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Immense défi pour le Musée québécois de culture populaire

Jean Asselin, présidente du conseil d'administration du Musée... (François Gervais)

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Jean Asselin, présidente du conseil d'administration du Musée québécois de culture populaire.

François Gervais

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Kim Alarie
Kim Alarie
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Au lendemain de la démission du directeur général du Musée québécois de culture populaire, Yvon Noël, le défi s'annonce immense. C'est ce que convient Jean Asselin le président du conseil d'administration. «C'est juste que ça n'arrive pas au meilleur moment. Il n'y a jamais de bons moments. On est capable en tant que gestionnaire et institution de prendre le virage qu'il faut.»

M. Asselin réitère qu'il n'y a pas de parallèle entre la démission du directeur général et les difficultés financières du musée. «Il n'y a pas de lien. Ce sont des raisons personnelles de santé qui l'ont amené à tirer sa révérence.»

L'équipe travaille maintenant à préparer les balises pour l'embauche du prochain DG.

«Les comités sont déjà en place pour établir un profil de compétences et d'expérience. Entre-temps, on est en période de réflexion au comité exécutif et au conseil d'administration pour voir comment on va assumer cette transition-là de la manière la plus élégante possible», mentionne M. Asselin qui n'exclut pas que le prochain directeur soit issu d'un autre milieu que celui de la culture. «En autant que le profil de la personne corresponde au notre, la porte est ouverte.» Jean Asselin assurera lui-même l'intérim pour les prochains jours.

«S'il n'y a pas de changement, le musée ne passera pas au travers»

La récente restructuration du programme d'Aide au fonctionnement des institutions muséales a eu un impact énorme sur la subvention qui était versée annuellement au Musée québécois de culture populaire. Sur quatre ans, les coupes se chiffrent à 1,6 million comparativement à la subvention annuelle de 2015-2016, selon de président du C.A.

«S'il n'y a pas de changement, le musée ne passera pas au travers. Par ailleurs, on n'est pas là à attendre que l'État-providence vienne à notre rescousse. On a un bon bout de chemin à faire, on a à diversifier nos sources de revenus. À partir du moment où on a la volonté de le faire et qu'on prend les moyens pour le faire, je ne vois pas pourquoi on n'aurait pas de résultats.» 

«Si cette subvention, récurrente depuis 2003, s'était poursuivie, on aurait la capacité de fonctionner normalement. On a effectué des réorganisations et des coupes de personnel, on était capable de vivre avec ça. Mais ces compressions-là nous rentrent dans le corps», ajoute-t-il.

La rencontre avec la direction régionale du ministère de la Culture et des Communications n'a pas apaisé M. Asselin. «Les réponses qu'on a eues, ce sont les règles qui ont été appliquées, point à la ligne. Je les connais les règles. Alors il faut aller à un autre niveau», relate-t-il. «On se fait dire qu'on en avait trop mais les règles prévalaient à l'époque... De nous dire après coup qu'on en avait trop et qu'il faut qu'on nous l'enlève...», mentionne M. Asselin affirmant que ça fera partie du discours qu'il va livrer lors de sa rencontre au ministère.

«On veut s'assurer que le ministère, dans la plus haute direction, est conscient de la réalité dans laquelle nous sommes. On a un statut particulier parce qu'on a une mission nationale unique en culture populaire», déclare-t-il. Il mentionne également que plusieurs facteurs particuliers au musée n'ont pas été pris en compte. «Nous avons 30 000 pieds carrés de superficie et une vieille prison qu'il faut entretenir. On ne peut pas tirer une ligne pour dire que tous les musées sont égaux, c'est pas vrai.»

Pour le moment, le sentiment d'urgence se fait sentir. «Il n'y a pas que la conjoncture du départ du DG et des coupes budgétaires, il y a aussi nos projets qui étaient en cours et qui devaient aboutir dans un horizon d'un an. Avec une telle compression, on n'aura pas la capacité financière pour compléter le manque à gagner, il faut aller se chercher des revenus ailleurs. [...] Le temps presse.»

Loin d'être découragé, Jean Asselin se dit surtout prêt à se relever les manches. «Ça nous incite à trouver des moyens alternatifs pour améliorer notre situation financière par d'autres sources de revenus comme les commandites et les partenariats. On planche là-dessus», soulignant l'embauche récent d'une directrice du développement des affaires. «Des moyens, on en génère, on en trouve et on est créatif et c'est certain que ça va mettre davantage notre ingéniosité à contribution mais je vis d'espoir, je suis optimiste.»

Quand on lui demande s'il n'est pas tenté de quitter le navire lui aussi, il mentionne qu'il sera le dernier à sauter. «On a un instinct de vie et de survie et c'est là-dessus qu'on se rabat pour être en mesure de mieux sauter vers l'avant et vers l'avenir.»

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