Colin James s'est fait des amis

Colin James... (François Gervais)

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Colin James

François Gervais

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François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) On ne pouvait souhaiter plus belle soirée pour s'adonner au blues que celle de vendredi à l'Amphithéâtre Cogeco. Les amateurs ont été nombreux à flairer la bonne affaire et Colin James a paru ravi.

Le guitariste originaire de Regina, en Saskatchewan, n'était peut-être pas au sommet de l'affiche mais il s'est avéré un amuse-gueule de tout premier choix. On dit guitariste mais il serait plus juste de parler de virtuose.

Il faudra du temps avant qu'on se fasse l'oeil aux dimension de l'amphithéâtre pour estimer les foules. Disons, à vue de nez, que la portion assise (3500 places) devait être occupée aux deux tiers. Avec les centaines de personnes installées avec ou sans leurs chaises dans l'espace gazonné et la section VIP particulièrement achalandée, on joue peut-être autour de 3000 personnes. Impossible de recréer la chaleur et la proximité de la scène de la rue Badeaux, évidemment, mais l'immense salle de l'imposant édifice a quand même vibré. À la lumière de ce qu'on a vu vendredi, on en arrive à croire que le blues et l'amphithéâtre pourraient cohabiter dans le bonheur pour les années à venir.

Le public de blues, on le sait, est par nature plutôt enthousiaste mais il faut donner à Colin James ce qui lui revient: il sait chauffer une salle. S'il s'est permis de toutes petites infidélités avec, à l'occasion un son plus rock ou même swing, il est demeuré essentiellement blues. C'est ce que le public voulait: il a adoré.

On doit au système de son mais plus encore à un très judicieux travail de la part des responsables de la sonorisation un très bel équilibre sonore. Malgré la puissance, plus qu'adéquate, on pouvait distinguer nettement les paroles des chansons. Mieux encore, le système de son rendait justice à l'impressionnant doigté de ce maître de la guitare. Une guitare acrobatique ou languissante selon les humeurs, mais jamais, au grand jamais, banale.

La sympathie du public à son égard était manifeste dès son arrivée sur la scène mais on a senti l'enthousiasme grandir à mesure que la prestation avançait. Au point que c'est debout que la foule a exigé en criant un rappel après une heure de spectacle. James a obtempéré sans se faire prier et on a même senti qu'il en aurait volontiers donné davantage si son temps n'avait été compté.

Le directeur général de Trois-Rivières en Blues, Christian Gamache, avait vu juste quand Le Nouvelliste l'a rencontré avant la prestation de Colin James. «Je pense que notre programmation est plus équilibrée que l'an dernier. C'est vrai que la soirée de samedi va peut-être attirer plus de curieux mais la soirée de ce soir (vendredi) est de très haut niveau. Ceux qui sont venus ce soir par simple curiosité vont être accrochés pour tout le reste de notre programmation. Ce qu'ils vont découvrir ici ce soir avec Colin James et Kenny Wayne Shepherd, ça va faire d'eux de nouveaux adeptes du blues.»

Pour ce qui est de la vente de passeports, Gamache soutient qu'on en a vendu plus de 3000, ce qui n'équivaut pas tout à fait aux chiffres de l'an dernier mais selon lui, la venue de ZZ Top a quelque peu faussé les données. «L'an dernier, après le spectacle de ZZ Top, la fréquentation a chuté. On a donc opté pour une programmation plus équilibrée avec un niveau de qualité très relevé et constant du début à la fin. On s'est aussi assuré d'avoir une bonne programmation sur la scène de la rue Badeaux parce que pour moi, la portion de l'événement qui se passe au centre-ville est essentielle. La journée où on me dira que je dois me limiter à l'amphithéâtre, pour moi, ce sera terminé. L'âme de Trois-Rivières en blues, ça reste l'ambiance et l'affluence au centre-ville avec les gens qui se promènent, qui vont dans les restaurants et dans les bars. Il y a là une chaleur spéciale qu'on ne peut pas retrouver ailleurs. Même si hier (jeudi) et ce soir, c'est fou, l'atmosphère qu'on a ici, à l'amphithéâtre.»

Le programme promettait de s'étirer trop tard pour qu'on puisse témoigner de la prestation du Kenny Wayne Shepherd Band, vedette de la soirée. La seule chose qu'on peut dire sans se tromper, c'est que celui-ci a profité d'un public chauffé à blanc par son brillant et sympathique prédécesseur.

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