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Un litige sur la valeur du tableau d'un Canadien sera jugé à Chicago

Robert Fletcher dit posséder une toile peinte par... (Archives PC)

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Robert Fletcher dit posséder une toile peinte par Peter Doig en 1976.

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Colin Perkel
La Presse Canadienne
TORONTO

Un tableau qui pourrait valoir des millions de dollars - ou presque rien - fait l'objet d'un litige devant un tribunal américain opposant un gardien de prison canadien à la retraite et un artiste de renommée internationale qui nie avoir réalisé l'oeuvre.

La cause sans précédent, qui sera présentée devant une cour de Chicago le mois prochain, est celle de Robert Fletcher, de Sault Ste. Marie en Ontario, qui dit posséder une toile peinte par Peter Doig en 1976.

M. Doig, dont certaines oeuvres se sont vendues à plusieurs millions de dollars, affirme dans les documents de la cour que le véritable auteur de la peinture acrylique est Peter Doige, un homme qui déjà été derrière les barreaux à Thunder Bay, en Ontario, pour avoir commis une infraction liée à la drogue.

L'artiste plaide qu'il ne s'est jamais rendu dans la ville du nord de l'Ontario, ajoutant qu'il avait commencé à peindre sur des toiles seulement en 1979.

La poursuite de M. Fletcher allègue que le désaveu de l'artiste pourrait lui coûter potentiellement des millions de dollars, puisque plusieurs vendeurs aux enchères auraient déjà refusé de vendre le tableau.

M. Fletcher, âgé de 62 ans, a confié à La Presse canadienne qu'il avait décidé de porter sa cause en cour parce qu'il «est convaincu» de posséder un tableau de Peter Doig.

Le litige a pris naissance il y a 40 ans, selon les documents. Robert Fletcher travaillait alors au centre correctionnel de Thunder Bay, en plus d'étudier à l'université Lakehead.

À l'école, il a rencontré un adolescent appelé Peter Doige, qui a plus tard été emprisonné pour possession de LSD. L'homme a peint en prison le tableau en question: une toile de 86 centimètres sur 105 centimètres qui représente un paysage désert avec un étang. Le tableau porte l'inscription «Pete Doige 76».

M. Fletcher, qui était l'agent de libération conditionnelle de M. Doige, l'a aidé à trouver du travail et il a acheté son tableau pour la somme de 100 $.

Il y a cinq ans, un ami de M. Fletcher a remarqué la toile. «Il m'a dit: »Bob, ce gars est un artiste très connu.«», a-t-il relaté.

«Il a commencé à me montrer certaines vidéos de (Doig) et j'ai dit: »Je le reconnais« - même s'il n'avait pas les longs cheveux qu'il avait avant. J'ai dit: »Mon dieu, c'est lui«», a-t-il ajouté.

L'homme a fait quelques recherches qui auraient témoigné de «convergences troublantes» entre MM. Doig et Doige. Les deux sont nés en 1950 en Écosse, la famille de M. Doig avait immigré au Canada quand il était enfant et ce dernier avait admis avoir consommé du LSD à son adolescence.

M. Fletcher et la galerie Bartlow de Chicago plaident que M. Doig et ses agents se sont ingérés «volontairement et erronément» dans le processus de vente de la peinture.

Peter Doig, qui a récemment qualifié la poursuite «d'arnaque» dans le New York Times, dit n'avoir jamais mis le pied à Thunder Bay ou en prison. Selon lui, au moment où la peinture a été réalisée, il fréquentait une école secondaire à Toronto - ce qui a été confirmé par ses parents, son frère et ses amis.

Le juge de district Gary Feinerman entendra la cause du Canadien le 8 août.

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