Bob Dylan reçoit le Nobel de littérature

Bob Dylan... (AFP, Philippe Lopez)

Agrandir

Bob Dylan

AFP, Philippe Lopez

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Agence France-Presse
Stockholm

Le chanteur et compositeur Bob Dylan, 75 ans, qui vient d'être honoré du prix Nobel de littérature est une légende vivante de la musique populaire américaine du XXe siècle aux textes poétiques et engagés qui a influencé des générations d'artistes.

«Bob Dylan écrit une poésie pour l'oreille», a fait valoir jeudi la secrétaire générale de l'Académie suédoise des prix Nobel, Sara Danius.

Du troubadour folk des cabarets de Greenwich Village à New York, à l'aube des sixties, jusqu'à la supervedette décorée en mai 2012 par un de ses «fans», le président américain Barack Obama, Robert Allen Zimmerman de son vrai nom a toujours suivi son propre chemin de génie musical, rebelle et imprévisible.

Ce petit-fils d'immigrants juifs russes né à Duluth (Minnesota) continue de promener son harmonica et sa guitare aux quatre coins de la planète même s'il s'est fait plus rare ces dernières années sur scène et dans les médias.

Il s'est produit le week-end dernier et doit encore jouer vendredi au festival des légendes du rock Desert Trip, en Californie. Le chanteur des Rolling Stones Mick Jagger lui a rendu hommage et le guitariste s'est surtout mis au piano, terminant avec Masters of War, son titre de 1963 sur les prémices de la Guerre Froide.

Bien qu'il n'ait signé qu'un petit nombre de grands albums après l'apothéose créative des années 1965-1975, il reste, au même titre que le tandem Lennon-McCartney, l'un des chanteurs-auteurs-compositeurs les plus influents de l'histoire de la musique, maintes fois recopié, jamais égalé.

Fiasco du premier album 

Dans sa jeunesse, à l'instar de la plupart des adolescents américains, Bob tombe sous le charme du rock avec Elvis Presley et Jerry Lee Lewis avant de former son propre groupe.

En 1959, étudiant à l'Université de Minneapolis, il découvre les pionniers du blues, du country et du folk: Robert Johnson, Hank Williams et Woody Guthrie. À cette époque, il adopte le nom de scène de Bob Dylan.

Abandonnant les études, il déménage à New York en 1961 pour fréquenter la scène musicale embryonnaire de Greenwich Village.

Son premier album Bob Dylan (1962) est un fiasco. La percée se produit en 1963 avec l'album The Freewheelin' Bob Dylan et ses deux titres folk de protestation: Blowin' in the Wind, chanson pacifiste qui sera un hymne des années 60 contre la guerre au Vietnam et A Hard Rain's A-Gonna Fall.

En 1963, il participe à la Marche sur Washington autour de Martin Luther King.

The Times They Are A-Changin' est le morceau qui donne le titre à son troisième album en 1964. Son succès assoit sa réputation, alors qu'il s'éloigne du mouvement contestataire américain. En guise d'adieu, il écrit It Ain't Me Babe dans l'album significativement appelé Another side of Bob Dylan.

Il se lie avec la chanteuse Joan Baez avec qui il forme un temps le couple du «roi et de la reine du folk».

En 1965, avec l'album Bringing It All Back Home - une collection acoustique et électrique qui choque les puristes du folk - il transforme l'écriture des chansons en fusionnant ses textes poétiques et surréalistes avec le rythme rock.

Lunettes noires et chapeau 

Son chef-d'oeuvre Highway 61 revisited (1965) avec la chanson Like a Rolling Stone et le double album Blonde on Blonde (1966) atteignent les sommets du rock-folk.

Ses lunettes noires, ses boucles et son chapeau, le transforment définitivement en icône.

En 1966, après un accident de moto, il se retire vivre avec sa femme Sara, épousée l'année précédente.

