Marionnettes, humour et propos intelligent

Les interprètes de la comédie musicale Avenue Q... (Courtoisie)

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Les interprètes de la comédie musicale Avenue Q qui sera présentée à la salle Anaïs-Allard-Rousseau de la Maison de la culture à partir du 10 juillet partageront le vedette avec des marionnettes comme ici, de gauche à droite: Anthony Leclerc, Patrick Carrière et Manon Carrier.

Courtoisie

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François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Jusqu'ici, les Productions de la 42e rue ont surtout présenté de grands classiques ayant longtemps tenu l'affiche. Ils offrent aujourd'hui une production un peu plus récente, certes très connue des amateurs de comédies musicales mais peut-être moins du grand public. Il s'agit de Avenue Q.

Voici une production qui se démarque des autres réalisations offertes par la troupe trifluvienne à plus d'un égard. Il s'agit d'une franche comédie qui recèle un propos très actuel sur différents enjeux sociaux et personnels présentés sans pudeur par... des marionnettes.

Pour se situer plus précisément, disons qu'on doit cette comédie musicale aux créateurs de la célèbre série de dessins animés South Park. Ceux qui la connaissent comprendront donc cette remarque que le metteur en scène de l'adaptation trifluvienne William Lévesque a senti le besoin de formuler: «Une telle comédie est peut-être susceptible d'élargir notre public mais je tiens quand même à préciser que ce n'est pas conseillé aux enfants de 12 ans et moins.»

En traduisant le texte, l'équipe trifluvienne s'est refusée à traduire tous les jurons en sacres québécois. Par contre, il y a des gestes, des propos, des allusions et des expressions qui ne conviennent pas aux jeunes enfants.

Il ne faut pas en conclure pour autant que les Productions de la 42e rue basculent dans une facilité à laquelle ils s'étaient jusqu'ici refusés. «C'est sûr que c'est la production la plus drôle qu'on ait montée et c'est son attrait premier mais elle présente un propos très concret qui fait réfléchir et qui va beaucoup plus loin que ce qu'on voyait dans nos productions précédentes. C'est peut-être l'avantage de travailler avec des marionnettes: on peut se permettre de dire beaucoup plus de choses. Le propos est extrêmement intelligent et d'une grande pertinence: on y parle d'homophobie, de racisme, de pornographie, des relations interpersonnelles d'une façon tellement précise et vraie que ça nous a profondément interpellés la première fois que nous l'avons vue à New York où elle a connu un gros succès depuis sa sortie en 2003.»

«Quand nous avons créé Les Productions de la 42e rue, se remémore William Lévesque, c'était pour permettre à des gens de voir à Trois-Rivières des productions de Broadway. Celle-ci entre parfaitement dans ce mandat parce que jamais les gens d'ici n'auraient la chance de la voir ailleurs qu'à New York.»

S'il en assure la mise en scène, le rôle de Wiliam Lévesque s'est considérablement étendu avec cette production puisqu'il est aussi le créateur des marionnettes. «Ça fait plusieurs mois que je travaille là-dessus depuis la première esquisse sur papier jusqu'à la dernière couture. C'est beaucoup de travail parce qu'il me fallait non seulement les fabriquer mais m'assurer qu'elles soient facilement manipulables, résistantes et belles.»

La distribution comptera onze comédiens mais davantage de marionnettes puisque certains interprètes en manipuleront plusieurs au cours d'une pièce qui se caractérise par la multiplication de courtes scènes. «En fait, les chansons sont d'une durée moyenne d'environ trois minutes, ce qui est dans les normes habituelles, mais contrairement à des productions comme Les Misérables, par exemple, on n'a pas de longues scènes théâtrales d'une dizaine de minutes. C'est très dynamique mais plein de petits détails qui ont rendu la mise en scène compliquée. Suite à notre première répétition générale, je suis rassuré et très satisfait du résultat.»

Les interprètes ont dû ajouter la manipulation des marionnettes à leur arsenal habituel. «Oui, c'était du nouveau pour tout le monde. Ce n'est pas simple de non seulement apprendre les chansons mais aussi de synchroniser les mouvements de bouche des marionnettes mais je suis très impressionné par les résultats. Les marionnettes ne peuvent avoir différentes expressions: ce sont les comédiens qui les ont. On oublie immédiatement les comédiens derrière les marionnettes mais en même temps, ce sont eux qui expriment différentes émotions. Ça marche super bien.»

Avenue Q sera présentée à cinq reprises sur deux semaines: les 8, 9, 10, 16 et 17 juillet. On peut obtenir plus de renseignements par le site www.enspectacle.ca.

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