La jeunesse du coeur

Michel Louvain... (Sylvain Mayer)

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Michel Louvain

Sylvain Mayer

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François Houde
Le Nouvelliste

(Saint-Tite) Qui a dit que Saint-Tite ne devait présenter que de la musique country? Pas Michel Louvain, assurément, qui a montré aux cowboys comment charmer la femme de leur vie à la façon des crooners mardi soir pour clore la journée des aînés au Country club Desjardins.

Une journée qui a donné aux gens d'un certain âge l'occasion de se remémorer une multitude de souvenirs. En après-midi, ils ont eu droit au spectacle des Tannants (Shirley Théroux, Pierre Marcotte et Joël Denis) et en soirée, à un Michel Louvain dans une forme superbe. 

Ce ne serait pas travestir la vérité que de dire que le public était majoritairement féminin pour ce spectacle conçu expressément pour elles. Michel Louvain a beau n'être qu'à neuf mois de fêter ses 80 ans, son charme opère toujours auprès d'un public qui le suit pourtant depuis des décennies.

Il est apparu dans la chaleur tropicale du Country club en affichant son plus éclatant sourire, une bonne humeur incontestable et un enthousiasme juvénile. On ne s'attend guère à autre chose de sa part seulement, il a expliqué après sa première chanson qu'il arrivait d'un repos de trois mois loin de la scène pour entreprendre à Saint-Tite la portion automnale de la tournée suivant la sortie de son dernier album Gentleman Crooner

Mine de rien, ce diable d'homme a près de trente spectacles à présenter d'ici la fin novembre à travers tout le Québec. Combien de chanteurs vendraient leur âme pour en faire autant? Ça explique que Louvain ait semblé si excité et heureux sur la scène mardi soir. En plus de faire preuve de son habituel professionnalisme. Son spectacle était peaufiné dans les moindres détails. Michel Louvain ne prend pas de risques, n'invite pas la magie du hasard mais donne très consciencieusement au public ce pour quoi il a payé. On peut ne pas aimer, mais on ne peut pas dire que ce ne soit pas honnête.

Appuyé par deux choristes, et cinq musiciens, il a présenté quelques chansons de son dernier album, (C'est mon coeur qui chante clair, C'est le printemps, La belle vie, etc.) et repris des classiques dans des pot-pourris consacrés à des crooners américains, à Charles Trenet ou à ses propres succès des débuts, à l'époque où les titres de ses chansons égrenaient la liste des prénoms féminins à la mode. 

Dans plusieurs arrangements aux accents latins, on a eu l'impression de revenir 50 ans en arrière, à l'époque où le tout jeune chanteur de charme présentait son tour de chant dans les boîtes de nuit et cabarets du Québec. 

Michel Louvain a vieilli mais donnons-lui le crédit de tout faire pour que ça ne paraisse pas. Il se permet encore des petits pas de danse plutôt guillerets, chante avec assurance et une voix qui tient encore la route. Il n'y a qu'à la toute fin de près de deux heures de spectacle sans entracte qu'il s'est plaint d'avoir un chat dans la gorge; on a alors senti qu'il éprouvait un peu de difficulté mais qu'il travaillait vachement fort pour que ça ne paraisse pas.

Il est d'un professionnalisme irréprochable. Il connaît son métier et son public et les respecte tous deux comme peu d'artistes savent encore le faire. Les chansons s'enchaînent sans le moindre accroc et sans qu'il n'ait jamais besoin de référer à sa liste. Ses interventions auprès du public sont tout aussi impeccables. Il est charmant avec ces dames, enjôleur sans jamais être déplacé et ses fans le suivent aveuglément. Il leur fait chanter l'éternelle Dame en bleu dans un unisson impressionnant et aucune de ces dames ne rechigne à céder à son caprice de changer le dernier vers du refrain «Je suis amoureux de la dame en bleu» pour «Je suis amoureux de Michel Louvain». Avec tous les efforts qu'il a toujours mis pour leur plaire, c'est bien la moindre des choses.

Mercredi soir, ce sera la soirée Annie Blanchard et ses invitées au Country club Desjardins, ce qui inclut Renée Martel et Laurence Jalbert.

Dans un autre ordre d'idée, le directeur général du festival Pascal Lafrenière se dit très satisfait de la vente des billets pour le spectacle du Cirque Éloize. Pour la première fin de semaine de présentation, on aurait atteint 70 % de la capacité du chapiteau, un résultat qui, s'il se maintient, justifierait le retour du cirque l'année prochaine. À suivre.

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