Il revient en 1969, avec l'album purement folk John Wesley Harding, suivi par Nashville Skyline et ses mélodies country en duo avec Johnny Cash. De plus en plus il se détache des fans de folk et des milieux de gauche, refusant d'être l'étendard des contestations et des luttes de l'époque.

Après le très critiqué Self Portrait réalisé en 1970 avec des reprises, Bob Dylan reste discret jusqu'en 1975 quand paraît Blood on the Tracks, né durant sa séparation avec Sara.

À la fin des années 70, il découvre le christianisme et déroute une partie de ses admirateurs.

Depuis les années 80, son extraordinaire créativité s'est tarie, mais il parcourt la route sans relâche, sans toujours convaincre. Il était l'été 2012 en France au festival des Vieilles Charrues, où sa prestation a déçu. En 2011, il s'est produit pour la première fois dans un concert controversé en Chine, et au Vietnam.

Dans son 37e album studio sorti en mai, Fallen Angels, il interprète des standards américains popularisés par le crooner Frank Sinatra, avec un dépouillement classiquement «dylanien».

Le chanteur-compositeur à eu de nombreux imitateurs dans les années 1970 et influencé de nombreux artistes, Leonard Cohen, David Bowie, Jackson Browne, The Doors, Bruce Springsteen, Talking Heads, The Clash, Nick Cave ou Lenny Kravitz.

«Là où l'on crée de la grande musique rock, il y a l'ombre de Bob Dylan, encore et toujours», affirme Bruce Springsteen.

Quelques textes de Bob Dylan

BLOWIN' IN THE WIND, 1962

(paroles et musique de Bob Dylan)

1962 Warner Bros. Inc

1990 Special Rider Music

How many roads must a man walk down

Before you call him a man?

Yes, 'n' how many seas must a white dove sail

Before she sleeps in the sand?

Yes, 'n' how many times must the cannon balls fly

Before they're forever banned?

The answer, my friend, is blowin' in the wind,

The answer is blowin' in the wind.

THE TIMES THEY ARE A-CHANGIN'

(paroles et musique de Bob Dylan)

1963, 1964 Warner Bros. Inc

1991, 1992 Special Rider Music

Come senators, congressmen

Please heed the call

Don't stand in the doorway

Don't block up the hall

For he that gets hurt

Will be he who has stalled

There's a battle outside

And it is ragin'.

It'll soon shake your windows

And rattle your walls

For the times they are a-changin'.

A HARD RAIN'S A-GONNA FALL

(paroles et musique de Bob Dylan)

1963 Warner Bros. Inc

1991 Special Rider Music

Oh, what'll you do now, my blue-eyed son?

Oh, what'll you do now, my darling young one?

I'm a-goin' back out 'fore the rain starts a-fallin',

I'll walk to the depths of the deepest black forest,

Where the people are many and their hands are all empty,

Where the pellets of poison are flooding their waters,

Where the home in the valley meets the damp dirty prison,

Where the executioner's face is always well hidden,

Where hunger is ugly, where souls are forgotten,

Where black is the colour, where none is the number,

And I'll tell it and think it and speak it and breathe it,

And reflect it from the mountain so all souls can see it,

Then I'll stand on the ocean until I start sinkin',

But I'll know my song well before I start singin',

And it's a hard, it's a hard, it's a hard, it's a hard,

It's a hard rain's a-gonna fall.

TALKING NEW YORK

(paroles et musique de Bob Dylan)

1962, 1965 Duchess Music Corp.

1990, 1993 MCA

Wintertime in New York town,

The wind blowin' snow around.

Walk around with nowhere to go,

Somebody could freeze right to the bone.

I froze right to the bone.

New York Times said it was the coldest winter in seventeen years;

I didn't feel so cold then.

CHIMES OF FREEDOM

(paroles et musique de Bob Dylan)

1964 Warner Bros. Inc

1992 Special Rider Music

Far between sundown's finish an' midnight's broken toll

We ducked inside the doorway, thunder crashing

As majestic bells of bolts struck shadows in the sounds

Seeming to be the chimes of freedom flashing

Flashing for the warriors whose strength is not to fight

Flashing for the refugees on the unarmed road of flight

An' for each an' ev'ry underdog soldier in the night

An' we gazed upon the chimes of freedom flashing.

