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OSTR: l'énergie au rendez-vous pour l'ouverture de la saison

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L'OSTR a présenté un programme tout américain, samedi, pour le concert inaugural de sa 39e saison.

Olivier Croteau

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Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Chaque fois qu'on lui demande de dresser un bilan de ses années à la barre de l'Orchestre symphonique de Trois-Rivières, le chef Jacques Lacombe mentionne le progrès de l'orchestre, saison après saison. Nourrie par la relation développée entre le maestro et ses musiciens, cette évolution se traduit par une cohésion, une assurance et une énergie croissantes, et le concert d'ouverture de la 39e saison de l'OSTR, samedi, en a offert une démonstration éloquente.

Jacques Lacombe et ses musiciens se sont retrouvés, après la pause estivale où chacun s'est consacré à d'autres projets ou a plus simplement profité de vacances. Le programme élaboré par le chef pour l'inauguration de la saison y est peut-être pour quelque chose, mais une force rayonnante de dynamisme et de vivacité a émané du concert New York! New York!, consacré à la musique américaine des XXe et XXIe siècles. Les partitions de Leonard Bernstein, George Gershwin et Richard Danielpour ont animé ce voyage dans ce que peut être la musique symphonique en marge des grands compositeurs classiques européens.

Après l'ouverture Candide de Bernstein, habilement dirigée par Thomas Le Duc-Moreau, élève de Jacques Lacombe en direction d'orchestre au Conservatoire de musique de Montréal, l'OSTR a livré le Concerto pour percussions The Wounded Healer, de Richard Danielpour, en première audition canadienne.

Composé pour la percussionniste américaine Lisa Pegher, le concerto de Richard Danielpour a été créé au New Jersey Symphony Orchestra en janvier 2016, sous la direction de Jacques Lacombe. Celui-ci avait déjà créé deux autres oeuvres du compositeur new-yorkais, soit un requiem et un concerto pour clarinette. La qualité de l'oeuvre et la réception positive du public du New Jersey a incité maestro Lacombe à inclure le concerto pour percussions au programme du concert d'ouverture de l'OSTR, et la décision s'est révélée judicieuse.

Vêtue d'un costume argenté et de chaussures plate-forme à l'allure disco, la percussionniste a donné le ton à l'oeuvre dès son apparition sur scène, dos au public, devant les cloches tubulaires de l'une des stations de percussions où elle s'est déplacée tout au long des quatre mouvements du concerto. Lisa Pegher a exploité la multiplicité des instruments qu'elle maîtrise, en terminant le quatrième mouvement par un spectaculaire solo de batterie.

Le prolifique compositeur new-yorkais était présent à la salle Thompson pour la première audition canadienne de son concerto, et il a été chaudement applaudi lorsqu'il a joint l'orchestre sur la scène à la fin de la pièce. Interrogé par Francis Dubé en causerie pré-concert, Richard Danielpour a partagé des réflexions inspirantes sur les vertus universelles de la musique.

«Je crois au plus profond de moi-même que la musique a le pouvoir de rassembler les gens au lieu de les séparer. C'est un honneur et un privilège pour moi de présenter ma musique ici, au Canada. Partager la musique permet, je l'espère, de construire des ponts et non des murs entre les nations», a-t-il dit dans une allusion à peine voilée aux propos controversés du candidat républicain à l'élection présidentielle américaine.

La soirée s'est poursuivie avec l'interprétation de la suite orchestrale West Side Story: Symphonic Dances, de Leonard Bernstein, tirée de la comédie musicale West Side Story. Grand amateur de jazz, Jacques Lacombe s'est fait plaisir en présentant cette magnifique suite aux accents et aux rythmes aussi variés que vivants. 

Maestro Lacombe a souvent affirmé apprécier le mariage du jazz et de la musique symphonique dans l'oeuvre de compositeurs comme Bernstein et Gershwin, et il a su insuffler avec brio, comme à l'habitude, sa touche aussi professionnelle et rigoureuse, qu'accessible et attrayante.

La suite Porgy and Bess: A Symphonic Picture, de Gershwin, a aussi été revisitée avec la richesse des mêmes qualités de rigueur et de finesse. La toujours aussi superbe et poignante Summertime a été particulièrement bien rendue par un orchestre concentré, présent et attentif aux indications de son chef. 

L'ajout d'instruments comme le banjo, la batterie et les saxophones, rarement utilisés en musique symphonique plus classique, a également enrichi l'expérience musicale de samedi, tout comme la présence sur la scène de cinq stagiaires du Conservatoire de musique de Trois-Rivières, soit la violoniste Maude Fréchette, l'altiste Justine Béliveau, la violoncelliste Camille St-Pierre, la flûtiste Viviane Lafrance et la hautboïste Gabrielle Gaudreault.

Un début de saison franchement convaincant. Oui, Maestro Lacombe, votre orchestre ne cesse d'évoluer vers de nouveaux sommets. Vos impressions sur cette progression constante ne sont pas que des visions. Elles s'avèrent.

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