Des stars internationales... du chant religieux

À l'avant, le père Pierre-Olivier Tremblay, recteur du... (Olivier Croteau, Le Nouvelliste)

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À l'avant, le père Pierre-Olivier Tremblay, recteur du Sanctuaire et les pères Paul Arsenault, André Dumont et Réjean Vigneault.

Olivier Croteau, Le Nouvelliste

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Bien des gens s'imaginent que les pères Oblats passent leurs journées tranquillement dans leur coin en train de méditer ou de prier, mais quatre d'entre eux prouvent avec éloquence que c'est loin d'être le cas.

André Dumont, Réjean Vigneault, Paul Arsenault et Pierre-Olivier Tremblay se produiront en chanson et avec orchestre le jeudi 11 août, 21 h, sur la scène extérieure de la Basilique Notre-Dame-du-Cap dans le cadre du Festival de l'Assomption.

Ces quatre musiciens, paroliers, compositeurs, prêtres et Oblats, dont l'âge varie de 45 ans à plus de 70 ans, entendent bien faire vibrer la foule à leur façon en l'honneur du 200e anniversaire de leur congrégation.

Deux d'entre eux, André Dumont et Paul Arsenault, sont de véritables stars internationales dans leur créneau tout à fait particulier de musique liturgique catholique, l'autre est le cousin de Gilles Vigneault et le quatrième et non le moindre, est le recteur du Sanctuaire lui-même.

Les pères Dumont et Arsenault, les aînés du groupe, ont connu la période «sombre» de la musique liturgique catholique avant le Concile Vatican II. André Dumont pense notamment au fameux Minuit chrétien dont les paroles indiquent que «l'homme-Dieu descendit jusqu'à nous pour effacer la tache originelle et de son Père apaiser le courroux».

«Dieu est en maudit», résume-t-il. «Nous, on prêchait un Dieu différent, un Dieu d'amour», dit-il. Mais c'était un temps (dans les années 1960) où «il y avait des messes aux morts tous les matins», rappelle-t-il.

C'est donc dans la foulée des changements apportés par Vatican II que les jeunes pères Dumont et Arsenault avaient décidé de mettre leurs talents à contribution pour jeter de la lumière et de la joie dans la musique liturgique.

Le répertoire qu'ils ont composé est joué dans toute la francophonie mondiale, de nos jours, pour remplacer les chants en latin que personne ne comprenait plus.

«Ils ont été des précurseurs», précise le jeune recteur du Sanctuaire, Pierre-Olivier Tremblay, qui jouera du charango durant le spectacle du 11 août, un petit instrument à corde sud-américain qu'il maîtrise depuis 20 ans. Le recteur est fort heureux de bénéficier de ce renouveau musical dont il se fait aujourd'hui le disciple.

Un jour qu'il se promenait avec un groupe de pèlerins à Sainte-Marie-Majeure, à Rome, le père Arsenault entend soudainement avec étonnement chanter «Salut Marie...» à l'autre bout de la Basilique. «Je me suis dit, mais c'est le chant que j'ai composé, ça!»

Ginette Reno a souvent chanté le chant de Noël Quel est l'enfant? dont les paroles viennent aussi du père Dumont qui les a composées sur l'air de What Child Is This?

On peut presque parler de révolutionnaires en décrivant ces deux précurseurs. C'est que ce virage musical religieux ne s'est pas toujours fait en douceur. Le père Dumont, pour un, a écopé.

«J'ai eu à vivre les soupçons de l'Évêché. J'ai été sauvé par des séminaristes qui menaçaient de se promener dans les rues avec des pancartes parce qu'eux venaient à nos célébrations et les aimaient», raconte-t-il... mais ce n'était pas tellement le cas de l'évêque du temps, toutefois. «L'évêque m'avait condamné. Je ne pouvais plus dire la messe», se souvient le père Dumont, tout cela à cause de ses chansons liturgiques trop éloignées des mentalités du temps.

«On nous appelait les petits pères à go-go. On est devenu Oblat pour changer ça, justement», indique le père Dumont qui, en plus de sa carrière musicale, a oeuvré comme journaliste et a dirigé une maison pour aider les toxicomanes.

C'est une de ses plus célèbres compositions sur un air de Dvorak, Une femme autrefois, qui a fini par «faire fondre» l'évêque, raconte-t-il.

Le père Arsenault, lui, a aussi écrit et publié huit livres sur la spiritualité. Quant au père Vigneault, il n'écarte pas l'idée de faire lui aussi un album de musique, un jour, car dans la famille Vigneault, dit-il, la musique est dans le code génétique.

Comme le fait valoir le père Dumont, cette musique qu'ils font vise d'abord et avant tout à rendre le monde meilleur.

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