Robert Charlebois, le funambule

Charmé par l'hommage qui lui a été rendu... (Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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Charmé par l'hommage qui lui a été rendu par le Cirque du Soleil cet été, Robert Charlebois revient en terre trifluvienne le temps de présenter son spectacle Rock'oustic au Théâtre du Cégep de Trois-Rivières vendredi.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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Kim Alarie
Kim Alarie
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) «Ce sont les 50 premières années qui ont été les plus difficiles», rigole Robert Charlebois au bout du fil. Visiblement, l'homme de 72 ans n'a rien perdu de son sens de l'humour et de son énergie. «Je suis une insulte à la médecine», lance-t-il quand on lui demande s'il est toujours en forme.

«En vieillissant, on ne force pas inutilement et on force aux bonnes places. L'expérience finit par compenser pour la fougue de la jeunesse. Il faut bien que ça serve à quelque chose de vieillir.»

Donc, pas d'inquiétude à avoir pour le spectacle de vendredi au Cégep de Trois-Rivières. L'homme est en pleine possession de ses moyens et toujours aussi innovateur. 

«J'ai une nouvelle approche de la musique. Le spectacle s'intitule Rock'oustic parce que c'est à la fois très rock et acoustique mais ce sera des hits, des hits et encore des hits», lance le monument de la chanson francophone. Avec un répertoire aussi généreux, il faut faire des choix pour se limiter à 1 h 40 de spectacle.

«C'est un problème», lance-t-il sans ambages. «On est des funambules. On marche sur un fil de fer. Si on change trop, les gens disent: "c'est pu comme avant" et si on fait toujours les même choses, ils disent: "c'est toujours pareil". La ligne est assez mince. En résumé, il faut toujours faire la même chose sans que ce soit pareil», déclare-t-il avant d'éclater d'un rire sincère. 

Les instruments aussi changent. «J'ai un nouveau band et j'arrive avec une nouvelle guitare (son ancienne a été vendue à l'encan cet été pour une bonne cause). Je me suis acheté la guitare de mes rêves, une contrebasse électroaccoustique de couleur ivoire que vous allez découvrir à Trois-Rivières.» 

Des découvertes, il en promet puisqu'il avoue avoir une complicité avec son équipe qui lui permet d'improviser en fonction des réactions de la foule.

«On le fait pas assez à mon goût», laisse-t-il tomber. «Il n'y a jamais deux shows pareils dépendant de la salle.»

Quand on lui demande ses attentes par rapport au public trifluvien, il lance d'emblée que les gens doivent s'enlever de la tête ce qu'ils ont vu au Cirque du Soleil.

«Ça n'a rien à voir!», avertit-il avant de lancer que la région est une destination qu'il privilégie notamment pour son pélerinage annuel sur les eaux du lac Saint-Pierre durant la saison de la chasse au canard. 

Dans les prochaines semaines, il poursuit sa tournée aux quatre coins du Québec avant de s'envoler pour l'Europe. «Ça va être plus du sport que de l'art. Je pense que j'ai 25 villes en 34 jours», mentionne celui dont la passion ne s'affadit pas.

Être le soleil du cirque

Cet été, l'univers du Cirque du Soleil tournait autour de Robert Charlebois et de son oeuvre. Plusieurs semaines après la fin des représentations de Tout écartillé, le principal intéressé se réjouit du produit qui a été présenté à l'Amphithéâtre Cogeco.

«Il y a peut-être dans l'air une version européenne du spectacle», laisse entendre M. Charlebois qui n'en dira pas plus de peur que ça porte malheur. «Chose certaine, il est loin d'être fini ce show-là!»

«J'ai aimé le show à 90 %. Peut-être Les ailes d'un ange était un peu trop clownesque à mon goût. C'est sûr que si on veut pinailler, je vais trouver des petits défauts mais il y avait une énergie épatante et musicalement, le côté futuriste était extraordinaire», dit-il en mentionnant que son spectacle de vendredi est aux antipodes de ce que le public a pu voir à l'Amphithéâtre.

«Contrairement aux grosses productions du Cirque ou de Las Vegas où, si on veut changer deux tounes, ça prend quatre voyages de roche et deux camions de ciment, dans mon spectacle, je fais un clin d'oeil à mes gars et on saute une pièce pour en ajouter une autre. Le Cirque n'a pas cette flexibilité. Quand la machine est en marche, on y va jusqu'au bout.»

Quand on lui demande quel artiste lui succédera à son avis dans le merveilleux monde du Cirque du Soleil, il n'hésite pas. «Je leur ai suggéré Diane Dufresne, ils ont trouvé que c'était une bonne idée», lance-t-il en avouant qu'il n'a pas son mot à dire dans la décision. «Il y a tellement de possibilités, c'est à eux de choisir et ils savent très bien se marketer eux-mêmes, je ne veux pas m'immiscer là-dedans.»

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