Tout est question de perspective

Clarence Quirion Nolin, à gauche, et Shawn Davis... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Clarence Quirion Nolin, à gauche, et Shawn Davis forment le duo Hoarkor qui offre cette installation intrigante dans le cadre de l'exposition qu'ils présentent au Centre de diffusion Presse Papier jusqu'au 18 décembre.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le nom un peu étrange de Hoarkor ne vous est peut-être pas familier mais il est probable qu'après une visite au Centre de diffusion Presse Papier d'ici au 18 décembre, vous vous souviendrez de ce duo d'artistes et serez curieux de voir leur évolution.

Clarence Quirion Nolin et Shawn Davis confondent leurs identités individuelles depuis 2010. La magie de cette union, c'est qu'ils ne se perdent pas dans une troisième identité mais la nourrissent. L'installation qu'ils présentent au Centre de diffusion Presse Papier témoigne d'une harmonie qui transcende son aspect résolument éclaté. Les deux compères partagent une vision originale.

Plus tournés vers les graffitis, murales et autres arts de rue, Hoarkor est pourtant bien à sa place dans la galerie de la rue Saint-Antoine. Quitte à voir moins grand, les deux compères pouvant volontiers aller vers le gigantisme. 

Ici, ils expérimentent l'anamorphose. Leur installation qui emprunte à la sculpture autant qu'au dessin, prend tout son sens à partir d'un point très précis de la salle où toutes les lignes se complètent devant l'oeil du spectateur. Dès qu'on quitte ce point privilégié, la sculpture se décompose. En émanent les éléments constituants tels qu'en eux-mêmes. C'est ludique, astucieux, intrigant, sympathique. 

L'exposition est complétée par quatre oeuvres en deux dimensions qui sont unies à l'installation par un certain style et par une référence aux fourmis, la constante de l'ensemble.

«C'est la première fois qu'une référence à un animal apparaît dans une de nos oeuvres, plaide Clarence. C'est apparu inconsciemment en cours de route. Ça s'est imposé sans qu'on sache trop bien d'où ça sortait. J'ai l'impression qu'il y a là un filon à exploiter dans le futur.»

«Nous travaillons énormément, ajoute Shawn. Nous sommes constamment en création sans compter qu'on a aussi un emploi en parallèle. Il y a là un lien évident avec les fourmis qui n'ont l'air de rien prises individuellement mais qui, en unissant leurs efforts, arrivent à créer des choses remarquables.» 

Cela dit, les fourmis suscitent aussi une certaine aversion et elles apparaissent comme un élément perturbateur même dans leur oeuvre. D'ailleurs, un élément central de leur installation est un tamanoir voué à se payer un pique-nique des nombreuses fourmis représentées sur les murs de la salle.

«Du point de vue esthétique, indique Shawn, nous partageons une même vision mais nous avons des habiletés et des forces complémentaires. Nous sommes comme des frères. On peut avoir des divergences et des discussions vraiment intenses au cours du processus créatif mais il n'y a jamais d'amertume. J'ai déjà essayé de travailler avec d'autres artistes et ça n'a jamais marché mais avec Clarence, c'est parfait.»

«Dans cette installation, on a mis trois mois à élaborer le concept, à décider ce qu'on voulait illustrer et comment le faire. Après, ç'a été un travail de totale collaboration; on ne travaille pas séparément, tout est fait conjointement.»

«C'était la première fois qu'on abordait l'anamorphose et il nous a fallu comprendre ensemble la structure, poursuit Clarence. On avait une vision avec un jeu de perspectives mais il fallait que la réalisation arrive à rendre le concept et franchement, on a bien réussi.»

Du côté de Presse Papier, la présidente de l'organisme Frédérique Guichard se réjouissait d'accueillir une exposition de ce type. 

«On a visé un art public; pop, même. C'est nouveau pour nous et la conclusion est très positive. Hoarkor est arrivé avec un projet original mais il restait à voir ce que ça donnerait concrètement et franchement, nous avons eu une très bonne surprise. C'est une façon de présenter quelque chose de différent en galerie en allant plus loin que de simplement habiller les murs.»

«J'espère que ça va attirer le grand public parce que c'est à lui que ça s'adresse. C'est ludique, réjouissant et ça s'inscrit dans une volonté qu'on a à l'atelier de sortir du cadre, de sortir la gravure de son élément de papier traditionnel pour aller plus loin. Là, on en a un bel exemple, très accessible.»

Le Centre de diffusion a décidé d'allonger la durée de l'exposition à presque deux mois, histoire de donner au public plus de temps pour en profiter. La galerie est ouverte du mardi au vendredi, de 10 h à 12 h et de 13 h 30 à 16 h de même que les samedis et dimanches, de 14 h à 17 h.

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