Plusieurs projets pour Alanis Obomsawin

Alanis Obomsawin signe des longs-métrages depuis plus de... (ONF)

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Alanis Obomsawin signe des longs-métrages depuis plus de 40 ans pour l'ONF. Ses réalisations, qui relatent la vie et les injustices des Premières Nations, lui ont permis de se faire reconnaître à l'échelle internationale.

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Photo: Francois Gervais14/09/16. TR, Journal. Bloc photo Felix St-Aubin
Félix St-Aubin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Une énième distinction a été décernée à la cinéaste engagée Alanis Obomsawin, mercredi, lorsqu'elle a mis le grappin sur le prix Albert-Tessier, qui couronne un artiste du grand écran dont la carrière et l'ensemble de ses oeuvres ont contribué à faire rayonner le cinéma québécois.

La première réalisatrice autochtone de la province, née au sud de la frontière américano-canadienne, dans l'État du New Hampshire, avant de s'installer sur la réserve d'Odanak et ensuite à Trois-Rivières, oeuvre depuis plus de 40 ans dans l'industrie cinématographique. Son travail a été remarqué par ses pairs, si bien qu'elle est aujourd'hui considérée et reconnue aux quatre coins du globe comme l'une des références au Canada à titre de documentariste.

Une multitude d'émotions ont envahi la principale concernée lorsqu'elle a eu vent qu'un tel honneur lui serait attribué. La surprise de recevoir un prix d'envergure qui provient du Québec a effectivement fait place à l'allégresse et la béatitude. 

Figure de proue du cinéma autochtone, Mme Obomsawin, d'origine abénaquise, a ajouté le prix Albert-Tessier à un palmarès fort bien garni. Cette réussite, donc, la cinéaste la doit notamment à sa passion pour faire avancer une cause qui lui tient grandement à coeur.

Ce désir de relater à tout un chacun la vie et les préoccupations des Premières Nations, tout en abordant des enjeux notables, a servi de bougie d'allumage à l'une des plus éminentes documentaristes d'un océan à l'autre.

Son inspiration, la dame de 84 ans la puise à la suite d'entretiens intimes avec des individus, qui, comme elle, désirent améliorer le cours des choses.

«Je suis tellement passionnée avec tout ce qui se passe [dans les milieux autochtones]. (...) J'entends des choses tellement extraordinaires. Je ne me fatigue jamais, ça me passionne d'écouter la vie des gens, comment ils ont survécu, ce qui s'est passé dans leur vie, etc. Pour moi, c'est très important», confie Mme Obomsawin.

L'éducation à l'avant-scène

Le mot retraite ne fait toujours pas partie de son vocabulaire. Comme elle aime si bien le dire, Mme Obomsawin détient encore le feu sacré et son affection pour le cinéma n'a d'égal que son ambition de mettre en lumière les sévices qui ont affligé les peuples autochtones.

D'ailleurs, elle considère que l'éducation est le point d'ancrage d'un redressement de la barque à ce propos.

«[Plus tard], je ne veux pas qu'on se souvienne de moi en particulier, mais surtout des documentaires que j'ai réalisés. Une des grandes raisons pour laquelle je fais ce travail, c'est pour éduquer et raconter l'histoire de notre peuple dans notre pays avec les injustices de tous les jours. C'est important de faire changer les attitudes des gens qui ont été éduqués à haïr notre peuple», expose-t-elle.

«On n'a qu'à penser aux livres qui se retrouvaient dans les écoles pendant tellement d'années. La première chose qui était enseignée voulait qu'on soit des sauvages et qu'on fasse du mal aux Blancs. C'était voulu que la haine soit portée envers nos peuples. Pour changer ça, il faut faire de l'éducation. Lorsque j'ai pris conscience de ces livres-là, c'est là que j'ai commencé à me révolter et à vouloir influencer les changements», renchérit-elle, ajoutant au passage que les efforts déployés permettent d'obtenir des résultats favorables, mais qu'il reste encore du chemin à parcourir pour modifier les idées préconçues.

Une étincelle bien présente

La passion du grand écran fait toujours partie de Mme Obomsawin. Cette dernière a récemment achevé la conception du long-métrage On ne peut pas faire deux fois la même erreur, présenté en première mondiale au Festival international du film de Toronto (TIFF).

Cette réalisation sera également projetée aux Rencontres internationales du documentaire de Montréal (RIDM) le vendredi 11 novembre. Elle traite des droits égaux et des services de santé des enfants qui vivent dans des réserves autochtones. 

À l'heure actuelle, la principale intéressée fignole l'élaboration de son 50e film. Sans surprise, celui-ci ne sera pas synonyme de dernier tour de piste pour la militante et pionnière du mouvement autochtone au sein du cinéma québécois.

Le documentaire en question, se nommant Norway House, devrait voir le jour à mi-chemin de l'année 2017. Avant même que la boucle soit bouclée sur son 50e ouvrage que déjà la cinéaste songe à ses prochaines oeuvres, spécifiant que tant et aussi longtemps qu'on ne la forcera pas à tirer sa révérence, elle continuera à faire ce qu'elle affectionne le plus dans son quotidien. Comme quoi un projet n'attend pas l'autre dans le jargon de Mme Obomsawin.

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