Les rois de la roue

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(Trois-Rivières) Les spectateurs qui ont pu assister jusqu'à maintenant aux représentations du spectacle Tout écartillé du Cirque du Soleil à l'Amphithéâtre Cogeco en ressortent majoritairement soufflés, spécialement en raison du numéro final, la «roue de la mort», où deux acrobates y livrent un numéro tout simplement époustouflant.

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Carlos Marin Loaiza, assis, et Luis Espinoza Delgado, debout, sont les deux acrobates qui s'adonnent à la discipline de la roue de la mort dans l'impressionnant numéro de clôture de Tout écartillé

Olivier Croteau

Ces deux casse-cou de la roue, ce sont Carlos Marin Loaiza, 32 ans, et Luis Espinoza Delgado, 27 ans. Originaires respectivement de la Colombie et de l'Équateur, les deux athlètes gravitent depuis plusieurs années parmi les acrobates réguliers des différentes productions du Cirque du Soleil et ont voyagé partout à travers le monde avant d'atterrir à Trois-Rivières, le mois dernier.

Car pour ces deux amis originaires de l'Amérique du Sud, la discipline de la roue, c'est quelque chose de pratiquement génétique. «En Colombie, en Équateur, au Mexique et au Chili, c'est une discipline qui est dans presque tous les cirques, c'est une discipline très prisée. C'est la tradition chez nous. C'est dans notre sang», explique Carlos qui, malgré un fort accent espagnol, se débrouille plutôt bien en français.

Le cirque, Carlos et Luis sont littéralement tombés dedans lorsqu'ils étaient petits. Venant tous deux d'une famille où plusieurs membres faisaient partie de troupes de cirques, ils se sont rapidement retrouvés imprégnés de cette réalité, qui est la leur depuis maintenant près de 20 ans dans le cas de Carlos. «Quand j'avais 12 ans, c'est la première fois que j'ai fait un numéro tout seul avec des animaux, des phoques. Mon frère était éleveur de phoques et de dauphins. J'ai ensuite appris la moto, le trapèze, même le clown. Quand j'avais 16 ans, j'ai commencé à faire la roue. J'ai quitté toutes les autres disciplines. Depuis 2000 je ne fais que la roue», explique Carlos, en précisant que son frère est lui aussi toujours dans l'univers du cirque avec une autre troupe en France.

Voici la roue de la mort utilisée dans... (Olivier Croteau) - image 2.0

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Voici la roue de la mort utilisée dans l'impressionnant numéro de clôture de Tout écartillé

Olivier Croteau

En 2006, Carlos a joint la troupe de Kooza, production du Cirque du Soleil qui l'a amené à voyager partout dans le monde, à commencer par Montréal, mais aussi en Europe, aux États-Unis et au Japon. C'est vers la fin de cette belle aventure qu'il a fait la connaissance de Luis, lui aussi recruté par la troupe pour la discipline de la roue. Les deux amis se sont ensuite engagés ensemble sur la production Zarkana, à Las Vegas, jusqu'au 30 avril dernier, moment où le spectacle a présenté sa dernière représentation au casino ARIA de Vegas.

Il allait de soi que la paire se retrouve sur la distribution de Tout écartillé, car la roue de la mort est une discipline qui demande une synergie incroyable entre les deux athlètes. «C'est dur de trouver une personne en qui tu peux avoir totalement confiance. Dans toute ma vie, j'ai travaillé avec seulement deux personnes. Il faut qu'il y ait une bonne connexion entre les deux. Il faut toujours être en communication entre nous. Le plus important, c'est d'avoir l'amitié. C'est comme un mariage, mais sans la bague. Notre femme, c'est la roue, nous sommes ses maris», lance Carlos en éclatant de rire. D'ailleurs, en raison de la complexité du numéro et de l'équilibre nécessaire au balancier, les deux athlètes ont exactement le même poids, un autre aspect qui leur demande énormément de discipline.

Mercredi soir, la série de spectacles a repris pour quatre nouveaux soirs. Les deux athlètes ont pu bénéficier d'une pause de trois jours, ce qui ne veut pas dire qu'ils ne s'entraînent pas pour autant. «C'est difficile de passer plusieurs jours sans faire de la roue, parce que ça se perd vite. Quand nous sommes arrivés pour s'entraîner à Trois-Rivières, ça faisait 45 jours que nous n'étions pas montés là-dedans. C'était très dur. Mais une semaine plus tard, on avait repris l'habitude», raconte-t-il.

Conscient de l'effet et de l'impression que laisse ce numéro final, que beaucoup qualifient de clou du spectacle, les deux acrobates préfèrent demeurer humbles et rappellent que l'ensemble des numéros font que le spectacle est ce qu'il est, de même que le travail technique des gens qui ne sont pas sur la scène. «C'est un travail d'équipe, tout le spectacle a du mérite. Visuellement, on n'a jamais fait un numéro comme celui-là. C'est un des plus impressionnants de ma carrière, mais c'est grâce au jeu de lumières, aux costumes, à la musique, que c'est si impressionnant. Ça, il faut donner le crédit au metteur en scène et à toute l'équipe en arrière parce que c'est grâce à eux», commente Carlos, qui confie qu'avant le spectacle hommage à Charlebois, sa culture musicale québécoise se limitait à Céline et Garou.

Le public, quant à lui, joue un rôle de premier plan pour ces athlètes de l'extrême. «J'ai travaillé dans une vingtaine de pays, et c'est à Montréal et ici, à Trois-Rivières, qu'on a le meilleur public. Le public ici te donne plus de crédit pour ton travail. Les Québécois aiment le Cirque du Soleil, c'est une fierté du Québec. Le public s'amuse et il a un sentiment d'appartenance. Il te donne l'énergie de travailler plus fort. Quand le public aime ça, tu as envie de leur en donner plus encore», lance-t-il.

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