuve que la demande est là: il n'y a plus de groupes qui font un gros party à l'approche du temps des Fêtes. La musique traditionnelle connaît des hauts et de bas comme tous les styles mais elle ne disparaît jamais bien loin dans le coeur des Québécois.»

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