Olivia de Havilland fête ses 100 ans vendredi

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Olivia de Havilland dans Lady in a Cage (1964).

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Valérie Mielnicki
Agence France-Presse
Paris

Olivia de Havilland, qui fête ses 100 ans vendredi, reste pour beaucoup la jeune Melanie d'Autant en emporte le vent, fresque américaine sur fond de Guerre de Sécession qui en a fait une légende du cinéma.

Près de 80 ans plus tard, la lauréate de deux Oscars de la meilleure actrice - pour À chacun son destin (Mitchell Leisen, 1946) et L'héritière (William Wyle, 1949) - reste indissociable du film de Victor Fleming, aux côtés de Clark Gable et Vivien Leigh.

Lauréat de 10 Oscars dont celui du meilleur film et du meilleur réalisateur (1939), ce film mythique, un des plus grands succès commerciaux de l'histoire du cinéma, lui a valu une nomination pour le meilleur second rôle.

Dernière actrice vivante de cette adaptation au grand écran du roman éponyme de Margaret Mitchell, Havilland vit à Paris depuis plus de 60 ans. Elle est aujourd'hui la doyenne des acteurs américains, devançant Kirk Douglas de cinq mois et huit jours.

Jeune ingénue à ses débuts dans les années 1930, dans des films d'aventures au côté de l'Australo-Américain Errol Flynn, Havilland parvient à obtenir des rôles de caractère qui feront d'elle une star.

Américaine d'origine britannique, Olivia de Havilland est née à Tokyo le 1er juillet 1916, de parents britanniques, l'ex-actrice Lillian Fontaine, alias Lillian Augusta Ruse, et Walter de Havilland, Conseil en brevets.

Une «soeur-ennemie»

Elle a pour soeur cadette (de 15 mois) et rivale depuis toujours, l'actrice Joan Fontaine (décédée en 2013), l'inoubliable Rebecca d'Alfred Hitchcock, également lauréate de l'Oscar de la meilleure actrice, pour son rôle dans Soupçons d'Hitchcock (1942).

Leurs relations, marquées par une rivalité affective et professionnelle extrême, leur ont valu le qualificatif de «soeurs-ennemies» du cinéma, irrémédiablement fâchées jusqu'au décès même de Joan Fontaine, à Carmel (Californie).

Après la séparation de ses parents, alors qu'elle a trois ans, Olivia arrive avec sa mère aux Etats-Unis, près de San Francisco.

Olivia est la première des deux soeurs à se lancer dans le cinéma alors que Joan est repartie vivre deux ans au Japon, avec son père.

À 19 ans, elle apparaît dans Alibi Ike de Ray Enright puis fait ses débuts sur scène à l'Hollywood Bowl en interprétant Hermia dans Le songe d'une nuit d'été de Shakespeare, avant de décrocher le rôle dans son adaptation cinématographique.

Elle est prise sous contrat pour sept ans par la Warner qu'elle accusera de la cantonner à des rôles de partenaire attitré d'Errol Flynn, dans des films légers de Michael Curtiz comme Les aventures du capitaine Blood (1936), La charge de la brigade légère (1937), Les aventures de Robin des bois (1938).

Grâce à la Warner qui accepte de la «prêter», l'année 1939 est le point de départ des grands succès de l'actrice qui est choisie par Victor Fleming pour Autant en emporte le vent.

En 1943, la Warner refusant de la libérer à l'issue de son contrat en raison des périodes de «prêts», Havilland l'assigne en justice. Le juge ayant assimilé la pratique du studio à du servage, elle remporte une victoire qui fera jurisprudence dans la défense des droits des acteurs.

Les nombreux films qu'elle tourne ensuite lui donnent souvent des rôles et des partenaires de choix, comme Richard Burton (Ma cousine Rachel, 1953), Bette Davis et Joseph Cotten (Chut, chut, chère Charlotte, 1965), Liv Ullman (Jeanne, papesse du diable, 1973) Jack Lemmon, Joseph Cotten et Christopher Lee (Les naufragés du 747, 1977).

Mariée et divorcée deux fois - avec l'écrivain américain Marcus Goodrich (1946-1952) et le journaliste français Pierre Galante (1955-1979) - Olivia de Havilland a eu un fils, Benjamin (décédé en 1991), et une fille, Gisèle.

Depuis 1953, elle vit en France où, en septembre 2010, le président Nicolas Sarkozy l'a décorée de la Légion d'honneur.

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