SUBTERRANEAN HOMESICK BLUES

(paroles et musique de Bob Dylan)

1965 Warner Bros. Inc

1993 Special Rider Music

Maggie comes fleet foot

Face full of black soot

Talkin' that the heat put

Plants in the bed but

The phone's tapped anyway

Maggie says that many say

They must bust in early May

Orders from the D. A.

Look out kid

Don't matter what you did

Walk on your tip toes

Don't try «No Doz»

Better stay away from those

That carry around a fire hose

Keep a clean nose

Watch the plain clothes

You don't need a weather man

To know which way the wind blows

BALLAD OF A THIN MAN

(paroles et musique de Bob Dylan)

1965 Warner Bros. Inc

1993 Special Rider Music

You raise up your head

And you ask, «Is this where it is?»

And somebody points to you and says

«It's his»

And you say, «What's mine?»

And somebody else says, «Where what is?»

And you say, «Oh my God

Am I here all alone?»

Because something is happening here

But you don't know what it is

Do you, Mister Jones?

LIKE A ROLLING STONE

(paroles et musique de Bob Dylan)

1965 Warner Bros. Inc

1993 Special Rider Music

You never turned around to see the frowns on the jugglers and the clowns

When they all come down and did tricks for you

You never understood that it ain't no good

You shouldn't let other people get your kicks for you

You used to ride on the chrome horse with your diplomat

Who carried on his shoulder a Siamese cat

Ain't it hard when you discover that

He really wasn't where it's at

After he took from you everything he could steal.

How does it feel

How does it feel

To be on your own

With no direction home

Like a complete unknown

Like a rolling stone?

TANGLED UP IN BLUE, 1974

(paroles et musique de Bob Dylan)

She lit a burner on the stove and offered me a pipe

«I thought you'd never say hello,» she said

«You look like the silent type.»

Then she opened up a book of poems

And handed it to me

Written by an Italian poet

From the thirteenth century.

And every one of them words rang true

And glowed like burnin' coal

Pourin' off of every page

Like it was written in my soul from me to you,

Tangled up in blue.

IDIOT WIND, 1974

(paroles et musique de Bob Dylan)

1974, 2002 Ram's Horn Music

Someone's got it in for me, they're planting stories in the press

Whoever it is I wish they'd cut it out but when they will I can only guess.

They say I shot a man named Gray and took his wife to Italy,

She inherited a million bucks and when she died it came to me.

I can't help it if I'm lucky.

People see me all the time and they just can't remember how to act

Their minds are filled with big ideas, images and distorted facts.

Even you, yesterday you had to ask me where it was at,

I couldn't believe after all these years, you didn't know me better than that

Sweet lady.

Idiot wind, blowing every time you move your mouth,

Blowing down the backroads headin' south.

Idiot wind, blowing every time you move your teeth,

You're an idiot, babe.

It's a wonder that you still know how to breathe.

DARK EYES

(paroles et musique de Bob Dylan)

1985 Special Rider Music

Oh, the gentlemen are talking and the midnight moon is on the riverside,

They're drinking up and walking and it is time for me to slide.

I live in another world where life and death are memorized,

Where the earth is strung with lovers' pearls and all I see are dark eyes.

Avec Associated Press

Lauréats des 10 dernières années

2016: Bob Dylan (États-Unis)

2015 : Svetlana Alexievitch (Bélarus)

2014 : Patrick Modiano (France)

2013 : Alice Munro (Canada)

2012 : Mo Yan (Chine)

2011 : Tomas Tranströmer (Suède)

2010 : Mario Vargas Llosa (Pérou/Espagne)

2009 : Herta Müller (Allemagne)

2008 : Jean-Marie Gustave Le Clézio (France)

2007 : Doris Lessing (Grande-Bretagne)

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer