De la place pour  les musiciens locaux?

Le musicien trifluvien Pierre Peterson veut susciter une... (Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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Le musicien trifluvien Pierre Peterson veut susciter une réflexion sur la place qui est faite aux musiciens locaux dans les spectacles que met sur pied la Corporation de développement culturel de Trois-Rivières.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Un message paru sur la page Facebook du musicien trifluvien Pierre Peterson a provoqué un débat dans le milieu trifuvien de la musique au cours de la dernière semaine.

Dans ce message daté du 20 septembre, il reprochait à la Corporation de développement culturel de Trois-Rivières de faire trop souvent de la place à des artistes de l'extérieur de la région au détriment d'autres d'ici.

Il réagissait plus spécifiquement au choix de Matt Holubowski, un ancien participant à l'émission de télévision La Voix pour offrir un spectacle gratuit au centre commercial Les Rivières dans le cadre des prochaines Journées de la culture.

Il a également fait référence au spectacle Beatles Story Band Orchestra qui a été présenté deux fois à la salle Thompson les 9 et 10 septembre dernier.

Or, le musicien souligne que le gros point de vente de ce spectacle est la présence de 16 musiciens sur scène alors que lui-même avait déjà présenté un hommage aux Beatles avec un orchestre plus imposant encore (le Grand Orchestre de la Mauricie) et qui a été présenté deux fois à guichet fermé à la salle Anaïs-Allard-Rousseau au printemps 2014.

«Je me demande simplement comment ils prennent leurs décisions de programmation, a commenté le directeur musical du GOM en entrevue au Nouvelliste. Un spectacle hommage aux Beatles avec de nombreux musiciens sur scène, j'en ai un beaucoup plus original que j'aurais très bien pu présenter et qui aurait eu l'avantage d'être un produit local avec des billets moins chers.

Je souhaiterais que dans des choix de spectacles comme ceux-là, je puisse être considéré en tant que musicien de Trois-Rivières qui offre un produit professionnel de qualité. C'est particulièrement vrai dans le cas des Journées de la culture: et si ce n'est pas moi, il y a des centaines de musiciens locaux qui auraient pu le faire ce spectacle-là.»

«Je ne cherche pas à lancer une controverse mais j'invite à une saine et nécessaire réflexion.»

Appelée à réagir à cette sortie du musicien, la directrice générale de la Corporation de développement culturel Nancy Kukovica estime que cette réaction tient sans doute à une méconnaissance des différents mandats de la Corporation.

«Parmi nos différents mandats, nous en avons un qui consiste à soutenir nos artistes dans les différentes disciplines incluant les arts de la scène, ce que nous faisons beaucoup, mais nous en avons aussi un de diffuseur culturel à travers nos différentes salles. Or, en tant que diffuseur, nous avons aussi la mission de faire découvrir à nos spectateurs des artistes de partout, d'ici comme d'ailleurs au Québec ou à l'international.»

«Dans le cadre des Journées de la culture, dans le passé, nous avons organisé de nombreuses manifestations artistiques impliquant des artistes d'ici et nous le faisons encore cette année. Dans la programmation, nous avons trouvé que c'était une bonne idée de faire connaître Matt Holubowski qui est un artiste intéressant, que tout le monde ne connaît pas et qui va être en spectacle à la salle Anaïs-Allard-Rousseau de la Maison de la culture en novembre. C'est un choix que nous avons fait dans le cadre de notre mandat de diffuseur.»

«Ça ne veut en aucune façon dire qu'on ne fera pas un spectacle du même type avec des artistes locaux l'année prochaine. Nous sommes parfaitement ouverts aux propositions: il n'est absolument pas question d'exclure notre monde mais nous devons prendre des décisions de programmation en fonction de nombreux paramètres tout en demeurant fidèles à nos différents mandats.»

Pour ce qui est du spectacle Beatles Story Band, la directrice générale rappelle que la salle Thompson est gérée comme n'importe quelle salle de spectacle et que la Corporation de développement culturel n'est pas un producteur de spectacle mais un diffuseur.

«Nous n'avons pas les moyens d'assumer tous les risques financiers des spectacles qu'on présente. Je ne peux dévoiler de détails des ententes mais nous faisons affaire avec des producteurs qui sont en mesure de prendre une part des risques financiers. Le producteur de ce spectacle des Beatles avait les reins assez solides pour assumer sa part de risques ce qui nous permettait de le présenter.»

«Les producteurs nous approchent pour présenter leurs spectacles dans nos salles et on négocie des ententes spécifiques avec chacun d'eux. Si on peut le faire avec un producteur local, on va être heureux de le faire. On l'a fait pour le spectacle Showtime pendant plusieurs années avec beaucoup de succès et on en est très fiers, mais il n'y a pas beaucoup de producteurs locaux qui ont les reins assez solides pour partager les risques financiers avec nous.»

«Ultimement, c'est le public qui décide de la pertinence de nos décisions en achetant ou non des billets, alors, on doit se donner les conditions pour présenter les spectacles à des prix que les gens seront prêts à payer. L'offre en arts de la scène est abondante, le public a des attentes et en tant que diffuseur, on tente d'y répondre le mieux possible. Par ailleurs, la Corporation de développement culturel a d'autres plateaux de diffusion avec lesquels elle arrive à aider beaucoup d'artistes locaux et on en est fiers.»

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