De Mozart à Céline Dion

Josée Aidans est professeur au Conservatoire de musique... (Sylvain Mayer)

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Josée Aidans est professeur au Conservatoire de musique de Trois-Rivières et accompagne Céline Dion dans la mini-tournée de spectacles qu'elle présente au Québec présentement.

Sylvain Mayer

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François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Au moment de notre entrevue au Conservatoire de musique de Trois-Rivières où elle enseigne, Josée Aidans (prononcer Aidant) portait un gilet de coton ouaté à capuchon aux couleurs du spectacle de Céline Dion. La carrière de cette musicienne se dévoilait ainsi dans ses deux facettes parfaitement compatibles malgré les apparences puisque reliées par une seule passion pour la musique.

Originaire de Montréal, Josée Aidans est une violoniste formée au Conservatoire de musique du Québec où elle a obtenu sa maîtrise. Elle enseigne au Conservatoire trifluvien depuis six ans. Mais cela fait bien une bonne vingtaine d'années qu'elle joue tout aussi bien dans des ensembles classiques qu'avec des vedettes de la musique populaire. Elle a accompagnée Claude Dubois en solo pendant une douzaine d'années, a joué avec Ginette Reno, Sylvain Cossette, Diane Dufresne, Marie-Denise Pelletier. Elle a aussi joué dans les orchestres accompagnant de grandes vedettes internationales de passage à Montréal comme Barbra Streisand, Diana Ross, Diana Krall, Rod Stewart au même titre que Luciano Pavarotti. On passe par-dessus de nombreux enregistrements pour la télévision et la radio mais rappelons cependant qu'elle a enregistré un album avec Oliver Jones, en 2013, album sacré meilleur album de jazz de l'année à l'ADISQ. Ces jours-ci, c'est Céline Dion qu'elle accompagne dans sa mini-tournée québécoise.

Cet impressionnant parcours musical s'explique par une ouverture à la musique sous toutes ses formes mais surtout, une solide formation. «J'ai commencé à jouer du violon à quatre ans et suis entrée au Conservatoire à dix ans, raconte-t-elle. J'ai suivi la formation jusqu'au bout. Forcément, à un moment, on s'intègre dans le marché professionnel. L'avantage d'avoir eu une très solide formation musicale, c'est que je pouvais faire n'importe quoi. C'est pour ça que je prêche pour que les jeunes s'offrent le meilleur apprentissage possible.»

L'enseignante qu'elle est désormais comprend bien que nous vivons dans une ère d'instantanéité où on veut tout, tout de suite. La musique ignore cette tendance. «Il n'y a pas d'autres chemins: il faut travailler. La musique, calcule-t-elle, c'est 20 % de talent, et 80 % de travail. Par contre, si vous êtes compétent, vous ne manquerez jamais de travail et ce travail peut être tellement gratifiant! Je ne tiens pas à prêcher pour ma paroisse mais c'est cette compétence-là que donne une formation au Conservatoire où que ce soit en province. Je trouve ça très précieux. Les gens n'en sont pas toujours conscients, mais nous sommes très privilégiés d'en avoir un dans la région.»

Leçons de professionnalisme

Sa compétence lui a permis de devenir une musicienne très recherchée dans les milieux professionnels, de côtoyer de grandes vedettes internationales, de jouer dans le cadre de spectacles grandioses. Mais sans doute aucun qui ait eu l'ampleur des spectacles que Céline Dion offre présentement au Québec.

«C'est vraiment grandiose, commente la violoniste. Simplement de la voir travailler, de constater son professionnalisme, sa gentillesse, c'est une leçon à chaque fois. À chaque soir, elle se donne complètement. C'est assurément un moment privilégié dans ma carrière que de jouer pour elle.»

Elle a beau n'être qu'une interprète dans un orchestre qui se décline en quinze cordes, trois cuivres, trois choristes, une guitare, les claviers, le piano, la batterie et la basse, elle reçoit quand même une part de l'énergie qu'envoie la foule à chaque représentation. «C'est complètement hallucinant! Il y a des gens qui sont hystériques: il y en a qui perdent connaissance! Forcément, on reçoit aussi une portion de cette énergie-là. On a un bon coup d'adrénaline.» Elle doit d'ailleurs à sa formation, on y revient toujours, de savoir gérer ce coup de fouet de façon à demeurer concentrée et rigoureuse. 

«On a beau dire que c'est de la musique pop, bien jouer est toujours difficile, quelle que soit la musique qu'on interprète. Il faut s'assurer constamment d'être à l'écoute pour que le son soit bon, juste, qu'on soit stable rythmiquement et que l'ensemble sonne bien. Il faut être complètement dans le moment présent. Dans l'équipe de Céline, le niveau de professionnalisme est extrêmement élevé. Il n'y a pas un soir où on peut se permettre de ne pas être à notre meilleur. Le mot d'ordre, c'est que les gens ont payé leur billet: il faut qu'ils en aient pour leur argent.»

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