Un baptême du feu ambitieux au TGP

Le metteur en scène Étienne Bergeron s'est attaqué... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Le metteur en scène Étienne Bergeron s'est attaqué à un défi ambitieux en montant la version théâtrale de Sa Majesté des Mouches pour le compte du Théâtre des Gens de la Place.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Étienne Bergeron a beau être un habitué du Théâtre des Gens de la Place à titre d'interprète, il n'aurait pas voulu se lancer dans l'aventure d'une mise en scène sans en avoir réalisé quelques-unes, ce qu'il fait depuis trois ans dans une école secondaire de Sherbrooke.

Aujourd'hui, il se sent prêt à offrir au public trifuvien sa version de Sa Majesté des Mouches version théâtrale d'un classique de la littérature signé William Golding. La pièce sera présentée à la salle Louis-Philippe-Poisson de la Maison de la culture les 15, 16, 17, 22, 23 et 24 septembre à 20 h de même que le 18 septembre, à 14 h. 

L'argument même de la pièce donne une bonne idée qu'il s'agit d'un défi ambitieux mais fort intéressant. Il y est question d'un avion qui s'écrase sur une île du Pacifique. Un groupe d'écoliers anglais sont les seuls survivants du crash. Livrés à eux-mêmes, les jeunes doivent s'organiser en s'inspirant naturellement des schèmes sociaux qui leur ont été inculqués.

En quelques mots, on devine la pertinence de l'oeuvre: il ne suffira évidemment pas de reproduire les règles apprises mais les enfants les remettront en question, les contesteront, en inventeront de nouvelles et des luttes de pouvoir vont forcément naître.

Il sera même question de croyances, de superstitions qui ne sont pas sans soulever des interrogations très actuelles. C'est cette richesse du propos qui a séduit le metteur en scène, étudiant au doctorat en études littéraires à l'UQAM qui avait déjà monté la pièce il y a deux ans, à Sherbrooke.

«Bien sûr, c'est une pièce que j'aime beaucoup, affirme-t-il. D'ailleurs, c'est un classique de la littérature anglo-saxonne qui est moins connu ici. Mais comme je l'avais déjà abordé, que j'y avais réfléchi, je me sentais plus apte à l'aborder aujourd'hui malgré les défis qu'elle représente. C'est une histoire d'aventures avec des personnages dont la psychologie est complexe et extrêmement intéressante. C'est une allégorie de notre société avec ses luttes de pouvoir, notre rapport à la violence, etc.»

«Ce n'est qu'en cours de route que j'ai mesuré le côté ambitieux du projet, notamment parce que ça implique douze jeunes interprètes. Il fallait les dénicher, déjà, et ensuite, gérer ce groupe parce que tous les comédiens sont en scène pendant toute la pièce. Pour ajouter à la difficulté, j'ai choisi une mise en scène où le public est disposé sur trois faces autour de la scène et où les comédiens se retrouvent même parfois derrière le public.

Ça fait en sorte que les spectateurs sont vraiment au centre de l'action, comme s'ils vivaient aussi l'aventure sur l'île. Ça crée une sorte de huis clos plutôt menaçant qui rend la pièce particulièrement efficace, je trouve.» 

Les pistes de réflexion offertes ne manquent ni de pertinence, ni d'actualité. «En créant leurs propres règles de vie deux clans vont s'opposer. On retrouve donc une réflexion sur la violence, sur sa banalisation. Peut-on la justifier? Ça remet en question nos présupposés sur la société, ses règles et ceux qui les édicte. L'introduction des superstitions viendra poser la question très pertinente à savoir jusqu'où on peut aller pour défendre ou imposer ses croyances.»

Étienne Bergeron n'a pas de réponses définitives aux nombreuses questions soulevées et il souhaite qu'au sortir de la salle de spectacle, le public fasse sa propre réflexion.

«Si je peux amener les gens à réfléchir, à s'interroger, j'aurai atteint mon but. Le texte est tellement riche et dense que toute la matière est là. Je soupçonne que les gens vont se demander à quel personnage ils ressemblent le plus ou ce qu'ils auraient eux-mêmes fait dans les circonstances auxquelles les personnages sont confrontés.»

«La pièce a le mérite de ne pas dicter de réponses. Ce qui est sûr pour moi, c'est que les réponses ne peuvent pas être noires ou blanches mais quelque part dans différentes teintes de gris. Même les personnages qu'on voit d'emblée comme des méchants sont suffisamment nuancés pour qu'on se reconnaisse en eux sous certains aspects positifs.»

Étienne Bergeron soutient que toute l'équipe, incluant son assistante Michèle Leblanc, a travaillé particulièrement fort pour donner à chaque personnage ses paramètres psychologiques.

«À ce stade-ci, je suis très satisfait de l'interprétation. On a beaucoup travaillé le texte en plaçant les personnages au tout premier plan. À quelques jours de la première, les seules préoccupations que j'ai sont d'ordre technique. Comme, par exemple, on va avoir du feu sur la scène, il faut s'assurer que tout est sécuritaire et que tout fonctionne parfaitement.»

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