TNC: entre l'ancien et le nouveau

Le Théâtre des Nouveaux Compagnons présentait mercredi la... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Le Théâtre des Nouveaux Compagnons présentait mercredi la programmation de sa saison 2016-2017. Pour la circonstance, on retrouvait, de gauche à droite: Guylaine Pruneau, Stéphane Bélanger, metteurs en scène ainsi que le président du TNC Yves Deguire.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le Théâtre des Nouveaux Compagnons procédait mercredi à la présentation de la programmation de sa 97e saison d'existence.

À la lumière des pièces au programme, il apparaît évident que l'âge n'affecte en rien le dynamisme de la troupe qui propose une programmation bien campée entre l'ancien et le nouveau.

La saison se conjuguera en trois temps inégaux. Il y aura deux pièces officielles à l'automne et au printemps chacune faisant l'objet de sept représentations et une autre, en janvier, présentée trois fois.

Du 10 au 19 novembre, le public est convié à la pièce de Michel Tremblay Fragments de mensonges inutiles mise en scène par Guylaine Pruneau. Du 19 au 21 janvier, ce sera La noce de Robert Duparc que mettra en scène Stéphane Bélanger qui sera offerte.

Finalement, du 30 mars au 8 avril, le TNC se lance le défi de présenter non pas une mais deux pièces de Molière au cours de la même soirée. Il s'agit des Précieuses ridicules, mise en scène de Stéphane Bélanger et du Médecin malgré lui pour lequel on a confié la mise en scène à Martin Bergeron.

Dans les deux derniers cas, on a élaboré une formule audacieuse et originale. Pour La noce, Stéphane Bélanger a mis en place une mise en scène participative alors que le public sera convié à prendre place à l'une ou l'autre des tables de la noce.

Le public ne jouera pas à proprement parler dans la pièce mais sera néanmoins invité à s'habiller comme pour une noce et aussi, à apporter un cadeau aux mariés, un quelconque objet usagé qui sera remis par la suite à un organisme de charité.

D'autre part, avec les pièces de Molière, les deux metteurs en scène s'adonneront à un échange de bons procédés, chacun jouant dans la pièce de l'autre.

De plus, les interprètes seront les mêmes pour les deux pièces; les comédiens dans des personnages principaux de l'une se retrouvant à camper des personnages secondaires dans l'autre. On constate déjà là comme un coup de dynamisme aux pièces du XVIIe siècle. 

Le choix de ces deux pièces tient à leur longueur, trop courtes pour être souvent jouées seules mais aussi à un attachement particulier de Stéphane Bélanger pour le grand dramaturge.

«J'aime beaucoup monter des classiques et chez Molière, j'ai trouvé des pièces qui ont une belle profondeur de propos mais qui sont pratiquement sur le canevas d'une pièce de Gilles Latulippe. Il y a moyen d'avoir un fun noir et aussi d'aller chercher du contenu intéressant. Les gens disent souvent qu'ils n'aiment pas le théâtre classique et le défi que je me donne, c'est qu'ils en sortent en se disant qu'ils ne savaient pas qu'ils aimaient ça.»

«Ça va être du Molière mais sans le souci maniaque de le faire dans un français international. Ça va sonner comme ça va sonner, mais on va s'y reconnaître. J'aimais l'idée que le public puisse voir deux pièces avec les mêmes comédiens ce qui va lui permettre de faire des comparaisons, de noter ce qu'il a préféré dans une plutôt que dans l'autre. C'est aussi une façon de ramener le théâtre vers le public. De plus, dans le contexte de l'ouverture aux écoles, les Nouveaux Compagnons n'avaient pas de pièce visant spécifiquement cette clientèle. Comme Molière est inscrit au programme scolaire, ça devient pertinent pour les établissements scolaires de venir en voir.» 

«On dit beaucoup que le public s'est éloigné du théâtre, de poursuivre Bélanger, mais je trouve que le théâtre s'est peut-être lui aussi éloigné des gens. Avec La Noce, je voulais monter une pièce et la replacer au sein même du public. J'avais le goût d'une oeuvre où on ne se prend pas la tête avec une démarche artistique à n'en plus finir. On revient à la base avec l'élaboration d'une noce tout à fait normale, aussi réelle que possible avec le DJ, la tante qui boit un peu trop, etc. et les émotions que ça suscite. Tout ça présenté sous la forme d'une expérience pour le public.»

De son côté, Yves Deguire, le président du Théâtre des Nouveaux Compagnons a commenté ainsi la programmation de cette nouvelle saison.

«Quand on l'a élaborée, on voulait au moins un drame, quelque chose de plus substantiel et c'est ce qu'on retrouve avec la pièce de Michel Tremblay. C'est quelque chose qu'on aime faire, qui est motivant pour les créateurs. Par contre, il n'était pas question d'oublier le côté ludique et la soirée Molière s'inscrit là-dedans avec son côté plus léger et divertissant. Avec la troisième production, on aborde un autre aspect soit celui de l'improvisation avec du théâtre vivant au milieu des spectateurs. C'est une initiative qui rejoint des courants qui prennent de l'ampleur dans le monde théâtral.»

«Le théâtre en tant que forme de spectacle existe depuis des lunes et doit constamment se renouveler et c'est dans cet esprit que nous avons voulu en témoigner dans notre programmation. La variété des pièces va contribuer à renouveler notre public. Nos habitués nous suivent mais on veut aussi être ouverts aux créateurs qui veulent briser des barrières et s'ouvrir à de la nouveauté parfois dans des petites salles où on se rapproche du public comme à la salle Louis-Phillipe-Poisson.»

Les Nouveaux Compagnons ont mis sur pied un programme d'ententes particulières avec les établissements scolaires en offrant aux élèves des billets au coût de 7 $ par représentation pour des groupes de 10 ou plus.

«Les jeunes viennent peu au théâtre, d'indiquer Deguire. On pense qu'on peut être un élément important de développement de leur culture alors, on les invite spécifiquement à venir voir ce qu'on a à leur offrir et qui pourrait fort bien les surprendre de façon positive. On veut leur dire que ce théâtre leur appartient à eux aussi.»

Les billets, individuels ou de saison, ceux permettant de réserver son siège pour les trois pièces, sont d'ores et déjà disponibles par le biais du guichet de la salle Thompson au www.enspectacle.ca

Par ailleurs, le président a annoncé un partenariat avec le Théâtre du Mauvais Garçon par lequel cet organisme trifluvien qui veut offrir des événements théâtraux accessibles, offrira des ateliers d'interprétation aux personnes intéressées à coût modique tout au cours de la prochaine saison.

«Nous allons supporter Stéphane Bélanger, le responsable, en lui référant du monde, en lui envoyant de nos jeunes interprètes tout en s'assurant qu'ils le fassent à des tarifs préférentiels en passant par nous.»

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