Jean-Michel Anctil: humour et humilité

Jean-Michel Anctil sera de passage à la salle... (La Presse)

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Jean-Michel Anctil sera de passage à la salle Thompson vendredi et samedi avec son nouveau spectacle Je4n-Michel.

La Presse

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Kim Alarie
Kim Alarie
Le Nouvelliste

Jean-Michel Anctil ne tient rien pour acquis. Surtout pas le succès de son quatrième spectacle. Il a travaillé fort et même accepté de faire un pas en arrière pour que son retour sur scène soit à la hauteur.

«Je savais que la marche était haute mais je ne voulais pas que ce soit la marche qui me fasse débouler l'escalier. J'ai mis les bouchées doubles.»

Pour Je4n-Michel, son nouveau one man show qu'il présentera à deux reprises (vendredi et samedi) à la salle J.-A.-Thompson, il aborde les thèmes du changement et du regard des autres. 

«Je commence le spectacle en parlant des petits moments parfaits. On constate qu'ils sont parfaits seulement une fois qu'ils sont passés. Je parle aussi de mes défauts, du fait de vieillir et de mon poids.»

Ces thèmes ne sont pas révolutionnaires mais leur trame de fond véridique en font leur richesse. «Même si ça part de moi, je me rends compte que mes histoires trouvent écho chez les gens. Avec les commentaires que je reçois, je constate que je ne suis pas le seul à vivre ça.

Mon frère (également metteur en scène) m'a dit: ''Quand ça part de la vérité, tu ne peux pas te tromper''. C'est particulièrement le cas pour le numéro qui parle d'une cicatrice que j'ai. À chaque fois que je termine ce numéro, je suis dans l'émotion et ça se sent, parce que c'est vrai», raconte-t-il avec un ton calme et posé. 

«Le but n'est pas à la base de passer un message ou de dénoncer des affaires, mon but est de faire rire. En même temps si tu peux toucher et allumer des petites lumières, eh bien tant mieux!»

Il aura fallu plus de temps que prévu mais finalement la lumière a pris sa place.

«Je ne voulais pas sortir un spectacle juste pour en sortir un. Je voulais que les gens sachent que j'ai suivi la parade», indique l'humoriste qui cumule plus de 20 ans de métier.

La tendance n'est plus aux personnages dans les spectacles d'humour? Jean-Michel Anctil aimait trop les siens pour les mettre au rancart.

«J'ai adapté mon show de sorte que les personnages ne sont pas amenés comme avant. Le spectacle dure 1 h 45, sans entracte, je ne voulais pas qu'il y ait des coupures dans ce que je raconte. Les personnages s'intègrent dans cette histoire.»

Au final, il aura fallu une bonne dose d'humilité pour arriver à accoucher de ce spectacle. Quand il a commencé à travailler sur le projet, ça ne marchait tout simplement pas. «Je ne suis pas un chanteur pour écrire mes peines. Si à la base tu n'as pas de plaisir, comment tu vas faire rire du monde?» 

Il a alors informé son équipe de coauteurs qu'il «tirait la plug». C'était la première fois que le processus d'écriture était si douloureux. Heureusement, le plaisir est revenu, sur le bord d'une piscine dans le sud avec un carnet et un crayon à la main. «Seulement, le fait d'écrire à la main ça m'a inspiré et le fait de ne pas me mettre de pression pour sortir un show pour l'été.»

«J'ai même fait des choses que je déteste faire. Répéter. J'hais ça répéter devant des sièges vides!», confie-t-il avec conviction. C'était pour lui une manière de prouver à son public qu'il ne s'assoit pas sur sa notoriété et qu'il fait encore ses devoirs.

«C'est un travail d'humilité. J'étais content de le faire même si ça ne me faisait pas plaisir», raconte-t-il à propos des soirées où il a rodé ses shows dans les bars aux côtés de jeunes loups qui le regardaient avec un air défiant. «J'arpentais les coulisses de long en large et j'avais le shake» ajoute-t-il pour décrire son état d'esprit.

Faire rire... même l'équipe technique

Chaque soir, le défi est de ne pas «jouer le même disque» et l'indicateur est le rire de l'équipe technique. «Je rajoute des petites affaires dans le show. Quand je me fais rire, je fais rire mon équipe. Le show n'est jamais pareil. Je commence toujours mes spectacles de façon différente. J'aime me surprendre et surprendre mon équipe», raconte-t-il tout en ajoutant que son passé d'improvisateur est un atout.

Entre les planches et l'écran

En plus de promener son matériel partout au Québec, Jean-Michel Anctil tient la vedette dans la série Mes petits malheurs qui est diffusée sur les ondes de Radio-Canada les lundis à 19 h 30. 

Son autre gros projet de l'automne est le tournage du film Nous sommes les autres où il tient la vedette avec Pascale Bussières et Émile Proulx-Cloutier.

«J'avais le syndrome de l'imposteur quand je suis arrivé sur ce plateau. Tsé l'humoriste qui vient jouer au cinéma... et comme c'est mon premier premier rôle, je ne voulais pas décevoir. Je suis très content des commentaires jusqu'à maintenant.» La sortie est prévue pour 2017.

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