Contribuer à récrire l'histoire

Le documentariste Pierre Saint-Yves, à gauche, et l'historien... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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Le documentariste Pierre Saint-Yves, à gauche, et l'historien Yannick Gendron poursuivent leurs travaux pour étayer l'hypothèse selon laquelle Laviolette n'est pas le fondateur de Trois-Rivières mais que celui-ci est bel et bien Théodore Bochart.

François Gervais, Le Nouvelliste

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François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) L'historien trifluvien Yannick Gendron a déjà bousculé les idées reçues en étayant l'hypothèse selon laquelle le véritable fondateur de Trois-Rivières serait Théodore Bochart plutôt que Laviolette. Un bouquin qu'il publiera en novembre 2017 confirmera sa conviction.

Pour y arriver, le chercheur veut se rendre en France l'été prochain pour y consulter des archives permettant d'en savoir plus sur ce Théodore Bochart un héros de la Nouvelle-France.

Pour faire ce voyage, il sollicite l'appui financier de la population par l'intermédiaire d'une campagne de sociofinancement lancée sur la plateforme La Ruche/Mauricie. L'objectif visé est de 7000 $ pour une campagne de 45 jours.

En 2009, Sur les traces de Laviolette, un documentaire réalisé par Pierre Saint-Yves présentait l'hypothèse de Yannick Gendron sur le véritable fondateur de Trois-Rivières et ses arguments historiques.

«Le film a été une étape, explique Yannick Gendron, mais je n'ai jamais cessé de fouiller. Je ne suis pas à la recherche de la preuve irréfutable, je présente une nouvelle lecture de l'histoire. À travers le temps, les historiens ont volontairement ignoré des archives pour toutes sortes de raisons comme la religion, par exemple. Je pense que ça faisait bien l'affaire d'avoir un inconnu comme Laviolette pour remplacer Théodore Bochart dans les livres d'histoire, ce dernier étant protestant.»

Contrairement à Laviolette, il existe des preuves de la présence de Bochart à Trois-Rivières à l'époque de la fondation.

«On a des preuves qu'il a posé des gestes fondateurs, assure Yannick Gendron. C'est lui qui a supervisé la construction de l'habitation, lui qui faisait rapport à Champlain de la construction de Trois-Rivières. On a des preuves documentaires qu'il avait des discussions avec les populations amérindiennes locales non seulement quant à la traite des fourrures mais aussi pour faire embarquer des Jésuites vers l'Outaouais.

On sait aussi qu'il a posé des gestes de protocole, des privilèges réservés à des commandants, des chefs, des gens en autorité dans un endroit particulier. Ce sont les mêmes gestes que posaient Champlain à Québec.»

Lors des recherches en France, l'historien ne compte pratiquement rien trouver sur le rôle de Théodore Bochart à Trois-Rivières. Par contre, il pense en apprendre beaucoup sur sa carrière militaire.

«On sait qu'il a été capitaine de bateau, qu'il a eu des grades intéressants au sein de la Marine du roi de France et qu'il a été impliqué dans des batailles navales importantes. Les journaux de l'époque ont rapporté les batailles auxquelles il a participé. Il n'y a pas beaucoup de personnages de l'histoire de la Nouvelle-France qui ont eu des carrières militaires aussi florissantes.»

Alors que beaucoup des héros de notre histoire ont ce statut en fonction de leurs actions sur le strict territoire de la Nouvelle-France, en voici un qui a aussi gagné ses lettres de noblesse en combattant pour la France jusqu'à mourir au champ de bataille.

«C'est tout à fait étonnant que pareil personnage ait pu être ignoré par les historiens jusqu'à aujourd'hui, soutient Yannick Gendron. Il est de plus en plus évident à mes yeux que monsieur de Laviolette et Théodore Bochart ont tous les deux existé et cohabité mais que le rôle de Laviolette a été beaucoup moins important que celui qu'on lui a donné dans l'histoire.»

Il faudra du temps pour changer l'histoire officielle, mais Yannick Gendron estime que son ouvrage, une fois complété, pourrait contribuer à faire reconnaître Théodore Bochart. Certains historiens ont déjà reconnu l'intérêt de ses découvertes.

«Pour l'instant, mon hypothèse est difficile à réfuter et aucun spécialiste ne l'a fait officiellement. Je pense que je vais amener les historiens à se questionner. Après avoir étoffé le personnage et mon hypothèse, l'objectif est d'arriver à la conclusion définitive que Théodore Bochart est bien le fondateur de Trois-Rivières et je pense que les historiens universitaires vont être amenés à cette conclusion-là avec les éléments que je vais apporter dans le livre.»

L'objectif de 7000 $ de la campagne de sociofinancement couvrirait les coûts associés à la recherche en France dans divers fonds d'archives. Si on devait dépasser ce montant au bout des 45 jours, l'argent supplémentaire sera consacré à la réalisation d'un nouveau documentaire, toujours de Pierre Saint-Yves, venant dresser le portrait complet de Bochart. 

Le public peut contribuer par la plateforme Internet La Ruche (laruchequebec.com) sous l'appellation: Théodore Bochart, véritable fondateur de Trois-Rivières.

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